© AFP/ALAIN JOCARDLa juge d'instruction chargée de l'affaire des "bébés congelés" a renvoyé devant la cour d'assises Véronique Courjault, mise en examen pour "assassinats", et ordonné un non-lieu pour son mari Jean-Louis, qui était mis en examen pour "complicité d'assassinat" a annoncé mercredi l'avocat du mari à Tours. La juge a donc suivi le réquisitoire du parquet.
Véronique Courjault est écrouée depuis octobre 2006 pour avoir tué trois de ses enfants à leur naissance. L'affaire a commencé quelques mois plus tôt à Séoul, en Corée du sud, où le couple résidait, quand Jean-Louis Courjault a découvert deux corps de nouveaux-nés dans le congélateur de son domicile. Véronique Courjault, 38 ans, qui avait d'abord soutenu publiquement la thèse d'une machination, a finalement avoué à la police française, après des tests ADN établissant la filiation des enfants morts, avoir étranglé à leur naissance trois enfants au total, mis au monde clandestinement, un en France en 1999 et deux en Corée en 2002 et 2003.
"Déni de grossesse"
Jean-Louis Courjault a toujours déclaré avoir tout ignoré des grossesses de sa femme. L'avocate de son épouse a contesté le traitement carcéral réservé à sa cliente, dont le crime relève selon elle davantage de la psychiatrie que du droit pénal. Les psychologues estiment en effet que la détenue, qui risque la perpétuité aux assises, a été victime d'un phénomène psychologique appelé "déni de grossesse", relativement courant, par lequel la mère refuse l'idée d'être enceinte, au point de cacher son état à son entourage. Le meurtre des nouveau-nés est une issue possible de ce syndrome et il est fréquent que le père ne soit informé de rien, selon des psychologues.
Deux autres affaires du même type ont été mises au jour en France depuis le dossier Courjault. En août dernier, la police a découvert à Albertville (Savoie), au domicile de leur mère, les corps de trois nouveau-nés qui ont péri peu après une naissance clandestine et avaient aussi été conservés. Son mari, qui avait alerté la police, n'a pas été initialement poursuivi. Le 18 octobre, une femme a été écrouée après la découverte dans la cave de son immeuble, à Valognes (Manche), des cadavres de six nouveau-nés qu'elle a admis avoir tués à leur naissance. Dans ce dossier aussi, le père dit avoir tout ignoré.
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