Dati à la rescousse des établissements pour mineurs

le 10 février 2008 à 07h18 , mis à jour le 10 février 2008 à 07h27

La ministre de la Justice s'est rendue samedi à Meyzieu, dans le centre où un mineur s'est pendu, pour défendre le bilan de ce type de structure.

Rachida Dati présente sa réforme de la carte judiciaire à Rennes le 9 novembre/TF1Rachida Dati présente sa réforme de la carte judiciaire à Rennes le 9 novembre © TF1

Une semaine après le suicide d'un mineur de 16 ans à l'établissement pénitentiaire pour mineurs de Meyzieu, en banlieue lyonnaise, Rachida Dati est venue sur place samedi apporter son soutien au personnel et réaffirmer l'utilité de ce genre de structure. La ministre de la Justice a visité l'établissement durant une heure puis, devant la presse, a plaidé en faveur du maintien des EPM dont le principe même est contesté par les syndicats.  Dans l'après-midi, une manifestation, contestant l'utilité des établissements pour mineurs, avait rassemblé une petite centaine de personnes dans le centre-ville de Lyon, puis aux abords de l'EPM de Meyzieu.

"L'établissement pour mineurs nous a été recommandé par de Conseil de l'Europe" a rappelé la ministre, "sa vocation est d'avoir des cellules individuelles, pour qu'ils ne soient pas mélangés aux majeurs et avec des obligations d'activités. On privilégie la réinsertion, avec une prise en charge éducative, de formation, sportive, et en terme de prise en charge psychiatrique ou médicale. Ce projet d'EPM n'est pas remis en cause, ce sont des structures tout à fait adaptées pour les mineurs", a-t-elle réaffirmé, ajoutant que ce type d'établissement sera "maintenu et pérennisé".

L'ouverture de trois nouveaux centres prévue en 2008

Trois nouveaux centres seront d'ailleurs ouverts en 2008, après les quatre ouverts en 2007. "Le bilan est positif", considère la ministre. "Il y a forte chute de la récidive et chaque mineur sort avec un projet d'insertion, un emploi ou une formation, ou une place dans un établissement scolaire". La garde des Sceaux a toutefois précisé qu'elle allait ouvrir le chantier de la réforme de l'ordonnance de 1945 relative à l'enfance délinquante. "Il nous faut des outils adaptés aux nouvelles formes de délinquances. Nous avons commencé avec la loi de lutte contre la récidive, qui a permis aussi de faire chuter la récidive des mineurs", a-t-elle fait valoir.

Mais Rachida Dati est aussi revenue sur le cas personnel du jeune Julien qui s'est pendu le 2 février dans sa cellule après plusieurs tentatives de suicide. "Ce drame est un drame pour tout le monde, le suicide de ce jeune est un drame pour ses proches, pour sa famille, pour l'ensemble du personnel et l'ensemble de la justice", a-t-elle déclaré en réaffirmant toutefois que la décision de son placement dans l'EPM était "tout à fait fondée".

D'après agence

le 10 février 2008 à 07:18
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9 Commentaires

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  • TECHER, le 10/02/2008 à 14h03

    Je comprends la douleur de la famille et respecte leur vision de la situation.Toute fois je pense que si ce "centre pour mineur" fonctionne comme c'est présenté, cela ne peut être qu'une bonne chose pour notre jeunesse en déroute.Leur donner une seconde chance est plus que louable. Certes il est probable que des moyens nouveaux soient mis en place pour parer à ce genre de désastre, ce à quoi nous devons demander au gouvernement d'y réfléchir.

  • G, le 10/02/2008 à 11h22

    "chaque mineur sort avec un projet d'insertion" ... déclare la ministre. Au moins un est sorti pour une insertion... au cimetière! A-t-on le droit de faire comme si ce geste de désespoir n'avait pas eu lieu?

  • Fab, le 10/02/2008 à 11h20

    Etrange que ce jeune après plusieurs tentative de suicide n'ai pas été hospitalisé... Mais il est vrai que les enfants fragiles dans ce pays sont considérés par la justice comme des coupables, ce qui la dispense même de faire des enquêtes ... trop occupée a traiter en urgence les demandes d'indemnisation des grands ce pays!

  • Carisa, le 10/02/2008 à 10h11

    Ce n'est pas parcequ'un drame arrive,qu'il faut remettre en cause immediatement le systeme;combien de jeunes malheureusement se suicident tout en habitant chez leurs parents?remet on en cause à chaque fois la famille.tout ce tapage ne va aider les parents de ce jeune à surmonter leur chagrin;je leur adresse mes sinceres condoleances

  • Bagheera13, le 10/02/2008 à 09h43

    Le suicide de ce jeune en grande difficulté ne remet pas en cause ce type d'établissement où justement tout est fait pour leur venir en aide. Il faut rappeler que beaucoup trop de jeunes se suicident chaque année, sans être dans ce genre de centres, en proie à des difficultés personnelles. Il s'agit là de les remettre dans un chemin plus acceptable, et de les aider à trouver une place dans la société. Certains n'y arriveront pas, c'est évident.

  • Lefebvre, le 10/02/2008 à 09h38

    Le suicide est l?acte ultime du désespoir. Je ne connais pas le parcours de ce jeune homme, mais s?ôter la vie à 16 ans est dramatique. Et que dire des conséquences pour les parents, la famille. Quoi qu?il en soit, en France le suicide reste et demeure un sujet tabou ! Chez les jeunes qui découvrent leur orientation sexuelle, Chez les adultes, pour des causes des plus diverses, Chez les personnes âgées. Campagne, auto- routière, soit ! Campagne anti-tabac, soit ! Campagne contre le sida, Campagne?campagne?campagne? bien ! Mais à quand une campagne qui prendrait en cause tout ce mal-être ? Dans les années passées nous avons eu un ministre de l?information A quand la création du ministère de ??l?écoute?? (d?une vraie écoute )un ministère doté de moyens nécessaires, pour répondre à ce mal être qui ronge de l?intérieur bon nombre de nos concitoyens. ??Tiens il s?est pendu ! Il devait avoir un vrai problème ! Et oui mais c?est trop tard !

  • Bruno, le 10/02/2008 à 09h15

    Dommage que ces centres n'aient pas existés pour vos frêres a l'epoque...

  • Angèle, le 10/02/2008 à 08h48

    Ceux qui contestent l'utilité des établissements pour mineurs ont-ils trouvé une solution plus efficace ?

  • Abankor, le 10/02/2008 à 08h19

    Très bien, Madame la Ministre, sauf que les mineurs ne sortent pas plus ou pas moins qu'avant avec un projet d'insertion; la durée moyenne du séjour est de deux mois, et tout le monde s'accorde à dire qu'on ne peut pas faire de travail de fond sur une telle période. Ils sortent avec un SUIVI obligatoire d'après l'ordonnance de 1945, comme cela se pratiquait auparavant, et il faut être très optimiste pour qualifier celui-ci de projet d'insertion!

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