Le Parlement adopte la rétention de sûreté

Par , le 07 février 2008 à 11h43 , mis à jour le 07 février 2008 à 11h55

Députés et sénateurs de droite ont adopté jeudi le texte définitif qui permet d'enfermer à vie les criminels dangereux et entérine le principe d'une rétroactivité de cette mesure. Les socialistes ont saisi le Conseil constitutionnel.

Rachida Dati à la tribune de l'Assemblée nationale, le 15 novembre 2007Rachida Dati à la tribune de l'Assemblée nationale, le 15 novembre 2007 © LCI

C'était au tour des sénateurs de se prononcer ce matin sur le projet de loi Dati sur la rétention de sûreté. Sans surprise, et comme leurs confrères du palais Bourbon mercredi, les sénateurs UMP et la majorité de des UDF ont voté pour, et à gauche PS et PCF ont voté contre. Le texte, désormais adopté de manière définitive par le Parlement, crée des "centres socio-médico-judiciaires", où pourront être enfermés, une fois purgée leur peine, les criminels jugés dangereux et susceptibles de récidiver. Décidée par une commission de trois magistrats, la rétention prévue pour durée initiale d'un an, sera renouvelable indéfiniment.

Alors que le texte initial limitait la mesure aux auteurs de crimes à caractère sexuel, sur mineurs de moins de 15 ans, la majorité UMP l'a étendu à tous les crimes (assassinat, actes de torture, enlèvements..) sur tous les mineurs ainsi que sur les majeurs avec circonstances aggravantes. "Cela concernait au départ une quinzaine de personnes et maintenant entre 50 et 100", s'est inquiété mercredi le député socialiste Serge Blisko.

Le Conseil constitutionnel saisi
 
Le texte prévoit en outre que la rétention de sûreté s'appliquera aux personnes déjà condamnées avant la promulgation de la loi. Cette disposition, adoptée à la dernière minute en première lecture, à l'initiative de Mme Dati, rend possible dès cette année l'enfermement de criminels dans ces centres, dont le premier doit ouvrir à Fresnes cet été. Cette mesure, très controversée, a soulevé un tollé de protestations dans le monde judiciaire et au sein de l'opposition. "On n'a pas vu cela depuis Vichy", a dénoncé mercredi le député Jean-Michel Clément (PS), selon qui "nous ne pouvons pas accepter un modèle de société qui sacrifie nos libertés au profit d'un objectif illusoire de risque zéro".

Jugeant cette rétroactivité contraire à la Constitution, les socialistes ont déposé un recours devant le Conseil Constitutionnel. Son président Jean-Louis Debré n'a pas caché son opinion sur la rétroactivité en rappelant qu'"il y a des principes généraux sur la non  rétroactivité des lois sauf les lois pénales les plus douces". Est-ce un indice sur la décision des sages ? 
   

Par Alexandra Guillet le 07 février 2008 à 11:43
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7 Commentaires

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  • Laurent, le 07/02/2008 à 15h30

    Je pense que cette loi est nécessaire pour minimiser tous les risques pour la société. Les opposants à cette loi ou du moins à ses fondements devraient aller expliquer aux familles des victimes leur position et voir leur réaction

  • Bean, le 07/02/2008 à 15h13

    La détention illégale est légalisée en France! Vive Guantanamo! Vive l'hypocrisie. Si un criminel est dangereux à vie, il faut le condamner à perpétuité (ou mieux: peine de mort). Si c'est un malade, il faut le soigner. Mais pas l'un puis l'autre!!!!!!

  • Yves, le 07/02/2008 à 14h35

    Le conseil constitutionnel doit à présent faire son travail et censurer ce texte concernant la rétroactivité de ce texte et sur le fait qu'on ne peut être condamné en france, que sur des fairs commis, pendant une période connue et après un jugement.

  • Loind'ici, le 07/02/2008 à 14h08

    Quelle incompetence, quel populisme!! Elle ferait presque passé tous les français pour des criminels!!

  • Sueurs, le 07/02/2008 à 13h37

    C'est une experte pour faire peur aux gens celle là!

  • Carole, le 07/02/2008 à 13h00

    Se préoccuper des droits et libertés de nos criminels pendant que nos enfants sont violés, torturés voire assassinés par des récidivistes, c'est là ce que propose les socialistes? Et bien je préférais largement les mois passés où ils n'avaient aucune idée à avancer!

  • Gilles, le 07/02/2008 à 12h48

    Ceci est normal; combien de fois avons nous dit: "Il prends perpette mais sera sorti dans 10 ans" ceci nous faisait froid dans le dos. Nous allons enfin pouvoir être sûre que ces gens nuisibles ne récidiveront pas.

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