Patricia Cartier, la mère de famille jugée en appel à Amiens pour avoir administré du poison à ses cinq enfants © TF1/LCIUn couple surendetté, jugé depuis lundi en appel pour avoir tenté en 2002 de supprimer ses cinq enfants en les empoisonnant, tuant une de leurs filles, a été condamné vendredi à des peines de respectivement quinze et neuf ans d'emprisonnement par la cour d'assises d'Amiens. La condamnation du mari est identique à celle prononcée en première instance tandis que celle de la femme est inférieure d'un an. La mère va toutefois retourner en prison dès vendredi soir, alors qu'elle avait comparu libre cette semaine à la suite d'une libération provisoire pour raison médicale.
Pris dans une spirale de surendettement à laquelle ils ne voyaient pas d'issue, les époux avaient, dans la nuit du 18 au 19 août 2002, fait une injection d'insuline à leurs cinq enfants. Seule Alicia, leur fille de 11 ans, était décédée. L'avocat général a demandé vendredi qu'ils soient condamnés à la même peine que celle prononcée en première instance en octobre 2005 par la cour d'assises de l'Oise. Il a rappelé qu'ils avaient fait appel en affirmant ne pas contester la peine mais uniquement vouloir expliquer leur geste à leurs enfants survivants.
"Un grand moment d'émotion"
Deux enfants présents sur les quatre qui avaient échappé à la mort et s'étaient portés parties civiles, n'ont pas réagi à l'énoncé du verdict. Les survivants, âgés de 11 mois, 3, 6 et 13 ans à l'époque des faits, avaient immédiatement été retirés à leurs parents. Il était "très important que les parents puissent leur expliquer le désespoir qui était le leur à l'époque", a déclaré Me Franck Berton, avocat de l'épouse. Selon lui, au tribunal, la réaction de la mère à la vue de ses enfants a été "un grand moment d'émotion et de détresse à la fois".
Le couple formé d'un conducteur d'engins et d'une garde-malade d'une quarantaine d'années, qui résidaient dans un modeste pavillon de Laversines, près de Beauvais, dans l'Oise, devait rembourser une vingtaine de crédits à la consommation pour un montant total d'environ 229.000 euros. Décidés à en finir, les parents avaient prévu de tuer d'abord les enfants, deux garçons et trois filles, puis de mettre fin à leurs jours. Mais les doses étaient trop faibles, sauf pour Alicia, décédée près de trois semaines plus tard à l'hôpital. "Si le surendettement a été l'élément déclencheur, le couple faisait état d'une fragilité psychologique importante qui explique le passage à l'acte", a souligné Me Berton.
(D'après agence)
Retour MYTF1
Chargement en cours...




