Tout foetus né sans vie est déclarable à l'état-civil

le 06 février 2008 à 17h20 , mis à jour le 06 février 2008 à 20h12

L'arrêt devrait faire jurisprudence : la Cour de cassation a jugé mercredi qu'un foetus né sans vie pouvait être déclaré, quel que soit son poids et la durée de la grossesse.

foetus echographie écographie © INTERNE

L'arrêt devrait satisfaire les associations de parents endeuillés suite à un décès durant la grossesse et faire jurisprudence. La première chambre civile de la Cour de cassation a jugé mercredi qu'un foetus né sans vie pouvait être déclaré à l'état-civil, quel que soit son poids et la durée de la grossesse.
 
L'affaire jugée mercredi concernait trois familles. Les parents de trois enfants morts-nés entre 1996 et 2001 qui avaient porté plainte après s'être vus refuser la possibilité d'enregistrer leur enfant à l'état-civil. Jusqu'à présent, les enfants dont un médecin pouvait attester qu'ils avaient vécu au moins quelques instants se voyaient dresser un acte de naissance, ainsi qu'un acte de décès. Les autres, morts-nés, ne pouvaient bénéficier, depuis 1993, que d'une  "déclaration d'enfant sans vie" et ce seulement s'ils répondaient à la définition d'enfant viable donnée en 1977 par l'Organisation mondiale de la Santé, soit un poids de plus de 500 grammes ou une grossesse de plus de 22  semaines. Or les trois foetus concernés avaient entre 18 et 21 semaines et pesaient  entre 155 et 400 grammes. Saisi des trois dossiers, un tribunal de grande instance avait donc débouté  les familles. En mai 2005, la cour d'appel de Nîmes avait confirmé les  jugements.
  
Mercredi, la Cour de cassation a jugé, dans trois arrêts identiques, que la  cour d'appel avait violé l'article 79-1 du code civil car il "ne subordonne pas  l'établissement d'un acte d'enfant sans vie ni au poids du foetus, ni à la durée  de la grossesse". Selon elle, la cour d'appel a tout bonnement "ajouté au texte des conditions qu'il ne prévoit pas".

Combler un vide juridique 

Depuis plusieurs années, des associations demandent que soit comblé le vide juridique qui existe en France pour les foetus de 16 à 22 semaines nés sans vie après une mort in utero ou une interruption médicale de grossesse. En obtenant le droit d'inscrire leur bébé sur les registres de l'état-civil,  les parents obtiennent du même coup la possibilité de donner un nom à leur enfant, de bénéficier de certains droits sociaux comme le droit au congé maternité, ou encore celui de récupérer son corps afin d'organiser ses obsèques et de faire leur deuil. Actuellement, dans la plupart des hôpitaux, les foetus de moins de 22  semaines sont encore incinérés avec les déchets du bloc opératoire.

Risque de "grande anarchie"
  
Par une telle décision, la Cour de cassation décide donc de bousculer le législateur. Dans ses conclusions, l'avocat général Alain Legoux avait d'ailleurs rappelé que "ce n'est pas à (la jurisprudence) de fixer la norme mais  à la loi". Or, avait-il suggéré à la Cour, "quelle meilleure façon d'y inciter le  législateur" que de casser les trois arrêts, cela "permettra au législateur de faire oeuvre d'harmonisation".
  
D'un grand réconfort pour les familles, ces arrêts "risquent de provoquer une grande anarchie", souligne toutefois une source judiciaire. On peut en effet  imaginer que des mères qui décident d'interrompre volontairement leur grossesse après quatre semaines profitent de la nouvelle donne pour déclarer leur enfant et ainsi bénéficier des avantages sociaux qui y sont liés.
  
En revanche, il ne devrait pas avoir d'impact sur le volet pénal, la Cour de cassation ayant déjà écarté dans d'autres arrêts l'incrimination d'homicide dans  le cas de décès in utero du fait d'un accident de circulation ou d'un accident  médical.

(D'après agence)

le 06 février 2008 à 17:20
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27 Commentaires

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  • Manin, le 06/02/2008 à 22h40

    Il était temps de faire quelque chose car si le foetus n'est pas considéré comme un être on n'a pas le droit d'en faire le deuil. Merci à cette Cour de Cassation.

  • Francois, le 06/02/2008 à 22h28

    Un animal pouvant avoir une existence juridique , il fallait au moins cela pour des enfants morts nés, c est une question de dignité!

  • Roussel, le 06/02/2008 à 22h27

    J'irais même beaucoup plus loin ! C'est dès qu'une femme sait qu'elle est enceinte ,qu'elle se sait porteuse d'une autre ou d'autres personnes. En tout cas,c'est mon cas. J'ai quatre enfants et à chaque fois,j'avais cette conscience particulière et aigüe, qui fait que même en cas de fausse couche précoce,j'aurais eu cette notion d'une vie entière qui aurait disparu et jusqu'à ma propre mort. Tout comme un aïeul décédé fait partie de vous pour toujours,un enfant,ou un foetus à naître,fait partie de vous au même titre. C'est ce qui fait de nous des humains. C'est pour cette raison qu'il existe des rites funéraires,pour les vivants qui "portent" le mort,pas pour le mort en vérité. Des parents ont tout-à- fait le droit de "porter" leur enfant,même s'il n'est pas viable,et on doit leur reconnaitre ce droit. C'est dès la conception qu'on lui cherche et qu'on lui donne un nom,il vit déjà dans l'esprit de ces parents,on a donc le devoir de le reconnaître.

  • Fosse, le 06/02/2008 à 21h40

    Moi j ai vecue se drame mon enfant est mort lors de mon accouchement en 2005 mais je n ai pas pu l enregistrer et je trouve cela injuste pius je avoir recours actuellement pour changer .j aimerais que mon bebe apparaissse sur mon livret de famille.

  • Sabrina, le 06/02/2008 à 19h59

    Je ne serais sans doute pas publiée comme je le suis très rarement sur ce site (pourquoi???) Tant pis. Tout ceux qui ne comprennent pas la réaction de ces parents n'ont sans doute jamais eu la douleur de perdre un enfant. J'ai perdu un enfant à 7 mois de grossesse. Ma fille fait partie pour toujours de ma vie et sera pour toujours mon premier enfant. Il nous reste déjà si peu de chose d'un enfant né sans vie. Peu ou pas souvenir (une photo d'écho, une peluche achetée...), alors, un peu de reconnaissance "officielle" est-ce si difficile à comprendre? Peu importe le nombre de semaine de "gestation" la douleur, elle, elle est toujours là, toujours aussi forte. Une maman qui a fait son deuil mais qui jamais n'oubliera...

  • Francois, le 06/02/2008 à 19h58

    Donc l'avortement devient un meurtre !!!! ca va créer un sacré bazard !! c'est toujours le problème des lois et des textes, on satisfait une demande tout à fait légitime (je comprend le besoin des famille) mais le contre coup est dangereux !

  • Linecé, le 06/02/2008 à 19h55

    QUELLE DOMMMAGE!!TOUTES CES REACTIONS NEGATIVES,COMME ON DIT TANT QUE QUELQU'UN NE VIE PAS SE GENRE DE CHOSE IL NE PEU PAS COMPRENDRE! J'AI VECU CELA ET JE PEU DIRE QUE C'EST TERRIBLE DE PERDRE UN ENFANT A LA FIN DE LA GROSSESSE A CAUSE DU CORDON AUTOUR DU COU! MOI JE PEU DIRE QUE CET ENFANT A EXISTER,QU'IL A ETE AIMER, ET QUE CE N'EST CERTAINEMENT PAS POUR LES IMPOTS!!!MESSIEURS...QU'UNE FEMME OU COUPLE SOUHAITE DECLARER UN BEBE PORTER 9 MOIS...A BON ENTENDEUR

  • Bruno, le 06/02/2008 à 19h55

    N'importe quoi. On arrete quand la fumette.

  • Chantal, le 06/02/2008 à 19h47

    Si je comprends bien l'ouverture des droits sociaux, çà signifie congés maternité, prime de naissance, et en conséquence Trou de la Sécu encore plus abyssal.

  • Al, le 06/02/2008 à 19h42

    Vous ne savez pas de quoi vous parle, j'ai vecu cela il y a 10 ans, ne juger pas sans savoir.Meme si l'enfant n'est pas là, nous avons eu besoin de la déclarer pour nous, et non pour des parts pour les impots car il ne compte pas sur la déclaration. Réflechisser avant d'écrire n'importe quoi

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