Michel Fourniret (image d'archive) © TF1-LCIUn tueur en série sévit-il en Belgique depuis 20 ans ?
Un enseignant de 38 ans, arrêté début janvier pour l'assassinat d'un jeune couple en janvier, aurait commencé à faire d'autres aveux.
Publié le 12/01/2010
Il y a ceux qui le connaissent pour l'avoir pratiqué tout au long de quatre ans d'enquête et d'instruction. Et les autres qui le decouvrent ici. Tous sans doute avant que ne débute cette audience se sont demandés comment envisager le cas Fourniret. Première méthode : l'offensive. Celle de l'avocat général. Francis Nachbar, procureur de la République à Charleville-Mézières, a déjà interrogé à maintes reprises celui qui est aujourd'hui accusé. Et il a choisi l'attaque.
Dès le deuxième jour du procès. Michel Fourniret refuse de sortir de sa cellule, il est extrait de force. Le représentant de l'accusation estime devoir mettre les choses au point : "Fourniret, un peu de décence à l'égard des victimes. Arrétez une fois pour toute vos grossièretés, vos pitreries grotesques". Nouvelle salve lundi. Michel Fourniret a décidé de revoir les modalités de ce qu'il appelle son boycott du procès : présence consentie mais passive. Pour espérer plus, il faut lui accorder le huis-clos tant désiré, explique t-il.
"Je répondrai à huit-clos"
L'avocat général fait mine de n'avoir rien entendu. Et entame un interrogatoire sur les conditions de l'enlèvement de la jeune Marie qui vient de témoigner :
Francis Nachbar: "Vous avez contesté avoir serré fortement ses liens en expliquant même que c'était une tentative de sabordage de votre part"... Les photos, les constatations sur la jeune fille montrent qu'elle avait bien les poignets meurtris.
Michel Fourniret : "Je vous répondrai à huis-clos"
Francis Nachbar : "Vous avez déclaré, le cas Marie ne me préoccupe pas vraiment parce que je pense qu'elle ne restera pas vraiment marquée. Vous avez toujours le sentiment que les victimes ne sont pas traumatisées ?"
Michel Fourniret : "J'aurais beaucoup à dire si aujourd'hui était décrété le huis-clos".
Les questions s'enchaînent, les réponses demeurent, comme une litanie.
"Avez-vous bien réfléchi ?"
Le président de la cour d'assises maintenant. Autre tactique. "Michel Fourniret, il ne faut pas le braquer, il faut le laisser parler même si dans certains dossiers il est resté bloqué très longtemps", expliquait à la cour le juge d'instruction belge chargé de l'enlèvement de Marie.
Le président retrouve donc l'accusé après lui avoir laissé un week-end pour changer d'avis : "Avez-vous bien réfléchi ? Etre là c'est une chose, il faut aller au bout du processus. Il faut essayer de modifier votre mode de fonctionnement". Surtout donner l'illusion de comprendre, d'entendre, d'être ouvert.
Peine perdue, le mur Fourniret ne se fissure pas : "La reflexion que j'ai menée m'a conduit à confirmer ma position. Je suis loin d'être sourd à la porte-parole des familles qui m'a interpellé" (vendredi, la soeur de Fabienne Leroy la deuxième victime du couple, avait au nom des parties civiles fait savoir qu'elles voulaient une audience publique). "Je comprends". Les familles doivent avoir envie de se boucher les oreilles. "Je me suis mis dans leur peau, dans leurs têtes. je brûle d'envie de commenter mais je ne le peux pas".
"Pouvoir n'est pas vouloir"
"Vous pouvez essayer", avance le président. "Pouvoir n'est pas vouloir" répond Michel Fourniret. "Donc vous ne pouvez pas ou plutôt vous ne voulez pas". Le président abandonne mais ne cède pas sur le chantage au huis-clos. Seule réponse valable finalement.
Marie, la jeune victime, l'a bien compris. Elle témoigne finalement publiquement, à visage découvert, sourire aux lèvres quand elle regarde Fourniret, le fixe longtemps. Pas de culpabilité chez la jeune fille. Si Fourniret ne veut pas parler, tant pis, ce n'est pas elle de lui faire le cadeau des portes fermées au public et à la presse. Ni à elle, ni à aucune autre partie civile. Elles ont décidé de ne rien donner à Fourniret. Elles ne seront plus jamais ses victimes.
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