La chambre de bonne incendiée à Neuilly, qui avait provoqué le drame où cinq pompiers avaient péri (septembre 2002) © TF1/LCICinq pompiers tués en intervention - le plus lourd bilan depuis des années pour les Pompiers de Paris : ils avaient été balayés par une onde de chaleur due à l'accumulation de gaz, un phénomène redoutable connu sous le nom de "flash over". A l'origine, ils intervenaient sur un banal feu de chambre de bonne à Neuilly... Le drame s'était produit le 14 septembre 2002 et avait provoqué un large émoi dans l'opinion. Au premier jour du procès mardi, le tribunal de Nanterre a cherché à savoir si l'installation électrique vétuste avait été la cause directe du feu. D'emblée, la présidente de la 18e chambre correctionnelle, Arielle Bailet, a expliqué aux parties civiles que le procès devrait déterminer si un "lien de causalité" a existé entre les fautes des prévenus et le drame du 14 septembre 2002. Mais, a-t-elle ajouté, si ce lien n'est pas établi, le tribunal "demandera immédiatement la requalification" des faits.
La propriétaire de l'appartement a immédiatement été mise en difficulté par la présidente de la 18e chambre correctionnelle, Arielle Bailet. Les premières questions ont en effet porté sur de fausses déclarations à la police. Elle avait en effet assuré aux enquêteurs que la chambre était prêtée gratuitement et non louée aux occupants. L'un des deux locataires polonais qui occupaient la chambre à l'époque des faits avait tenu les mêmes propos, sur demande de sa propriétaire, accuse-t-il aujourd'hui.
Deux pompiers intervenus le jour du drame sont par ailleurs revenus mardi sur le phénomène de "flash-over" qui a conduit à la mort de leurs collègues. Lorsque les pompiers ont enfoncé la porte, au 7e étage de l'immeuble, l'apport brusque d'oxygène dans la pièce exiguë où s'étaient dégagées de fortes quantités de gaz de combustion a provoqué un "embrasement-éclair généralisé", une boule de feu de plus de 1000 degrés fatale à cinq jeunes pompiers, âgés de 22 à 27 ans. Chef de garde ce jour-là, Daniel Rembert a raconté qu'il ne s'attendait pas à ce type de phénomène vu la "dimension réduite" de l'incendie. A la demande de l'avocat des deux locataires, il a aussi expliqué que depuis le drame, les protocoles d'intervention ont été modifiés, avec le déploiement de "moyens hydrauliques plus importants d'emblée".
200 euros par mois pour 9m2
Les premières auditions, mardi matin, ont également mis en lumière les conditions sommaires dans lesquelles vivaient les deux occupants de la chambre, où de vieilles prises en porcelaine côtoyaient une plaque de cuisson posée quasiment à même le sol, avec un matelas roulé au-dessus d'une armoire dans la journée pour faire de la place. La propriétaire du lieu, Dominique De Galard Terraube, 58 ans, médecin de la fonction publique, louait sa pièce de 9 m2 à un homme en situation irrégulière pour 200 euros par mois. Elle est poursuivie pour la non-conformité de son installation électrique, qui n'avait pas été rénovée depuis 1981.
Quant aux deux locataires, ils se voient reprocher d'avoir branché une multitude d'appareils alors que l'installation ne pouvait supporter qu'un rasoir électrique ou un sèche-cheveux. Selon deux experts nommés dans le cadre de l'instruction, l'incendie survenu le 14 septembre 2002 a été provoqué par un court-circuit du téléviseur, sans doute dû à sa chute ou à de l'eau venant de vêtements qui séchaient au-dessus. Le procès doit durer trois jours. Les prévenus encourent 3 ans de prison et 45.000 euros d'amende.
D'après agence
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