Drame de Neuilly : la propriétaire mise en difficulté

le 12 février 2008 à 15h54 , mis à jour le 12 février 2008 à 22h22

Au premier jour du procès, la propritéaire de l'appartement qui avait pris feu en 2002 a dû s'expliquer après de fausses déclarations à la police.

La chambre de bonne incendiée à Neuilly, qui avait provoqué le drame où cinq pompiers avaient péri (septembre 2002)La chambre de bonne incendiée à Neuilly, qui avait provoqué le drame où cinq pompiers avaient péri (septembre 2002) © TF1/LCI

Cinq pompiers tués en intervention - le plus lourd bilan depuis des années pour les Pompiers de Paris : ils avaient été balayés par une onde de chaleur due à l'accumulation de gaz, un phénomène redoutable connu sous le nom de "flash over". A l'origine, ils intervenaient sur un banal feu de chambre de bonne à Neuilly... Le drame s'était produit le 14 septembre 2002 et avait provoqué un large émoi dans l'opinion. Au premier jour du procès mardi, le tribunal de Nanterre a cherché à savoir si l'installation électrique vétuste avait été la cause directe du feu. D'emblée, la présidente de la 18e chambre correctionnelle, Arielle Bailet, a expliqué aux parties civiles que le procès devrait déterminer si un "lien de causalité" a existé entre les fautes des prévenus et le drame du 14 septembre 2002. Mais, a-t-elle ajouté, si ce lien n'est pas établi, le tribunal "demandera immédiatement la requalification" des faits.

La propriétaire de l'appartement a immédiatement été mise en difficulté par la présidente de la 18e chambre correctionnelle, Arielle Bailet. Les premières questions ont en effet porté sur de fausses déclarations à la police. Elle avait en effet assuré aux enquêteurs que la chambre était prêtée gratuitement et non louée aux occupants. L'un des deux locataires polonais qui occupaient la chambre à l'époque des faits avait tenu les mêmes propos, sur demande de sa propriétaire, accuse-t-il aujourd'hui.

Deux pompiers intervenus le jour du drame sont par ailleurs revenus mardi sur le phénomène de "flash-over" qui a conduit à la mort de leurs collègues. Lorsque les pompiers ont enfoncé la porte, au 7e étage de l'immeuble, l'apport brusque d'oxygène dans la pièce exiguë où s'étaient dégagées de fortes quantités de gaz de combustion a provoqué un "embrasement-éclair généralisé", une boule de feu de plus de 1000 degrés fatale à cinq jeunes pompiers, âgés de 22 à 27 ans. Chef de garde ce jour-là, Daniel Rembert a raconté qu'il ne s'attendait pas à ce type de phénomène vu la "dimension réduite" de l'incendie. A la demande de l'avocat des deux locataires, il a aussi expliqué que depuis le drame, les protocoles d'intervention ont été modifiés, avec le déploiement de "moyens hydrauliques plus importants d'emblée".

200 euros par mois pour 9m2

Les premières auditions, mardi matin, ont également mis en lumière les conditions sommaires dans lesquelles vivaient les deux occupants de la chambre, où de vieilles prises en porcelaine côtoyaient une plaque de cuisson posée quasiment à même le sol, avec un matelas roulé au-dessus d'une armoire dans la journée pour faire de la place. La propriétaire du lieu, Dominique De Galard Terraube, 58 ans, médecin de la fonction publique, louait sa pièce de 9 m2 à un homme en situation irrégulière pour 200 euros par mois. Elle est poursuivie pour la non-conformité de son installation électrique, qui n'avait pas été rénovée depuis 1981.

Quant aux deux locataires, ils se voient reprocher d'avoir branché une multitude d'appareils alors que l'installation ne pouvait supporter qu'un rasoir électrique ou un sèche-cheveux. Selon deux experts nommés dans le cadre de l'instruction, l'incendie survenu le 14 septembre 2002 a été provoqué par un court-circuit du téléviseur, sans doute dû à sa chute ou à de l'eau venant de vêtements qui séchaient au-dessus. Le procès doit durer trois jours. Les prévenus encourent 3 ans de prison et 45.000 euros d'amende.

D'après agence

le 12 février 2008 à 15:54
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9 Commentaires

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  • Michel, le 12/02/2008 à 22h33

    J'ai un de mes fils pompier et je pense que certains parents pourraient penser aussi comme moi ! Mais charger la ou le propiétaire ou les locataires est-ce totalement juste ? Ils sont responsables certainement de quelque chose, mais certainement pas de la mort des cinq jeunes pompiers. Le phénomène de flash-over a tué. C'est un cas rarissime. Le tribunal devra chercher ce qui a provoqué l'accumulation de gaz. Chercher des boucs émissaires n'a jamais fait revenir à la vie des gamins merveilleux fauchés en pleine jeunesse. Et s'ils n'avaient tout simplement pas mesuré le réel risque encouru... Et s'ils n'avaient pas été formés aussi à cela ? Qui serait alors responsable ?...

  • Francine, le 12/02/2008 à 21h45

    Dans les peines encourues, lourdes pour le locataire, mais sans doute pour une Madame "DE",malgré l'horreur pour ces 5 jeunes pompiers, et leurs familles, sa peine devrait-être nettement supérieure, où est la justice?

  • Vogin, le 12/02/2008 à 20h37

    Un toubib qui loue 200 euros un taudis de 9m2 ! elle n'a vraiment pas honte

  • Fred, le 12/02/2008 à 19h46

    Des hommes sont mort c'est triste, mais qu'elles que soients les conditions de logement et les circonstances qui ont fait qu'il y ait eu un incendie, cela est totalement independant de la cause de la mort : le flash-over. On peut aussi poursuivre le constructeur de l'immeuble car si il ne l'avait pas construit il n'y aurait pas eu d'incendie a cet endroit et ainsi de suite - c'est malheuresement un tragique sort du destin comme il en arrive partout dans le monde. Pourquoi systematiquement chercher des coupables.

  • Phil, le 12/02/2008 à 18h11

    Avec un nom à particule et une fonction de médecin, quelle bassesse de profiter de la misère des gens!

  • Florence, le 12/02/2008 à 17h35

    La seule responsable est la propriétaire sans scrupule qui a loué un 9m2 ( comment peut-on oser louer un tel réduit au 21 ème siècle ) avec une installation électrique précaire...On devrait de surcroît la bannir de l'ordre des médecins...Un médecin, déontologiquement,ne doit-il pas s'assurer de la vie d'autrui? Dans ce cas elle ne s'est souciée que de son porte-monnaie...Quant aux locataires sans-papier,bien obligés de loger dans un 9m2 insalubre plutôt que dans la rue...et des cas comme ça il y en a des milliers dans Paris et les grandes villes...c'est inacceptable. Je suis de tout coeur avec les familles des pompiers disparus .

  • MICHEL, le 12/02/2008 à 17h19

    De trop légères peines possibles pour une personne responsable de la mort de 5 x personnes : 1 :Pièce non destinée à la location. 2- Non conformité des installations 3- Non déclaration 4- Hébergement de clandestins 5- Quel est l'avis aussi du Fisc ? Pire qu'un marchand de sommeil.

  • J-Yves, le 12/02/2008 à 17h16

    3 ans et 45K.. La justice francaise, c'est vraiment pas cher... Combien la France va payer pour la mort de ses 5 pompiers ? 5 euros ?

  • Martin, le 12/02/2008 à 16h49

    C'est la première fois qu'on nous dit qu'il y a des taudis à Neuilly. Etonnant, non ?

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