Une "mauvaise loi" menacée par le couperet européen ?

le 27 février 2008 à 18h59 , mis à jour le 27 février 2008 à 19h26

Le texte pourrait ne pas "survivre" à une décision de la Cour européenne des droits de l'Homme, juge Pierre Mazeaud, ex-président du Conseil constitutionnel.

Image d'archives/TF1Image d'archives © TF1

"Le Conseil constitutionnel vient de valider une mauvaise loi". Celui qui exprime ce jugement tranchant n'est autre que Pierre Mazeaud, lui-même ancien président du Conseil constitutionnel. Il s'explique dans les colonnes du Nouvel Observateur, alors que les "Sages" ont entériné le principe de la rétention de sûreté tout en limitant fortement l'application du texte.

"La rétention de précaution est une mauvaise mesure, un mauvais principe, mais, malheureusement, il fait désormais partie de notre droit", affirme encore Pierre Mazeaud. Et ce juriste déplore "une situation bancale" : "Le Conseil constitutionnel valide la rétention, en expliquant qu'il ne s'agit pas d'une mesure pénale. Mais en s'opposant à la rétroactivité, il suggère qu'on est quand même dans le pénal : ce n'est qu'en matière pénale que la non-rétroactivité est un principe constitutionnel ! Tout ceci est confus juridiquement".

Qu'arrivera-t-il en cas de recours à Strasbourg

"Rien ne dit que cette nouvelle loi pourrait survivre à une décision de la Cour européenne des droits de l'Homme", avertit dès lors Pierre Mazeaud. "Si un condamné, soumis à la rétention de sûreté, décide de déposer un recours à Strasbourg, il y a de fortes chances que la Cour nous condamne. Cela mettrait fin à la rétention de sûreté et à tout ce débat mal engagé", ajoute-t-il.

L'ex-ministre ne se dit par ailleurs "pas choqué" que le président Nicolas Sarkozy ait chargé le premier président de la Cour de cassation d'une mission après la censure partielle par les "Sages" du texte qui crée des centres d'enfermement à vie pour les criminels dangereux. "On peut parfaitement faire réfléchir le plus haut magistrat de France, tant qu'on reste dans le respect de la décision du Conseil constitutionnel, qui s'impose à tous", explique-t-il.

D'après agence

le 27 février 2008 à 18:59
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7 Commentaires

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  • Pat, le 27/02/2008 à 23h03

    Honteux, parfaitement honteux, on préfère remettre des foux furieux en liberté plutôt que de réformer ce sacro saint droit français. Alors je m'adresse à tous ces politiques de gauche et leurs partisants. Si un jour, par votre bêtise, un nouvel enfant est masacré par un de ces malades que vous aurez remis en liberté, aurez vous ensuite le courage d'aller voir la famille et de lui faire part de vos condoléances ? Pauvre France

  • Sylvain, le 27/02/2008 à 22h37

    Encore une loi qui risque de ne pas voir le jour.c'est malheureux qu'on parle de droits de l'homme a des criminels qui ne meritent plus les leurs.franchement,ou est le respect et les droits des victimes et de leur famille.

  • Laurent, le 27/02/2008 à 21h51

    Et c'est comme cela que l'on doit dire merci à l'Europe!!! ras le bol des bien pensants qui tant qu'ils n'ont pas été victimes, se croient avooir la science infuse!

  • Carisa, le 27/02/2008 à 21h31

    Si cela se pratique deja,dans d'autres pays europeens;qu'on m'explique pourquoi la france ne pourrait pas appliquer ce genre de loi

  • Maxime, le 27/02/2008 à 21h13

    Les droits de lhomme??? nan mais on est en plein delire

  • DUPONT, le 27/02/2008 à 21h03

    Pierre Mazeaud changera d'avis, lorsqu'il sera concerné par ce type d'individu !

  • Nicolas, le 27/02/2008 à 20h56

    La loi appartient au peuple souverain, pas aux retoristes, encore mois à une cour qui n'a aucune légitimité démocratique!

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