Les assises pour l'élève accusé d'avoir poignardé sa prof

Par A.Gu. (avec agence), le 27 février 2008 à 06h00 , mis à jour le 27 février 2008 à 15h25

Le procès de Kévani Wansale, 20 ans, accusé d'avoir poignardé sa professeure en plein cours en 2005 au lycée Louis-Blériot, à Etampes, s'est ouvert mercredi aux assises d'Evry.

Karen Montet-Toutain, l'enseignante agressée en décembre 2005 au lycée Louis-Blériot d'EtampesKaren Montet-Toutain, l'enseignante agressée en décembre 2005 au lycée Louis-Blériot d'Etampes © TF1/LCI

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Le récit de la première journée d'audience

Lycée Louis-Bleriot, à Etampes, dans l'Essonne, le 16 décembre 2005. Kévani Wansale est élève en BEP-vente. Ce jour là, il se trouve au premier rang de la classe. Son professeur d'arts appliqués, Karen Montet-Toutain, lui demande de retirer son blouson et son bonnet. Le ton monte, l'élève lui reproche d'avoir dit "n'importe quoi" à sa mère sur son comportement, se lève et lui porte plusieurs coups de couteau, dont l'un la blesse très grièvement au ventre. Après son geste, l'élève prend la fuite en escaladant le mur d'enceinte du  lycée, avant de se rendre en RER à Grigny, où il se débarrasse de son couteau en le jetant dans un lac. Après avoir passé la nuit chez un ami, il se rend finalement le lendemain vers au commissariat d'Etampes, où il aurait reconnu les faits. Le jeune homme de 20 ans comparaît à partir d'aujourd'hui devant les assises d'Evry.
  
Qualifiant les faits de tentative d'homicide volontaire avec préméditation, passibles de la réclusion criminelle à perpétuité, l'accusation s'appuie sur différents témoignages de camarades de l'accusé accréditant la thèse d'un geste préparé. Propos en partie contestés, sur lesquels il s'expliquera à l'audience, selon son avocat Me Damien Brossier.
  
Un "procès compliqué" pour "des faits simples"
 
Peu avant les faits, Kévani Wansale avait été exclu une semaine en raison d'une altercation avec un enseignant. Après avoir été convoquée la veille des faits par Mme Montet-Toutain, professeure principale, la mère du lycéen l'avait réprimandé, en lui indiquant qu'un conseil de discipline était envisagé, et qu'il risquait d'être exclu définitivement de son lycée professionnel. Il a expliqué s'être rendu au lycée avec un couteau dans l'intention de s'ouvrir les veines, avant de se raviser. Il avait affirmé avoir voulu impressionner son enseignante en sortant son arme, et que le premier coup était parti tout seul.
  
Sans casier judiciaire, Kévani Wansale a connu une enfance difficile, des changements de domicile fréquents. Il s'était jusque-là fait remarquer pour des problèmes de discipline, mais pas pour des faits de violences. Me Brossier prédit un "procès compliqué" pour des "faits simples", insistant sur la dimension psychologique et la part d'irrationnel de cet acte, commis devant de nombreux témoins.
 
L'Education nationale, grande absente du procès
  
Le conseil de l'enseignante, Me Koffi Senah, déplore quant à lui l'absence de l'Education nationale au procès, que sa cliente avait mise en cause, et le fait qu'un rapport de l'Inspection générale, qui concluait à l'absence de faute de la part de la hiérarchie, n'ait pas été versé au dossier. "Il y a un pan des débats qui sera altéré", juge-t-il. "Elle se sentait en difficulté, il y avait des menaces. Les appels au secours n'ont jamais reçu de réponse", selon lui. Dans un courrier électronique adressé à l'inspection académique 10 jours  avant les faits, Mme Montet-Toutain écrivait notamment qu'elle ne se sentait plus en sécurité.
  
Actuellement en arrêt maladie pour six mois, elle est toujours titulaire et a formulé le voeu de reprendre l'enseignement, mais sa hiérarchie n'a pas donné suite, selon Me Senah. Après son agression, une incapacité totale de travail (ITT) de quatre mois lui avait été délivrée. Une expertise psychiatrique fait état d'une "réaction névrotique anxio-dépressive majeure".

Par A.Gu. (avec agence) le 27 février 2008 à 06:00
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12 Commentaires

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  • David, le 27/02/2008 à 16h42

    Un coup de couteau ne part pas tout seul... Je pense avoir eu une enfance aussi difficile que la sienne et je n'ai jamais agréssé de professeurs ... un peu facile comme excuse. La justice tranchera !

  • Claude, le 27/02/2008 à 16h18

    Je ne vois pas trop comment on aurait pu éviter cela , et en quoi l'éducation nationale est responsable . La même chose peut se reproduire demain , qui est capable de le savoir . Des situations conflictuelles il y en a tous les jours qui finissent au bureau du proviseur , au commissariat , en agression de la personne , etc ... et on peut y faire quoi ?!

  • Maiche, le 27/02/2008 à 15h56

    On ne va pas en classe avec un couteau sinon c'est sûrement avec "de mauvaises intentions" ; quant au jugement il faut arrêter de parler de "perpétuité" puisqu'elle n'existe pas. Il aura sûrement des circonstances atténuantes, enfance difficile, parents absents etc etc ; dont très peu de punition comme toujours. Odette.

  • MILADY66, le 27/02/2008 à 15h33

    Aucun respect,plus d'éducation civique,plus d'éducation tout court ,parents hors course parceque ça les arrange,(on a vu le comportement de ce père de famille et pour ne rien gacher de profession gendarme qui agresse l'enseignant alors que c'est a la maison que les parents doivent régler l'affaire avec l'enfant) comment voulez -vous que ça s'arrange en dehors d'instituer dans Tous les centres d'enseignements,pour petits ou grands la DISCIPLINE que l'on nous a enseigner et connu autrefois.Il m'importe peu que l'on juge ma réaction de ringarde ;ce qui compte c'est que ça s'arrete et que l'enseignement redevienne comme avant que l'on ne considère l'enfant<< roi>>.De plus pour l'éducation de ces caids ,a partir d'un certain age ,ce sont des enseignants costauds et habitués qui doivent remplir cette fonction d'enseignement.Plus facile pour les laches de s'attaquer a une femme,je sais de quoi je parle! Idée a faire passer auprès du corps enseignant...en espérant qu'il comprendra ou est l'intéret d'un enseignement respectueux et sérieux.

  • ARGOUSE, le 27/02/2008 à 15h15

    Ces incidents à répétition dans l'enseignement sont le résultat du laxisme introduit depuis de nombreuses années. Le fait de trouver des excuses aux auteurs d'incidents a eu pour effet de banaliser ces derniers. Des peines sévères doivent être prononcées et l'angélisme des Magistrats combattue. La philosophie consistant à dire que tout le monde il est beau tout le monde il est joli (discours baba cool des soixante-huitards refusant d'évoluer) doit se terminer. Nous sommes au 21ème siècle et malheureusement certains reviennent à l'âge de pierre et se comportent comme des barbares.

  • Thierry, le 27/02/2008 à 13h57

    Le plus terrible dans cette histoire c'est l'attitude, le deni et l'abandon de l'education nationale et de l'administration

  • Hekate, le 27/02/2008 à 13h57

    Pas prémédité ? Il se promène tous les jours avec un couteau alors ? Pas de tentative de meurtre ? Alors pourquoi plusieurs coups ? Folie passagère ? ben voyons !

  • Brelandas, le 27/02/2008 à 13h46

    On connaissait les suicides avec 4 balles dans la tête mais pas encore les coups de couteaux qui partent tout seul?

  • Pierrot, le 27/02/2008 à 13h20

    Comment deux vie vont être brisées à jamais....Au lieu de débattre sur l'utilité de parrainer la shoa des enfants, inculquer aux jeunes le risque d'avoir des vies détruites si on règles les problèmes à coups de violence !

  • Marie, le 27/02/2008 à 11h45

    Une honte que l'éducation nationale ne soutienne pas cette enseignante. Bientôt c'est elle que l'on va juger et le gamin on va lui trouver toutes les excuses possibles. une honte

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