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Procès Fourniret. Veille de l'audience. Rendez-vous est pris en début d'après-midi, salle B. D'habitude, soixante, soixante-dix justiciables maximum prennent place sur les bancs. Cette fois, ce sont les journalistes, et ils s'entassent. Dans le couloir de cette petite salle d'audience, l'espace paraît plus convoité que dans une rame de métro un jour de grève. "Jamais vu autant de monde", soufflent les habitués de la chronique judiciaire.
Même le magistrat presse a du mal à en revenir. C'est lui pourtant qui a organisé tout ça. En plus de la cour d'assises, deux salles de retransmission... Près de 400 demandes d'accréditation traitées depuis quelques mois, 40 élus seulement pour s'approcher du box. Dans les rangs, huit langues différentes résonnent. France, Belgique, Pays-Bas, ... : huit pays aux yeux braqués sur un seul homme et une seule femme: Michel Fourniret et Monique Olivier.
Bientôt, nous les verrons, côte à côte dans le box, séparés d'à peine l'espace d'un fauteuil. Elle, se laissera -parait-il - filmer, photographier, scruter. Lui, ne ferait son entrée qu'une fois les caméras et les photographes partis. Plaisir de la mise en scène, du coup d'éclat permanent, de la mainmise aussi sur ce qu'il peut encore espérer maîtriser avant que les jurés ne scellent son sort judiciaire et son destin tout court. Direction prison, quatre murs à perpétuité ?
Avant cela, Michel Fourniret veut encore exister. Faire parler de lui, encore lui, toujours lui mais comme il l'entend. Au point d'avoir réécrit page après page l'ordonnance de mise en accusation pour en corriger - dixit le nouvel auteur du texte - les incohérences. Au point de faire annoncer par ses avocats qu'il est prêt à tout prendre sur ses épaules, décharger sa femme pour mieux exister et avoir tout l'espace, rédiger seul au procès son histoire criminelle comme il rêverait qu'elle soit un jour contée
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