Michel Fourniret connaît ses classiques

Par Sur place, Hélène LECOMTE, le 28 mars 2008 à 23h03 , mis à jour le 28 mars 2008 à 23h17

Lundi, la cour d'assises se plonge dans l'examen individuel de l'histoire de chaque victime de Michel Fourniret. Il devrait être présent, et comme la jeune fille a demandé le huis-clos, s'exprimer également l'occasion de cette audience. Une nouvelle occasion sans doute de tester ses talents de metteur en scène apparemment pas totalement sortis de sa seule imagination.

Michel FourniretMichel Fourniret (image d'archive) © TF1-LCI

fourniret pictoIl aime à se décrire et être envisagé comme fin lettré, féru de littérature, se piquant même de réprendre certains passages du "Grand Meaulnes" pêchant à ses yeux par la syntaxe, la grammaire, le style. Il semblerait aussi qu'en matière de mise en scène, Michel Fourniret ait son lot de références. Dans le liste des élus, ne cherchez pas de grands cinéastes, son scénario à lui, il le rédige pour les assises et sa postérité. Ses maîtres, il va donc les chercher dans un autre registre. L'histoire criminelle.

Ainsi, la scène jouée mercredi à l'ouverture de son procès : l'écriteau placardé sur la vitre du box, les mots tracés en grosses lettres "SANS HUIS CLOS, BOUCHE COUSUE" ... du pur Fourniret bien sûr... Pas exactement, répond la juriste Corinne Hermann, qui a notamment beaucoup oeuvré pour le dénouement de l'affaire des disparues de l'Yonne, sauf qu'il faut avoir la mémoire longue... C'était il y a presque deux siècles, explique-t-elle : une autre cour d'assises, un autre accusé mais déjà la même idée, une affichette confectionnée en détention et présentée à la cour pour tout mode d'expression. Celui là y expliquait qu'il était fou et qu'il fallait le laisser sortir.

Fourniret emmené de force au tribunal

La scène de l'extraction de force maintenant. Vendredi matin, Michel Fourniret comme prévu après une première journée de présence n'est pas disposé à quitter sa cellule. La force publique est requise pour le contraindre à se présenter devant la cour d'assises. Se serait alors déroulée la scène suivante : il fait mine de tomber, prenant soin de ne pas se blesser.

Cette fois, Corinne Hermann pense à l'adjudant Chanal. Renvoyé devant une cour d'assises dans l'affaire des disparus de Mourmelon et qui ne comparaîtra jamais, il se suicide dans la nuit qui précède l'ouverture de son procès. Mais là n'était pas le propos. Pierre Chanal avait pris l'habitude en interrogatoire de se tétaniser face à ses interlocuteurs pour ne pas avoir à répondre.

Les pistes brouillées

Dans son mode opératoire, Michel Fourniret n'a pas particulièrement pris de modèle tristement illustre. Mais il a su brouiller les pistes. Quand il enlève Isabelle Laville par exemple. La première victime commune du couple installé alors à Saint-Cyr-les-Colons. L'adolescente est enlevée à Auxerre. L'Yonne, le terrain de chasse d'Emile Louis. Il sera d'ailleurs soupçonné dans ce dossier.

Deuxième crime maintenant. Fabienne Leroy. Elle est exécutée sur un chemin militaire à ... Mourmelon... L'ombre de Chanal encore... Et puis Michel Fourniret est désormais mis en examen dans le dossier Marie-Angèle Domèce. C'est sa femme qui l'accuse, il nie ces faits... Elle aussi disparaît à Auxerre. La jeune femme souffrait d'un léger retard mental. Emile Louis lui aussi choississait ses proies parmi les jeune filles handicapées qu'il transportait dans son bus.

Par Sur place, Hélène LECOMTE le 28 mars 2008 à 23:03
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