Ouverture du procès du drame de Neuilly, qui avait fait cinq morts parmi les pompiers en 2002 (12 février 2008) © TF1/LCI| Le point sur place avec Hélène Lecomte |
Cinq pompiers tués en intervention - le plus lourd bilan depuis des années pour les Pompiers de Paris : ils avaient été balayés par une onde de chaleur due à l'accumulation de gaz, un phénomène redoutable connu sous le nom de "flash over". A l'origine, ils intervenaient sur un banal feu de chambre de bonne à Neuilly... Le drame s'était produit le 14 septembre 2002 et avait provoqué un large émoi dans l'opinion. Les plus hauts personnages de l'Etat avaient assisté à la cérémonie des obsèques, organisée aux Invalides à Paris. Le procès se tient de mardi à jeudi à Nanterre. La propriétaire et les deux occupants polonais de la chambre doivent répondre d'homicide involontaire. Les trois prévenus risquent trois ans de prison et 45.000 euros d'amende.
Le feu avait pris, selon les expertises, à cause d'une installation électrique vétuste, sur laquelle, de surcroît, étaient branchés un nombre disproportionné d'appareils. La propriétaire du lieu, médecin de la fonction publique qui louait sa pièce de 9 m2 à un homme en situation irrégulière pour 200 euros par mois, est poursuivie pour la non-conformité de l'installation. Les deux locataires, un Polonais et sa fille arrivés en France en 2002, se voient reprocher d'avoir branché une bouilloire, un radio-réveil, des plaques chauffantes, une télévision, un décodeur et un ventilateur sur une prise qui ne pouvait supporter qu'un rasoir électrique ou un sèche-cheveux.
Une boule de feu dans un couloir de 60 cm
Facteur aggravant, dans les fusibles, les fils de cuivre avaient remplacé des fils de plomb, ce qui avait empêché le courant de sauter. Le début de feu s'était propagé aux matériaux combustibles voisins, dégageant des gaz de combustion en grande quantité dans la pièce exiguë. Arrivés sur place, les pompiers avaient enfoncé la porte, au 7e étage de l'immeuble. Mais l'apport brusque d'oxygène dans une pièce en combustion lente et saturée de gaz avait provoqué une boule de feu qui avait envahi le couloir, dont l'étroitesse (60 cm à peine) avait accru l'effet de souffle.
L'avocat des deux Polonais, Me Louis-Maurice Faure, s'étonne que ses clients se retrouvent devant la justice. "Ils n'y sont pour rien dans cette installation électrique. Tout ce qu'ils ont fait, c'est de vivre à deux dans une chambre de bonne de 9 m2", affirme-t-il. De son côté, l'avocate de la propriétaire, Me Michèle Arnold, estime que la vétusté de l'installation électrique, qu'elle ne conteste pas, n'est qu'une "hypothèse" dans la cause de l'incendie.
D'après agence
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