Les 400 nouveaux résidents de Charleville

Par Sur place, Hélène LECOMTE, le 27 mars 2008 à 09h38 , mis à jour le 27 mars 2008 à 10h25

Dossier : Fourniret, tueur en série

Jeudi, les trois salles d'audience réservées aux débats et à leur retransmission seront bondées. Mais dès hier, c'était affluence des très grands jours au palais de justice de Charleville. Ambiance.

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Souvent, rien ne ressemble plus à un grand procès qui s'ouvre qu'une autre audience très médiatique en ses premiers jours. La meute des journalistes à l'assaut des familles, des victimes et des avocats. Les badges d'accréditation distribués pour l'accès au palais de justice et à la salle d'audience, en plus ou moins bon ordre. Les pieds de caméras alignés les uns à côté des autres en prévision des multiples interventions en direct. Les forêts de micros ... On pensait connaître. Et puis il y a eu Charleville Mézières.

Procès Fourniret. Veille de l'audience. Rendez-vous est pris en début d'après-midi, salle B. D'habitude, soixante, soixante-dix justiciables maximum prennent place sur les bancs. Cette fois, ce sont les journalistes, et ils s'entassent. Dans le couloir de cette petite salle d'audience, l'espace paraît plus convoité que dans une rame de métro un jour de grève. "Jamais vu autant de monde", soufflent les habitués de la chronique judiciaire.

Même le magistrat presse a du mal à en revenir. C'est lui pourtant qui a organisé tout ça. En plus de la cour d'assises, deux salles de retransmission... Près de 400 demandes d'accréditation traitées depuis quelques mois, 40 élus seulement pour s'approcher du box. Dans les rangs, huit langues différentes résonnent. France, Belgique, Pays-Bas, ... : huit pays aux yeux braqués sur un seul homme et une seule femme: Michel Fourniret et Monique Olivier.

Bientôt, nous les verrons, côte à côte dans le box, séparés d'à peine l'espace d'un fauteuil. Elle, se laissera -parait-il - filmer, photographier, scruter. Lui, ne ferait son entrée qu'une fois les caméras et les photographes partis. Plaisir de la mise en scène, du coup d'éclat permanent, de la mainmise aussi sur ce qu'il peut encore espérer maîtriser avant que les jurés ne scellent son sort judiciaire et son destin tout court. Direction prison, quatre murs à perpétuité ?

Avant cela, Michel Fourniret veut encore exister. Faire parler de lui, encore lui, toujours lui mais comme il l'entend. Au point d'avoir réécrit page après page l'ordonnance de mise en accusation pour en corriger - dixit le nouvel auteur du texte - les incohérences. Au point de faire annoncer par ses avocats qu'il est prêt à tout prendre sur ses épaules, décharger sa femme pour mieux exister et avoir tout l'espace, rédiger seul au procès son histoire criminelle comme il rêverait qu'elle soit un jour contée

Par Sur place, Hélène LECOMTE le 27 mars 2008 à 09:38
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4 Commentaires

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  • Martin, le 27/03/2008 à 15h53

    Par pitié, parlez-nous d'autre chose. On se fiche de ces barbares.

  • Tschumperlé, le 27/03/2008 à 15h47

    Toute cette mise en scène macabre est honteuse. Les médias devraient être bannis des prétoires. Quelle honte de dépenser autant de fric pour filmer un monstre ! La France est bien trop riche pour que les sans-abri méritent son attention. On ne se penche avec condescendance que sur les horreurs de la nature.

  • Guy, le 27/03/2008 à 11h01

    Connaissez le prix que nous les contribuables de charleville mézières allont payer pour l'aménagement du procès de fourniret.Jusqu'à la façade de la prison qui a été rénovée. Savez vous que nous les parents d'éléves de saint rémi n'avont plus la possibilité d'aller chercher nos enfants en voiture, il était de meilleur ton de connaitre notre ville pour Rimbaud et non pour cette saleté d'assassins d'innocents.

  • Rosaline, le 27/03/2008 à 10h41

    Maintenand il faut se mefier de tout le monde

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