Le paquebot Queen Mary 2 © TF1/LCILe 15 novembre 2003, une passerelle de 15 mètres sur 1,5 m de large donnant accès au paquebot Queen Mary II s'était effondrée d'une hauteur de 18 mètres dans une cale sèche des Chantiers de l'Atlantique, entraînant 45 personnes dans le vide. Seize d'entre elles avaient été tuées et 29 autres blessées. Le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire rend son jugement ce lundi dans cette affaire. Un jugement attendu avec une certaine angoisse par les victimes et familles de victimes qui avaient témoigné avec énormément d'émotion lors du procès en octobre.
Tous avaient fait état de leurs vies fracassées et des séquelles psychiques que le professeur Ronan Orio, psychiatre spécialisé dans les interventions sur les catastrophes, avaient comparé à la "névrose traumatique" des survivants des champs de bataille. Les 130 parties civiles réclament plus de 12 millions d'euros de dommages et intérêts et espèrent obtenir réparation d'un "préjudice spécifique d'angoisse et d'horreur".
Aucune reconnaissance de responsabilité
Pourtant, les avocats des deux entreprises, qui se sont rejeté mutuellement la faute de l'accident, ont plaidé la relaxe. Pour Me Patrick Maisonneuve, avocat des Chantiers de l'Atlantique (alors filiale d'Alstom), constructeur du Queen Mary 2, la passerelle était "tombée parce qu'elle avait un défaut de construction". Me Thierry Dalmasso, avocat d'Endel (groupe Suez), avait en revanche mis en cause le "détournement d'usage" de la passerelle par les Chantiers. Au final, regrette aujourd'hui le président de l'association des victimes du Queen Mary 2, au cours du procès, "nous n'avons pas eu, ou très peu, de reconnaissance de la part des prévenus de leur part de responsabilité".
Lors du procès d'octobre, des peines de prison avec sursis et des amendes avaient été requises à l'encontre des deux entreprises. Le procureur Pierre-Marie Block avait pointé du doigt les "défauts de conception" de la passerelle par la société Endel et son "mauvais usage" par les Chantiers de l'Atlantique, estimant que "les deux causes avaient concouru à la réalisation de l'accident". Il avait requis 225.000 euros d'amende à l'encontre de chacune des sociétés et 7500 euros par contravention (victimes avec ITT inférieure à trois mois). Il avait demandé trois ans avec sursis et une peine d'amende laissée à l'appréciation du tribunal à l'encontre des quatre salariés de chaque société, poursuivis également pour "blessures et homicides involontaires". Des réquisitions qui ne sont "pas à la hauteur de ce qui a été subi par les victimes", regrette aujourd'hui le président de l'association des victimes.
D'après agence
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