La chambre de bonne incendiée à Neuilly, qui avait provoqué le drame où cinq pompiers avaient péri (septembre 2002) © TF1/LCI "C'était un accident". La propriétaire de la chambre de bonne de Neuilly à l'installation électrique vétuste dans laquelle cinq pompiers de Paris ont trouvé la mort en 2002 a déclaré mercredi qu'elle ne sentait "pas responsable" du drame, au 2e jour du procès où elle comparaît pour homicide involontaire. "Ils sont dans mon esprit en permanence", a assuré Dominique de Galard Terraube, 58 ans, en se tournant vers les familles des victimes, cinq jeunes, âgés de 22 à 27 ans.
La propriétaire comparaît depuis mardi devant la 18e chambre correctionnelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Nanterre pour la non-conformité de l'installation électrique de la pièce de 9 mètres carrés qu'elle louait à un Polonais pour 220 euros par mois, sans contrat de bail. De l'aveu même de Dominique de Galard Terraube, l'installation électrique, qui se caractérisait notamment par des prises arrondies en porcelaine à deux trous, n'avait pas été rénovée depuis 1981. "J'ai effectivement entendu les experts, j'ai vu ce qu'ils ont écrit", mais "je ne savais pas" que cette installation "était dangereuse", a ajouté la prévenue, médecin de santé publique détachée auprès de l'administration pénitentiaire.
Un "embrasement-éclair généralisé"
Les deux locataires de la chambre, un Polonais et sa fille, sont également renvoyés devant le tribunal pour homicide involontaire. Il leur est reproché d'avoir branché une multitude d'appareils dans la chambre alors que l'installation ne pouvait supporter qu'un rasoir électrique ou un sèche-cheveux.
Selon deux experts nommés dans le cadre de l'instruction, l'incendie avait été provoqué par un court-circuit du téléviseur, sans doute dû à sa chute ou à de l'eau venant de vêtements qui séchaient au-dessus. Facteur aggravant, le fusible de plomb, qui doit fondre en cas de surchauffe, avait été remplacé par un fusible de cuivre, empêchant le courant de sauter. Aucun des trois prévenus n'a reconnu depuis mardi avoir modifié ce fusible. La mort des cinq pompiers avait été provoquée par un "embrasement-éclair généralisé" (flash-over), une boule de feu de plus de 1.000° C créée par l'accumulation de chaleur dans la chambre exiguë.
(D'après agence)
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