Le parquet veut un 2e avis sur Jean-Louis Courjault

Par , le 19 mars 2008 à 16h38 , mis à jour le 19 mars 2008 à 16h56

Le parquet général d'Orléans a fait appel mercredi du non-lieu dont a bénéficié la semaine passée Jean-Louis Courjault, dans l'affaire des "bébés congelés".

Véronique et Jean-Louis Courjault Bébés congelés Infanticide © TF1/LCI

La procureure générale de la Cour d'appel d'Orléans a décidé de faire appel mercredi de l'ordonnance de non-lieu prononcée par le juge d'instruction à l'égard de Jean-Louis Courjault dans l'affaire des "bébés congelés", a-t-on appris de source judiciaire. Cet appel "a pour but de faire procéder par les magistrats de la chambre de l'instruction de la Cour d'appel à l'examen de la décision du juge d'instruction" de ne pas renvoyer Jean-Louis Courjault devant les assises pour complicité d'assassinat, indique dans un communiqué la procureure générale Gervaise Taffaleau, qui précise que "le Parquet général souhaite ainsi assurer sur cette décision un double regard par une formation collégiale". Le communiqué laisse entendre que Jean-Louis Courjault, père des petites victimes, qui est blanchi par le juge d'instruction de l'incrimination de complicité d'assassinats, pourrait être jugé sous un autre chef d'accusation, sans préciser lequel.
  
Le 12 mars, la juge d'instruction chargée de l'affaire avait renvoyé devant la cour d'assises Véronique Courjault, mise en examen pour "assassinats", tout en ordonnant un non-lieu pour son mari Jean-Louis. Cette décision de la juge d'instruction était conforme aux réquisitions faites par le procureur de la République le 26 février.
  
"Déni de grossesse"
 
Ecrouée depuis octobre 2006, elle encourt la réclusion à perpétuité. L'affaire a commencé à l'été 2006 à Séoul, en Corée du Sud, où le couple résidait, quand Jean-Louis Courjault a découvert deux corps de nouveau-nés dans le congélateur de son domicile et a informé la police locale. Après enquête et tests ADN, Véronique Courjault, 38 ans, qui avait d'abord soutenu publiquement la thèse d'une machination, a finalement avoué à la police française avoir étranglé à leur naissance trois enfants, mis au monde clandestinement, un en France en 1999, dont le corps aurait été incendié, et deux en Corée en 2002 et 2003, conservés au congélateur.


Jean-Louis Courjault a toujours déclaré avoir tout ignoré des grossesses de sa femme. Les psychologues estiment que la détenue a été victime d'un phénomène psychologique appelé "déni de grossesse", relativement courant, par lequel la mère refuse l'idée d'être enceinte, au point de cacher son état à son entourage. Le meurtre des nouveau-nés est une issue possible de ce syndrome et il est fréquent que le père ne soit conscient de rien, disent les psychologues.

Par Alexandra Guillet le 19 mars 2008 à 16:38
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