
Les faits remontent au 9 avril 2006, à Chalmaison, en Seine-et-Marne. A cette époque, Ghislain Beaumont, exploitant agricole de 45 ans, vit toujours chez ses parents. Ce jour là, sa mère a préparé une bonne mousse au chocolat qu'elle mange avec son époux. Quelques instants plus tard, le couple décède. Ghislain lui, n'a pas goûté la mousse. Et pour cause, l'homme, qui comparaît à compter d'aujourd'hui devant la cour d'assises de Seine-et-Marne, est accusé d'avoir versé dans la mousse au chocolat des granulés d'un insecticide très toxique, utilisé pour la culture des betteraves ou de la vigne. Après le décès de ses parents, M. Beaumont aurait appelé une amie pour demander du secours et se serait allongé, feignant des douleurs abdominales. C'est dans cette position que les secours le retrouve, aux environs de 22 heures.
Interrogé par les gendarmes, Ghislain Beaumont affirme dans un premier temps avoir eu un malaise après avoir mangé un tout petit peu de la mousse, à laquelle il avait trouvé un goût amer. Problème : aucune trace du poison n'a été retrouvée dans ses prélèvements sanguins et urinaires. Finalement, il avouera, expliquant qu'il ne parvenait pas à s'affranchir de l'emprise de sa mère, une femme autoritaire et possessive qui n'acceptait pas qu'il ait une vie sentimentale. L'enquête a permis de montrer que le suspect a passé commande de l'insecticide le 28 mars, et que le produit n'était pas utilisé dans le type de culture pratiqué par l'agriculteur. Ghislain Beaumont est ensuite revenu sur ses aveux, affirmant que c'était sa mère, Liliane, qui avait empoisonné la mousse.
Un expert psychiatre n'a diagnostiqué aucune anomalie mentale chez Ghislain Beaumont. Un expert psychologue a au contraire estimé qu'il pouvait "subsister (chez le suspect) une confusion fantasmée entre l'auteur et la mère dans la commission de l'acte, les deux protagonistes n'ayant pu se séparer pour une vie indépendante et autonome". Le procès doit durer jusqu'à mardi prochain.
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