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le 13 mars 2008 à 10h46, mis à jour le le 13 mars 2008 à 19:24
"La médecine n'est pas là pour administrer des substances létales", a-t-elle déclaré, évoquant le cas de Chantal Sébire, qui souhaite être euthanasiée.
La ministre de la Justice, Rachida Dati, le 5 octobre 2007 à Angoulême| La déclaration de Rachida Dati |
Le cas Chantal Sébire, ou quelque autre cas du même genre, aussi terribles soient-ils, ne feront pas changer d'avis la garde des Sceaux. Rachida Dati a réaffirmé jeudi son opposition à toute modification de la loi pour légaliser l'euthanasie en France. "Je considère que la médecine n'est pas là pour administrer des substances létales", a-t-elle déclaré sur France Inter. Réagissant au cas de cette mère de famille de 52 ans, défigurée par une maladie orpheline incurable, qui demande le droit d'être euthanasiée, Rachida Dati a estimé que cette supplique n'était "pas notre droit". "Nous avons fondé notre droit et la convention européenne des droits de l'Homme sur le droit à la vie", a-t-elle ajouté. Selon elle, le juge, qui doit statuer mardi prochain, ne pourra que rejeter sa demande.
"La loi Leonetti est assez équilibrée. On évite un peu l'acharnement thérapeutique, mais c'est une décision collégiale, prise avec les médecins et la famille ou l'environnement. Nous sommes dans un cadre très strict, nous sommes en fin de vie", a détaillé Rachida Dati sur France Inter. Elle faisait référence à la loi sur la fin de vie du 22 avril 2005, portée par le député UMP Jean Leonetti, qui prévoit que les médecins, dans le cadre d'une procédure collégiale et non individuelle, peuvent "décider de limiter ou d'arrêter un traitement inutile, disproportionné ou n'ayant d'autre objet que la seule prolongation artificielle de la vie". Sur la même ligne, la ministre de la Santé Roselyne Bachelot a estimé que "ni le monde médical, ni les pouvoirs publics ne sauraient promouvoir l'euthanasie active", tout en se déclarant "bouleversée" par le cas de Chantal Sébire.
"On est en train d'instrumentaliser la détresse de cette femme"
De son côté, François Fillon s'est montré plus mesuré. "Le débat doit continuer mais je ne peux pas, moi, aujourd'hui, en tant que Premier ministre, apporter une réponse péremptoire à une question qui touche au plus profond de nos consciences", a-t-il déclaré sur RTL. "C'est une demande qui provoque beaucoup d'émotion. On est aux limites de l'intime. Un texte a été voté il y a deux ans, le juge doit maintenant interpréter ce texte", a ajouté le Premier ministre.
Mais pour l'auteur de la loi, Jean Leonetti, la demande de Chantal Sébire "n'entre pas dans le cadre de la loi" de 2005 sur la fin de vie. "La loi autorise l'utilisation de sédatifs, de calmants et d'antalgiques à des doses nécessaires pour supprimer toutes douleurs physiques ou morales, même si l'utilisation de ces médicaments abrègent la vie. Or Mme Sébire refuse les sédatifs. Elle demande qu'on lui donne la mort", a-t-il expliqué. "Le débat sur le suicide assisté est beaucoup plus complexe et large. Le suicide est une liberté, pas un droit revendiqué", a-t-il ajouté.
Au Parlement, le député PS de la Nièvre, Gaëtan Gorce, qui a préparé la loi Léonetti avec Nadine Morano (UMP), souhaite aujourd'hui "évaluer les conditions de son application, et voir ce qu'elle résout ou pas". Pour les cas extrêmes, il suggère une "exception d'euthanasie pour les personnes victimes de maladies incurables, qui souffrent". Tout en ajoutant : "Je ne vais pas aussi loin que le droit à mourir, qui est une notion qui me gêne". A titre personnel, l'ex-Premier ministre socialiste Laurent Fabius se montre "plutôt partisan d'aller dans le sens de la législation belge ou néerlandaise" qui légalise l'euthanasie, "en évitant évidemment tous les abus". Forte de ses convictions religieuses, la ministre du Logement Christine Boutin a pris la position inverse : "On est en train d'instrumentaliser la détresse légitime de cette femme pour pouvoir essayer de légaliser l'euthanasie. Vous croyez vraiment que donner la mort c'est un geste d'amour? C'est un non-respect de la dignité de cette personne", s'est-elle indignée.
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Un conseiller de Sarkozy propose un nouvel avis médical |
Le conseiller de Nicolas Sarkozy pour les questions de recherche et de santé a contacté, à la demande du président, Chantal Sébire, et lui a proposé qu'un "nouvel avis médical" soit donné par un collège de professionnels "pour que l'on s'assure ensemble que toutes les ressources de la médecin sont épuisées", a expliqué David Martinon, porte-parole de l'Elysée. Selon lui, "ce rendez-vous médical multi-disciplinaire aura lieu dans quelques jours si Mme Sébire en accepte le principe". |
D'après agence
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