L'accusé demande pardon à sa professeur poignardée

le 27 février 2008 à 21h35 , mis à jour le 27 février 2008 à 21h40

Au premier jour de son procès, Kévani Wansale, accusé d'avoir poignardé une de ses prof de lycée en 2005, a demandé pardon à la victime.

etampes professeur poignardeLa professeure poignardée par un élève en 2005, lors de l'ouverture du procès le 27 février 2008 © TF1/LCI

Au premier jour de son procès devant les assises de l'Essonne mercredi, Kévani Wansale, accusé d'avoir poignardé une de ses prof de lycée, le 16 décembre 2005 à Etampes, a demandé pardon à la victime et à sa famille et a raconté ce qui l'avait poussé à commettre ce geste. La veille, le 15 décembre, sa mère est convoquée par Karen Montet-Toutain, sa professeur principale, qui lui explique que Kévani, qui avait été exclu pendant une semaine, risque de passer en conseil de discipline. Sa mère, décrite comme directive et autoritaire, le sermonne vertement, lui reprochant un "comportement de voyou".

Le jeune homme, qui a connu un parcours personnel et scolaire chaotique, part alors dans sa chambre. "Je suis resté à ruminer", a-t-il dit. Puis il se rend dans la cuisine, et prend avec lui un couteau muni d'une lame de 20 centimètres. Le jour des faits, veille des vacances de Noël, il arrive en retard, et manque le premier cours de la journée. "Je suis parti aux toilettes, j'ai sorti le couteau. Je savais que j'allais faire quelque chose avec", a-t-il raconté. "Je pensais à me faire du mal, je ne savais pas trop."

"Il fallait que ça sorte"

Sur ses propos rapportés par ses camarades de classes, accréditant la thèse d'un geste prémédité, il s'est aussi montré plutôt vague. "Il fallait que ça sorte. Toutes les tensions de ces dernières années s'étaient accumulées j'étais perturbé", a-t-il dit, alors que son père est mort, vraisemblablement sous la torture, au Zaïre, et que sa mère a été incarcérée à deux reprises en France. Le jour de l'agression, assis au premier rang de la classe, et non au fond comme de coutume, il interpelle l'enseignante sur l'entrevue qu'elle a eue avec sa mère. Le ton monte. Il lui porte un premier coup de couteau, un deuxième la fait tomber à terre.

"Aujourd'hui, je pense qu'elle voulait m'aider. Je ne m'en suis pas rendu compte. Mme Montet-Toutain a fait beaucoup de choses pour beaucoup d'élèves", a-t-il poursuivi, provoquant des pleurs. "Je regrette sincèrement. J'ai fait du mal à beaucoup de personnes", a-t-il dit ajoutant : "Je vous demande pardon, à vous, à vos enfants, à votre famille".

L'enseignante, aujourd'hui âgée de 29 ans et enceinte d'un troisième enfant, a elle raconté avoir vu son élève "soulever son sweat-shirt". "Je n'ai pas vu ce qu'il avait dans la main", a expliqué la jeune femme. "J'ai relevé la tête, j'ai vu Sofiane", un élève de la classe, "le couteau, et Kévani qui menaçait Sofiane", qui voulait s'interposer. "Tous les élèves sont sortis, je me suis retrouvée par terre, il s'est acharné contre mon bras. Je me suis relevée, je me suis réavancé devant lui pour que Sofiane ne soit pas atteint." "C'était volontaire, direct, franc et violent", a-t-elle dit à propos des coups de couteau. L'accusé encourt la réclusion criminelle à perpétuité. Initialement prévu jusqu'à vendredi, le procès devrait être prolongé jusqu'à samedi.

(D'après agence)

le 27 février 2008 à 21:35
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13 Commentaires

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  • Marie, le 28/02/2008 à 22h32

    Nous sommes tous avec toi, collègue.

  • BLONDEL, le 28/02/2008 à 19h41

    Que ne faut il pas entendre ? il veut se suicider et il cherche à tuer quelqu'un d'autre. Encore un exemple d'intégration ratée d'un immigré. Que tous ceux qui manifestent pour les sans papiers connaissent un jour le malheur de cette jeune enseignante afin d'apprendre la vie

  • Simon, le 28/02/2008 à 17h34

    Les nouvelles punitions à l'école : copier 100 fois "Je ne poignarderais plus mes professuers en classe, Je ne poignarderais plus mes professuers en classe, Je ne poignarderais plus mes professuers en classe, ..."

  • Michael, le 28/02/2008 à 13h19

    Quel courage les camarades de classe , on va dire 25 à 30 par classe et tous ensemble , ils auraient pu le maitriser , mais non !!!

  • Eric, le 28/02/2008 à 11h21

    Bien entendus il faut que ce jeune soit sévèrement sanctionné pour son acte irréversible. Mais il faut aussi penser à ce qui l'a poussé à en arriver là! Il a fait plus de 2 ans de préventive, maintenant il me parait plus judicieux de lui imposer une réinsersion avec mise à l'épreuve et obligation de réussite de ses études. Il pourra, je pense, ainsi repartir dans la vie en reconnaissant qu'on lui a laissé une chance et cela ne fera de lui qu'un homme bourré de remord mais reconnaissant à jamais. Et surtout, il faut souligner le courage de cette enseignante qui a été sauvagement agréssée alors qu'elle était là pour ces jeunes et pour les aider à assurer leur avenir. Dur procès qu'un cas comme celui-là!!!

  • Guerin, le 28/02/2008 à 07h54

    Tros facile de dire pardon, il faut qu'il assume son geste. Cette prof restera à jamais choquée par ce fait. Je suis passé par des memes faits par l'intermédiaire de mon fils décédé malheureusement à cause d'un chauffard qui a demamdé pardon. Jamais il n'y aura de pardon les blessures sont trop graves a cicatriser. Le seul remede la prison, pas de pardon.

  • Philippe, le 28/02/2008 à 06h40

    Mais enfin, puisqu'on vous dit qu'il regrette ! tout va bien ! il manquerait plus que cette plainte le mette sur la voie de l'échec ! Puisqu'on vous dit que c'est une victime de la société... Pauvre France.

  • Cycy, le 28/02/2008 à 02h37

    Encore un fait divers intéressant. C'est étrange de voir à quel point beaucoup de jeunes sont désoeuvrés au point de devenir dangereux... mais je n'ai aucune idée de comment prévenir ce genre de geste. Les psychologues ne peuvent pas faire grand chose pour éviter ça, et les sanctions n'ont jamais été des mesures préventives. Perpetuité ou non, le résultat sera le même.

  • Myriam, le 28/02/2008 à 01h49

    Sans rien retirer à la gravité de l'acte de ce jeune homme, j'espère que la société lui redonnera une chance, maintenant qu'il a compris son geste. Et au passage : ras le bol des parents qui font des gosses et leur font vivre une vie de misère.

  • Didier, le 27/02/2008 à 23h39

    Il Demande pardon ? c'est trop facile.non ? La perpétuité c'est tous ce qu'il mérite, surtout que c'est prémédité !

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