La professeure poignardée par un élève en 2005, lors de l'ouverture du procès le 27 février 2008 © TF1/LCIAu premier jour de son procès devant les assises de l'Essonne mercredi, Kévani Wansale, accusé d'avoir poignardé une de ses prof de lycée, le 16 décembre 2005 à Etampes, a demandé pardon à la victime et à sa famille et a raconté ce qui l'avait poussé à commettre ce geste. La veille, le 15 décembre, sa mère est convoquée par Karen Montet-Toutain, sa professeur principale, qui lui explique que Kévani, qui avait été exclu pendant une semaine, risque de passer en conseil de discipline. Sa mère, décrite comme directive et autoritaire, le sermonne vertement, lui reprochant un "comportement de voyou".
Le jeune homme, qui a connu un parcours personnel et scolaire chaotique, part alors dans sa chambre. "Je suis resté à ruminer", a-t-il dit. Puis il se rend dans la cuisine, et prend avec lui un couteau muni d'une lame de 20 centimètres. Le jour des faits, veille des vacances de Noël, il arrive en retard, et manque le premier cours de la journée. "Je suis parti aux toilettes, j'ai sorti le couteau. Je savais que j'allais faire quelque chose avec", a-t-il raconté. "Je pensais à me faire du mal, je ne savais pas trop."
"Il fallait que ça sorte"
Sur ses propos rapportés par ses camarades de classes, accréditant la thèse d'un geste prémédité, il s'est aussi montré plutôt vague. "Il fallait que ça sorte. Toutes les tensions de ces dernières années s'étaient accumulées j'étais perturbé", a-t-il dit, alors que son père est mort, vraisemblablement sous la torture, au Zaïre, et que sa mère a été incarcérée à deux reprises en France. Le jour de l'agression, assis au premier rang de la classe, et non au fond comme de coutume, il interpelle l'enseignante sur l'entrevue qu'elle a eue avec sa mère. Le ton monte. Il lui porte un premier coup de couteau, un deuxième la fait tomber à terre.
"Aujourd'hui, je pense qu'elle voulait m'aider. Je ne m'en suis pas rendu compte. Mme Montet-Toutain a fait beaucoup de choses pour beaucoup d'élèves", a-t-il poursuivi, provoquant des pleurs. "Je regrette sincèrement. J'ai fait du mal à beaucoup de personnes", a-t-il dit ajoutant : "Je vous demande pardon, à vous, à vos enfants, à votre famille".
L'enseignante, aujourd'hui âgée de 29 ans et enceinte d'un troisième enfant, a elle raconté avoir vu son élève "soulever son sweat-shirt". "Je n'ai pas vu ce qu'il avait dans la main", a expliqué la jeune femme. "J'ai relevé la tête, j'ai vu Sofiane", un élève de la classe, "le couteau, et Kévani qui menaçait Sofiane", qui voulait s'interposer. "Tous les élèves sont sortis, je me suis retrouvée par terre, il s'est acharné contre mon bras. Je me suis relevée, je me suis réavancé devant lui pour que Sofiane ne soit pas atteint." "C'était volontaire, direct, franc et violent", a-t-elle dit à propos des coups de couteau. L'accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Initialement prévu jusqu'à vendredi, le procès devrait être prolongé jusqu'à samedi.
(D'après agence)
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