Euthanasie : la demande de Chantal Sebire rejetée

le 17 mars 2008 à 14h12 , mis à jour le 17 mars 2008 à 19h36

Cette mère de famille, défigurée par une maladie incurable et mortelle, a prévenu qu'elle ne ferait pas appel de la décision du juge de Dijon.

Chantal Sébire euthanasie19 mars - L'euthanasie à la Une : Chantal Sébire se suicide et, par son geste, relance la polémique sur le suicide assisté. © Jeff Pachoud/AFP

Chantale Sébire ne pourra pas mourir chez elle, entourée des siens, au moment où elle le souhaite grâce à l'aide d'un médecin. Le tribunal de grande instance de Dijon a rejeté lundi la demande de cette femme de 52 ans, atteinte d'une tumeur au visage incurable, qui souhaitait qu'on l'autorise à prendre un produit mortel. 

"Même si la dégradation physique de Mme Sébire mérite la compassion, le juge en l'état de la législation française ne peut que rejeter sa demande", argumente le magistrat. Dans ses attendus, il affirme que la requête de Mme Sébire "s'oppose au  code de déontologie médicale, lequel dispose que le médecin n'a pas le droit de délibérément donner la mort". Elle "s'oppose également au code pénal" qui condamne l'assistance et l'aide au suicide, poursuit l'ordonnance en énumérant des articles de la Convention européenne des droits de l'Homme et du code de la  Santé publique.

Son avocat dénonce "notre loi inhumaine" qui doit changer. L'Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) a aussi déploré cette décision qui, selon elle, "impose à Chantal Sébire une peine de souffrance à vie".

"Souffrances intenses et permanentes"

Lors de l'audience du 12 mars, le procureur de la République avait requis  "l'irrecevabilité en l'état actuel de la loi" (sur la fin de vie du 22 avril  2005, ndlr) de cette requête "exceptionnelle", en faisant notamment valoir que le droit français assimilait l'aide au suicide au délit de non-assistance à personne en danger. Le Ministère public avait également cité un arrêt de la Cour européenne des  droits de l'Homme qui ne reconnaissait pas l'existence d'un "droit à mourir". Dans sa demande, Mme Sébire faisait état de ses "souffrances intenses et permanentes", du "caractère incurable des maux dont elle est atteinte" et de son "refus de devoir supporter l'irréversible dégradation de son état". Ces raisons l'ont conduite à demander au TGI de Dijon d'"autoriser l'un de  ses médecins à lui prescrire le traitement nécessaire pour lui permettre de terminer sa vie dans le respect de sa dignité".
  
La garde des Sceaux Rachida Dati avait affirmé la semaine dernière que "la  médecine n'était pas là pour administrer des substances létales" alors qu'un vaste débat éthique voyait les responsables politiques faire preuve de la plus grande prudence sur ce sujet hautement sensible. Chantal Sébire a déjà annoncé le week-end dernier qu'elle ne ferait pas appel en cas de décision négative de la part du juge de Dijon. Elle s'est par ailleurs dit prête à aller en Suisse, où le suicide assisté est autorisé.

D'après agence

le 17 mars 2008 à 14:12
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9 Commentaires

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  • GUENOT claude, le 17/03/2008 à 17h04

    Impensable. Inhumain. On devrait avoir le droit de choisir sa mort, surtout si les proches sont au courant, pourquoi, faire souffrir toute une famille sans aucun espoir .??

  • Laurent, le 17/03/2008 à 17h02

    Cette décision de la justice me donne envie de vomir, cette malheureuse femme souffre et la laisser dans cette état est contraire aux droits de l'homme. Maintenant, la torture et la souffrance sont de rigueurs en France, quelle honte !

  • Mouraud, le 17/03/2008 à 16h55

    Qu'on laisse cette "pauvre" femme mourir comme elle le désire, ce sera la respecter.

  • Sandrine, le 17/03/2008 à 16h54

    Très déçue. Désolée pour vous Chantal, ce n'est hélas pas en France que l'on peut mourir dans la dignité. J'admire votre démarche et votre courage. Quant à ceux qui vous ont refusé cette aide... qu'ils sachent que la roue tourne... même pour eux...

  • Mark, le 17/03/2008 à 16h19

    Honte à la France. Elle ne peut même pas mourir dans la dignité.

  • Christophe, le 17/03/2008 à 16h03

    C'est horrible d'une certaine façon, mais il ne faut pas oublier que si les médecins avaient aidés à mourir toutes les "maladies incurables" la médecine n'en serait pas là ou elle est.

  • Gaetane, le 17/03/2008 à 15h46

    J'ai honte de cette décision. La France n'en sort pas grandit.

  • Giotto, le 17/03/2008 à 15h43

    ... condamnée à vivre !!! c'est mieux quand meme !

  • Lo, le 17/03/2008 à 15h32

    La justice "française" vient tout simplement de lui donner le droit de souffrir et d'assumer sa maladie ... C'est aussi cela les droits de l'homme

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