La requête de Chantal Sébire irrecevable ?

le 14 mars 2008 à 08h09 , mis à jour le 14 mars 2008 à 15h40

Les réquisitions du procureur de la République de Dijon, lors de l'audience de mercredi, sont allées dans le sens du rejet de sa demande de "droit à mourir".

Chantal Sébire euthanasie19 mars - L'euthanasie à la Une : Chantal Sébire se suicide et, par son geste, relance la polémique sur le suicide assisté. © Jeff Pachoud/AFP

C'est un "non" de la justice qui se profile pour Chantal Sébire, qui a demandé le droit d'être euthanasiée. Le procureur de la République de Dijon a requis "l'irrecevabilité de la requête" lors de l'audience en référé mercredi devant le président du TGI, a-t-on appris vendredi auprès du Parquet général. La décision devrait intervenir lundi. Mais Chantal Sébire refuse toute fin de non-recevoir, qu'elle vienne de la justice ou du gouvernement. "Je n'accepte plus la souffrance qui perdure", a-t-elle affirmé vendredi matin sur RTL. Elle a évoqué le cas intenable dans lequel elle se trouve bloqué, "pas respectueux pour mes enfants, pas respectueux pour moi-même".

Cette quinquagénaire défigurée par une maladie incurable et évolutive, qui la conduit vers la mort au milieu de terribles souffrances physiques et morales sans aucun espoir de rémission, affirme pourtant qu'elle "aime vivre", qu'elle "aime faire la fête". Elle n'a rien d'une suicidaire. Mais, réclame-t-elle, "permettez-moi de m'endormir définitivement". Et elle dénonce "l'hypocrisie" actuelle qui entoure les souffrances en fin de vie.

Vers un nouvel avis médical

Pour l'heure, seule réponse officielle du gouvernement : le conseiller de Nicolas Sarkozy pour les questions de recherche et de santé a contacté, à la demande du président, Chantal Sébire, et lui a proposé qu'un "nouvel avis médical" soit donné par un collège de professionnels "pour que l'on s'assure ensemble que toutes les ressources de la médecin sont épuisées". Mais pour l'avocat de Chantal Sébire, "c'est pour occuper l'espace" que cette annonce a été faite. "Dans l'état où elle est, a priori, il n'y a pas le moindre espoir pour Chantal Sébire."

Désormais, si aucun autre choix ne lui est laissé, Chantal Sébire est prête à aller en Suisse, où le suicide assisté est autorisé. Mais elle voudrait mourir chez elle, entourée des siens ; c'est pour cette raison qu'elle a saisi la justice pour en obtenir le droit. Cette requête "est une première pour le monde judiciaire, mais nous ne demandons que l'application de la loi du 22 avril 2005 sur les droits des malades, dite Loi Léonetti", assure son avocat, Me Gilles Antonowicz. Or cette loi tend à instaurer un droit au "laisser mourir", sans permettre aux médecins de pratiquer une euthanasie active. Son auteur, le député UMP Jean Léonetti, estime donc que "la demande formulée n'entre pas dans le cadre de la loi. C'est une demande de suicide assisté, pas une demande d'accompagnement de fin de vie".

Mais d'ores et déjà, Bernard Senet, un médecin généraliste du Vaucluse, membre de l'Association pour le droit de mourir dans la dignité, a accepté d'aider Chantal Sébire à mourir, à condition que la justice le permette. Il s'en explique dans une interview que publie le quotidien Métro. "J'ai accepté, bien que nous habitions à 600 km de distance, d'être le médecin qui, si la justice le permet, se procurera le produit et l'aidera à le prendre", déclare le Dr Senet.  

D'après agence

le 14 mars 2008 à 08:09
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11 Commentaires

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  • ETIENNE Claudine, le 14/03/2008 à 16h49

    Notre civilisation judéo-chrétienne fait l'apologie de la souffrance au point d'en perdre son humanité. Autrefois, les femmes devaient accoucher dans la douleur. Ce sujet brûlant suscitait de vives polémiques et cela ne remonte pas si loin. Si la souffrance se paye au prix fort, la liberté se gagne également au prix fort. L'histoire le démontre. Imaginez-vous à la place de cette femme, Chantal, qui fait preuve d'un courage héroïque face à l'insoutenable. Et, je mesure mes mots. Parce que l'on ne peut rester indifférent au sort réservé aux mourants. Combien de temps faudra-t-il pour que l'homme puisse avoir le droit de mourir dans la paix en conservant le meilleur de lui-même. Imposer une mort lente à une personne en la laissant se dégrader physiquement dans des conditions extrêmes de survie, en plus de sa détresse psychologique, est une forme de torture effroyable. N'ayons pas peur des mots ! C'est infliger à la personne de se regarder ainsi et pas autrement, sans lui laisser la possibilité de conserver une belle image de soi et de partir sereine. Bien mourir est hélas un luxe accordé à quelques privilégiés. Il a fallu des siècles de lutte acharnée pour obtenir l'abolition de la souffrance sous toutes ses formes. Lutte inscessante que nous continuerons à mener, comme l'ont fait nos anciens, pour que cesse ce non-sens de la souffrance. Et, notre civilisation se mesure dans la manière dont on traite les plus faibles. Nous avons certes franchi le premier pas vers la lune mais nous avons pas encore franchi le premier pas vers l'Humanité. C'est pourquoi, je demande, à Monsieur le Président de faire preuve d'un peu de bon sens, en accordant le droit, à Chantal, de mourir dans le bonheur.

  • GIRARD Frédéric, le 14/03/2008 à 16h44

    Je pense que l'euthasie doit être légalisée en France celà est le seul moyen pour la controler. Je suis de tout mon coeur avec Chantal et lui souhaite que sa requête aboutisse favorablement afin qu'elle puisse mourir dans la dignité. FG

  • Alice, le 14/03/2008 à 16h40

    Mais qu'ils la laisse mourir comme elle le souhaite !!

  • Valear, le 14/03/2008 à 16h16

    Mais quelle est cette société qui ne reconnait pas le droit à chacun de ne plus continuer à vivre dans de telles conditions? Autrefois les suicidés n'avaient pas de messe aujourdh'hui c'est le poid des tabous d'une société judéo -chrétienne qui nous contraint dans nos mentalités. Il faudra alors que Chantal trouve une solution plus ' cachée '

  • Bernard, le 14/03/2008 à 16h12

    C'est tout simplement du voyeurisme mené par les médias. Laissez cette femme choisir ce qu'elle désire, mais surtout arrêtez avec votre euthanasie.

  • Catherine, le 14/03/2008 à 16h12

    Se sont ils (elles) mis à la place de cette femme, je lui souhaite beaucoup de courage.

  • Nelly, le 14/03/2008 à 16h05

    Je pense qu'on devrait cette femme mourir, elle souffre assez de sa maladie et ne pourra jamais reprendre une vie normal puisse qu'il n'existe apparament aucun remede pour la soignée. De plus, c'est son souhait et elle a le courage de le demandé legalement !

  • Mike Bart, le 14/03/2008 à 16h05

    Étant très loin d'être contre l'entité "Justice Française", je trouve néanmoins honteux et inhumain de rejeter la demande de cette femme, qui plus est consciente, et en pleine possession de ses facutlés mentales pour exprimer clairement et en toute connaissance de cause son souhait de "s'endormir définitivement". L'euthanasie est certes très souvent remise en cause, surtout dans les cas où la personne n'est pas en mesure d'exprimer son souhait de mourir, où dans les cas où médicalement parlant ce souhaity n'est pas "recevable". Cependant, dans le cas présent de cette femme, qui refuse le suicide comme "solution", rapport à ses principes tout à fait respectables, son choix devrait, en plus d'être respecté, être légalisé. En légalisant l'euthanasie dans des cas comme celui-ci, la dignité humaine serait préservée (et non rendue car je ne voie pas pourquoi elle lui serait retirée). C'est par la libre expression de mon opinion que je tiens à soutenir cette personne. Respectez son choix. Merci.

  • Danièle CUNY, le 14/03/2008 à 15h41

    Naturellement le cas de Chantal Sébire est douloureux ; malheureusement instrumentalisé par les partisans de l'euthanasie qui veulent la légaliser. Je suis absolument contre car c'est la porte ouverte à toutes les dérives.Voir ce qui est arrivé avec l'avortement qui devait rester exceptionnel. D'autres solutions lui sont d'ailleurs proposées qu'elle refuse .

  • Martine CATTACIN, le 14/03/2008 à 15h00

    Bonjour Chantal, je voudrais vous témoigner toute ma sympathie et vous encourager dans votre lutte. Bon courage pour vous, votre famille, vos proches. Très affectueusement.

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