Les Français de l'association "Arche de Zoé" retenus au tchad (28 octobre 2007) © TF1/LCILes six Français de l'Arche de Zoé pourraient bien retrouver prochainement la liberté. Interrogé par la presse, le président tchadien n'a, en effet, pas exclu mercredi de leur accorder la grâce présidentielle. "A partir du moment où la Constitution tchadienne me donne le droit d'élargir qui que ce soit, tchadien ou étranger (...), ce n'est pas impossible, si la France le demande bien sûr, que j'examine cette question". Idriss Deby répondait à un journaliste qui l'interrogeait sur la possibilité d'accorder une grâce aux six Français condamnés au Tchad, notamment après le soutien apporté par la France face à l'attaque rebelle des derniers jours. "Je suis prêt à leur pardonner", a-t-il répété jeudi matin sur Europe 1.
Contacté par LCI.fr, l'avocat Mario Stasi, conseil de l'infirmière Nadia Merimi, s'est toutefois "réjoui" de cette nouvelle qui conduirait à "effacer la peine tchadienne comme la peine française puisqu'il s'agit d'une simple peine de substitution". "Quelques jours après le verdict, nous avions demandé la grâce pour nos clients, mais nous n'avions obtenu aucune réponse. Cette déclaration d'Idriss Deby est pour moi une manière de nous répondre".
"Dernier recours"
La mère d'Eric Breteau et l'épouse du médecin Philippe van Winkelberg, Antonia, ont exprimé leur satisfaction tout en restant prudentes mercredi sur RTL, après ces propos. "J'ai envie de lui dire que si il a cette idée, l'envie de les gracier, je l'en remercie infiniment. Je suis absolument heureuse (mais) oui ça me surprend quand même, j'ai eu peur qu'il ne pense plus à eux", a déclaré Hélène Breteau. Antonia, l'épouse de Philippe van Winkelberg, a lancé un appel au président tchadien tout en estimant qu'il s'agit du "dernier recours".
Le 25 octobre, l'association française l'Arche de Zoé avait tenté d'exfiltrer 103 enfants, présentés à tort comme des orphelins du Darfour voisin, depuis l'est du Tchad vers la France, où des familles d'accueil les attendaient. Après leur condamnation au Tchad, les six Français ont été transférés en France le 28 décembre pour y purger leur peine de huit ans de travaux forcés, conformément à un accord judiciaire bilatéral franco-tchadien. La justice française a prononcé le 28 janvier une peine de substitution de huit ans de prison, après celle prononcée au Tchad, contre les six membres de L'Arche de Zoé pour tentative d'enlèvement de 103 enfants, suscitant la colère des accusés.
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