Un accusé disparaît au procès Montigny

le 13 mars 2008 à 15h21 , mis à jour le 13 mars 2008 à 15h51

Francis Mariani, l'un des hommes accusés d'avoir participé à l'assassinat du nationaliste corse en 2001, ne s'est pas présenté au dernier jour d'audience.

Francis Mariani, l'un des chefs présumé du gang corse de la Brise de Mer (mars 2008)Francis Mariani, l'un des chefs présumé du gang corse de la Brise de Mer (mars 2008) © TF1/LCI

Coup de théâtre au dernier jour du procès de l'assassinat du nationaliste corse Nicolas Montigny. L'un des accusés, François Mariani, ne s'est pas présenté à l'audience lors de la reprise des débats devant la cour d'assises d'Aix-en-Provence. Considéré en fuite, il sera jugé par défaut.

Jeudi matin, la cour devait, comme le prévoit le code de procédure pénale, donner la parole une dernière fois aux accusés, avant de se retirer pour délibérer. Mais François Mariani dit Francis, 59 ans, considéré par la police comme l'un des membres influents du gang bastiais de la Brise de mer et accusé "d'association de malfaiteurs" dans ce dossier, était absent. Et son avocat assurait, en début d'après-midi, ne pas avoir davantage de nouvelles de lui. L'avocat général Patrice Ollivier-Maurel a requis un mandat d'arrêt à l'encontre de l'accusé mais cette décision n'a pas été prise, dans l'attente du verdict global du procès.

Une véritable "opération d'élimination"

Lundi, de 3 à 30 ans de prison avaient été requis devant les assises des Bouches-du-Rhône à l'encontre des six accusés, réputés proches du grand banditisme corse. Les deux peines les plus lourdes - 30 ans de réclusion - avaient été demandées pour Jacques Mariani, fils de François Mariani, et Alexandre Vittini, accusés d'avoir tué, le soir du 5 septembre 2001, Nicolas Montigny de onze balles de pistolet automatique dont "cinq tirées à bout portant dans la tête", avait rappelé l'avocat général, Patrice Ollivier-Maurel. A l'encontre de Francis Mariani, le représentant du parquet général avait demandé une peine comprise entre 8 et 10 ans pour "association de malfaiteurs".

La victime avait longtemps été proche du groupe nationaliste clandestin Armata Corsa et son assassinat s'inscrivait dans une série de meurtres commis au coeur de l'été 2001. Selon Patrice Ollivier-Maurel, "cette affaire avait pris sa source dans une dérive (ndlr : vers le banditisme) d'Armata Corsa qui s'était heurtée à ceux qui occupaient déjà le terrain", en l'occurrence le gang bastiais de la Brise de mer. Et pour l'accusation, l'assassinat de Montigny avait été une véritable "opération d'élimination", un "assassinat de professionnels, commis froidement". L'avocat général avait par ailleurs rappelé aux jurés le contexte difficile de ce procès avec notamment des "témoins obnubilés par le souci de se rétracter" et qui cherchaient surtout à ne pas déplaire aux accusés "dont le verdict sera toujours plus expéditif que le vôtre".

Ce jeudi, la cour et les jurés se sont retirés pour délibérer vers 14h30, après avoir entendu les accusés s'exprimer, à l'exception de François Mariani. Son fils, Jacques, en a appelé aux jurés : "essayez d'oublier mon nom, mon passé, et jugez-moi pour les faits". Alexandre Vittini a quant à lui déclaré : "vous allez devoir répondre à beaucoup de questions. Moi, une question j'en ai une : est-ce qu'il ressort de la procédure et de l'audience une seule preuve accablante contre moi ?" Le verdict est attendu dans la soirée.

D'après agence

le 13 mars 2008 à 15:21
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