Sarkozy saisit la Cour de cassation

Par D.H. (avec agence), le 22 février 2008 à 19h36 , mis à jour le 22 février 2008 à 22h01

Au lendemain de la censure partielle du Conseil constitutionnel, le président lui demande "de faire toutes les propositions" pour "une application immédiate" de la loi.

Nicolas SarkozyNicolas Sarkozy © TF1/LCI

 
Interview LCI.fr : Vallini dénonce la "fuite en avant"

Peut mieux faire ! Le président a demandé vendredi au premier président de la Cour de cassation "de faire toutes les propositions" pour permettre "une application immédiate" de la loi sur la rétention de sûreté, au lendemain de la censure partielle du Conseil constitutionnel, a indiqué le porte-parole de l'Elysée, David Martinon. "L'application immédiate de la rétention de sûreté aux criminels déjà condamnés (...) reste un objectif légitime pour la protection des victimes", a-t-il expliqué.

Car si les 9 Sages ont approuvé jeudi le principe de la création de la rétention de sûreté dans des centres d'enfermement à vie pour les criminels dangereux, ils en ont encadré fortement son application immédiate aux criminels déjà condamnés. Selon le Conseil constitutionnel, ces criminels ne pourront être enfermés dans les centres spéciaux que s'ils violent les obligations auxquelles il sont soumis à leur sortie de prison, comme  le port du bracelet électronique, l'obligation de se présenter régulièrement au commissariat ou de se soigner.

Sarkozy sème le trouble

La Chancellerie a jugé vendredi "tout à fait normal" cet appel à la Cour de cassation pour "améliorer le dispositif" prévu. Mais cette décision met en principe fin à la procédure. L'article 62 de la Constitution stipule en effet que "les décisions du Conseil constitutionnel ne sont susceptibles d'aucun recours. Elles s'imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités administratives et juridictionnelles".

Les services du premier président de la Cour de cassation, plus haut magistrat français, se sont réunis dans la soirée. Ils ont simplement confirmé à la presse avoir reçu la proposition de mission de l'Elysée mais n'ont pas réagi officiellement. Pour le président de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), Bruno Thouzellier, cette appel est une "incongruité constitutionnelle".

Pas une peine

Pour le reste, "le président de la République se réjouit que le Conseil constitutionnel ait validé l'introduction de la rétention de sûreté dans notre droit", a déclaré David Martinon. "Cette mesure permettra d'empêcher la libération pure et simple d'un criminel à l'issue de sa peine, alors même qu'il a refusé d'être soigné pendant son incarcération et que tous ceux qui le suivent, surveillants, travailleurs sociaux, médecins, sont convaincus que l'intéressé est toujours dangereux et qu'il va récidiver", a-t-il poursuivi.

La loi prévoit que les criminels condamnés à 15 ans de réclusion et plus pour "assassinat, meurtre, torture ou actes de barbarie, viol, enlèvement ou séquestration" pourront être placés en "rétention" à leur sortie de prison. Cela se ferait pour une période d'un an renouvelable indéfiniment, sur décision de justice, après un avis d'experts sur leur dangerosité. La "rétention", considérée non comme une peine mais une mesure de sûreté par le Conseil constitutionnel dans son avis rendu jeudi, autorise pour la première fois en droit français, hormis le domaine psychiatrique, l'emprisonnement d'une personne sur un "profil" et non en "raison de faits".

Par D.H. (avec agence) le 22 février 2008 à 19:36
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

10 Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

  • Henri, le 23/02/2008 à 10h16

    Bravo Monsieur le Président, pour vouloir aller jusqu'au bout de vos idées ! Tenez-bon, nous sommes avec vous !

  • Serot, le 23/02/2008 à 08h52

    Mauvais perdant.

  • Peyrache, le 23/02/2008 à 08h34

    Français, Française prend garde le non respect des décisons du conseil constitutionnel entraine la violation de la constitution... la dictature n'est pas loin Monsieur Sarkosy cela suffit. Gérard

  • Jean Bonnot, le 23/02/2008 à 06h37

    Excellente proposition du président. La Cour de Casse sera désormais responsable des bavures qu'elle ne veut pas éviter.

  • Jean Bonnot, le 23/02/2008 à 02h08

    La protection des innocents contre les monstres ne peut pas attendre que les "juristes" du XVIème (arrondissement) prennent le temps de réfléchir pour décider que la loi s'appliquera dans 50 ans. La moindre "bavure" leur sera imputée et ils devront en répondre devant les sans-culottes.

  • Alain, le 23/02/2008 à 00h12

    Quand je vois cet homme, je ne vois pas un Président de la France; tout au plus un chef d'entreprise ambitieux pour lui même. - Question: La France est-elle devenue une entreprise?

  • Xx, le 22/02/2008 à 23h54

    Après liberation de prison, il faut imposer la castration chimique et le suivi psychiatrique, si refus ou non respect du traitement, alors retour en prison. il faut des centres speciaux pour suivre ces cas.

  • Pardi, le 22/02/2008 à 23h38

    Sarko oublie toujours de prendre conseil... Il croit pouvoir à lui seul faire vivre à tous les Français un état de révolution permanente. Voilà un post-soixante-huitard qui n'a pas guéri.

  • Cocopok, le 22/02/2008 à 21h47

    Enfin 1 chose utile !

  • Babouche, le 22/02/2008 à 21h36

    Il a raison. Il y a trop de gens qui meurent pour rien, à cause du laxisme, d'un soit disant angélisme de carton maché, la vie des autres, il faut la respecter, les précautions doivent être prises, mais quand tout a été essayé et que le goût de tuer demeure, c'est protéger la vie des "autres" que de retirer de la circulation ceux qui ne peuvent s'empêcher de tuer des jeunes, des personnes âgées, des enfants.

Lire tous les commentaires

      logAudience