Image d'archives © France 3 Cinq supporters du PSG, accusés d'avoir déployé une banderole injurieuse en mars 2008 au Stade de France, vont être jugés jeudi et vendredi par le tribunal correctionnel de Bobigny.
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L'affaire de la banderole est désormais sur le terrain judiciaire. Une enquête préliminaire pour "provocation à la haine ou à la violence" a été ouverte pour retrouver les auteurs et porteurs de la banderole stigmatisant les habitants du Nord, samedi en finale de la Coupe de la Ligue Paris SG-Lens. L'enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne. "Des morceaux" de la banderole "ont été retrouvés" et "confiés à la police technique et scientifique", a déclaré le porte-parole du ministère de l'Intérieur. "Nous savons que la banderole a été divisée en plusieurs morceaux et certainement dissimulée sous les vêtements des supporteurs", a-t-il poursuivi. "Cette astuce va peut-être se retourner contre eux et amener à leur identification et leur arrestation."
Depuis 48 heures, le déploiement de cette banderole où était écrit "Pédophiles, chômeurs, consanguins: bienvenue chez les Ch'tis", en référence au film de Dany Boon, provoque l'indignation. L'auteur du film lui-même a réagi lundi : "Je suis révolté", a-t-il déclaré au Parisien. "C'est honteux, c'est lamentable. J'espère que les gens qui ont fait cette banderole vont être punis, poursuivis et condamnés".
"Fait isolé" pour les supporters de Boulogne
Par ailleurs, le MRAP a exprimé dimanche "son dégoût et sa colère devant la provocation perpétrée par des supporters du Paris Saint-Germain qui ont déployé une banderole au message xénophobe, méprisant et insultant". Le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples estime qu'il y a "une urgence absolue et immédiate à nettoyer le sport de la haine, de l'intolérance, de la violence et du racisme, ce qui exige, au delà des discours, de casser les logiques d'impunité relatives à l'absence de sanctions effectives à la hauteur des forfaits proférés". Elargissant le débat et stigmatisant le sentiment d'impunité de certains supporters, le président de SOS Racisme s'est lui demandé lundi matin sur LCI "pourquoi ces gens se sentent à leur place dans les stades pour déployer ce type de banderole".
A la mi-journée lundi, Nicolas Sarkozy a dénoncé un "comportement inadmissible" des supporteurs parisiens qui ont déployé une banderole "haineuse". Il recevra mardi le maire de Lens et des dirigeants du club lensois pour évoquer l'affaire. Les instances du football, la mairie de Lens et le club de Lens ont porté plainte après la rencontre. Dimanche, le président du Paris Saint-Germain a présenté ses "excuses officielles" aux Lensois. "Cela me gâche réellement beaucoup mon plaisir", a-t-il souligné. Le secrétaire d'Etat aux Sports Bernard Laporte a lui condamné "les agissements inadmissibles de quelques supporteurs". Le maire de Paris Bertrand Delanoë a pour sa part estimé le déploiement de cette banderole était "une honte".
Les supporteurs du PSG de la tribune Boulogne, frange la plus sulfureuse du club parisien, ont également condamné la banderole injurieuse, se désolidarisant d'un "fait isolé", selon eux. Mais pour le porte-parole de la tribune Boulogne, ce type de banderole est déployé tous les week-ends dans les stades de l'hexagone. "Le PSG n'est pas le vilain petit canard", a déclaré Philippe Pereira sur LCI. "En tout, ils devaient être moins de dix à avoir déployé cette banderole", a-t-il ajouté.
"Dehors", les "Odieux du stade" |
Les éditorialistes de la presse française réclament lundi la plus grande fermeté à l'encontre des supporters qui ont déployé la banderole. "Revoilà donc le football impuissant devant ses démons. Car la mise en scène de ce nouveau scandale ruine une fois de plus toutes les belles promesses", se désole Christian Frichet dans L'Est républicain. "Cette manifestation imbécile du tribalisme prolongeant les insultes racistes entendues à Bastia puis Metz se retournera on l'espère contre leurs auteurs. Ces odieux du stade", écrit quant à lui Denis Daumin dans La Nouvelle République. L'Equipe, qui condamne aussi la teneur de la banderole, déplore cependant que l'événement contribue au "rejet récurrent par la société du PSG dans son ensemble" et à "l'ignorance ou presque du succès obtenu par ses footballeurs." |
D'après agence
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