La commission de révision saisie

le 28 mars 2008 à 16h53 , mis à jour le 28 mars 2008 à 20h55

Après la mise en cause d'un nouveau suspect suite à des analyses ADN, Rachida Dati a saisi vendredi la commission de révision des condamnations pénales.

Le pont de Neuilly, théâtre d'un double meurtreLe pont de Neuilly, théâtre d'un double meurtre © TF1/LCI

Alors qu'une information judiciaire a été ouverte  jeudi soir pour des faits d'"assassinat, viol et vol" dans l'affaire du meurtre d'une femme au pont de Neuilly, la ministre de la Justice Rachida Dati a saisi vendredi la commission de révision des condamnations pénales. La raison ? "Des éléments nouveaux transmis par le procureur de Nanterre, qui étaient inconnus de la juridiction qui a condamné l'intéressé" et qui sont "de nature à faire naître un doute" sur sa culpabilité. En 2004, un homme, âgé à l'époque des faits de 19 ans, Marc Machin, a en effet été condamné à 18 ans de prison pour le meurtre d'une mère de deux enfants âgée de 45 ans,  Marie-Agnès Bedot. Celui-ci avait fait des aveux lors de sa garde à vue mais avait ensuite clamé son innocence durant ses deux procès.

Aujourd'hui l'affaire est relancée. Un nouveau suspect, un sans-abri d'une trentaine d'années qui s'est livré à la police dans la nuit du 3 au 4 mars, s'est accusé de deux meurtres de femmes au pont de Neuilly en décembre 2001 et en mai 2002, dont celui pour lequel Marc Machin a été condamné. Des traces ADN lui appartenant ont également été retrouvées sur des vêtements de la première victime. Le parquet a demandé sa mise en examen et son placement en détention provisoire. L'homme a déjà été écroué et mis en examen pour le second meurtre, qui n'avait jusque-là pas été élucidé. 

Marc Machin "est très content de voir qu'il y a une vraie préoccupation quant au réexamen de son dossier. Ca le conforte dans ce qu'il a toujours affirmé. Mais maintenant, il est très impatient de sortir", a expliqué son avocat. Depuis le début du XXe siècle, six dossiers criminels ont été au bout de la  révision et ont conduit à l'acquittement de personnes condamnées à tort. La Cour de révision dispose de pouvoirs d'enquête équivalents à ceux d'un juge d'instruction. Elle peut décider, à l'issue d'une audience publique, du rejet de la demande, de l'annulation de la condamnation, ou de la saisie d'une juridiction pour refaire un procès.

D'après agence

le 28 mars 2008 à 16:53
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