Villepin à son arrivée chez les juges le 11 octobre 2007 © LCIA l'époque des faits, Dominique de Villepin a "poursuit un but à court terme : empêcher Nicolas Sarkozy d'accéder à la présidence de l'UMP, en misant sur les délais qu'il faudra à la justice pour démontrer que la mise en cause de Nicolas Sarkozy à travers les listings Clearstream n'était pas fondée". C'est ce qu'estime la police judiciaire dans un rapport de synthèse sur l'affaire Clearstream, a indiqué vendredi une source proche du dossier, confirmant ainsi des informations du site MediaPart.
Dans ce rapport, remis jeudi aux juges, la police judiciaire estime que l'ex-Premier ministre devrait être renvoyé devant un tribunal correctionnel. Le rapport de synthèse de la police considère en effet que les charges sont suffisantes pour le renvoyer devant le tribunal correctionnel, ainsi que les 4 autres mis en examen. La semaine dernière, Dominique de Villepin avait "vouloir un procès" afin de faire éclater la vérité (lire notre article).
Dominique de Villepin a dénoncé samedi "partis pris" et "procès d'intention" en contestant les conclusions de ce rapport de synthèse.
Gergorin avait affirmé avoir agi à la demande de Villepin
Dominique de Villepin a été mis en examen le 27 juillet 2007 pour "complicité de dénonciation calomnieuse" par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons chargés du dossier. Au coeur de l'affaire : des courriers et listings bancaires adressés anonymement en mai et juin 2004 au juge Renaud van Ruymbeke, chargé de l'instruction sur des pots-de-vin liés à la vente des frégates à Taiwan en 1991. Un corbeau y accuse des personnalités industrielles et politiques, dont Nicolas Sarkozy d'avoir détenu des comptes occultes à la chambre de compensation financière luxembourgeoise Clearstream par lesquels auraient transité les commissions indues du marché des frégates.
En juin 2007, l'ex-vice-président d'EADS Jean-Louis Gergorin qui a reconnu être l'auteur des envois anonymes, a affirmé avoir agi à la demande de Dominique de Villepin qui a contesté ces propos. Outre MM. de Villepin et Gergorin, trois autres personnes sont mises en examen dans le dossier dont l'informaticien Imad Lahoud, accusé d'avoir joué les faussaires.
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