Le "parchemin" de Fourniret

Par Sur place, Hélène LECOMTE, le 27 mars 2008 à 22h25 , mis à jour le 28 mars 2008 à 10h51

Dossier : Fourniret, tueur en série

L'envoyée spéciale de LCI a pu se procurer le document que Michel Fourniret a transmis jeudi à la cour pour justifier sa volonté de garder le silence.

FourniretPage du document que Michel Fourniret a fourni à la cour le 27 mars 2008 pour justifier sa volonter de rester silencieux © TF1-LCI

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La cour d'assises poursuit ce matin la difficile lecture de l'acte d'accusation. Moments pénibles pour les familles, mais obligatoire dans tout procès d'assises. Hier Michel Fourniret a assuré le spectacle dans les premières heures de l'audience. A peine quelques mots mais une mise en scène toute entière dédiée à sa personne.

S'il avait eu à le qualifier, le président de la cour d'assises aurait sans doute parlé d'un objet d'audience non indentifié. Glissé par Michel Fourniret à l'un de ces avocats, voilà que passe du box à la cour un épais rouleau de papier blanc minutieusement agencé et étreint d'un ruban couleur orangé. Fabrication Michel Fourniret.

Du pur Fourniret  

Exigence, que le contenu soit lu à l'audience par le président aux familles. Finalement, le texte est transmis aux parties (les avocats, les avocats généraux). Mais comme tout le monde, nous avons chercher à nous le procurer et comme quelques uns seulement nous sommes parvenus à obtenir copie de l'intégralité de ce document. Nous l'avons désormais en notre possession. 7 double pages de la main même de Michel Fourniret. Une écriture serrée. Un préambule, une introduction, des chapitres, grand un,grand deux, petit un, petit, trois, des annotations dans la marge, de nombreuses et interminables phrases verbeuses, pompeuses, alambiquées. Bref du pur Fourniret.

Intarissable

Y sont fustigés au passage le public et implicitement la presse que l'accusé méprise. "La présence d'une assistance composée de X fois plus de curieux et de désoeuvrés de toute qualité que les personnes concernées musèle inévitablement le coupable que je suis, c'est à dire un être mauvais et dénué de tout sentiment humain". Il reprend un peu plus bas la formule célèbre depuis ces premières minutes d'audience, déjà écrite sur une feuille collée sur la vitre du box: sans huis-clos, bouche cousue. La plume elle est intarissable. "Ce n'est pas aux gloussements d'un public avide de cinoche que je me dois". Ou encore " Oh! Nous savons fort bien, les uns et les autres: "qui n'entend qu'un son n'entend qu'une cloche" et que notre silence en public (...) fera la part belle à la petitesse des témoignages de personnes trop asservies à ce qu'une opportunité procure à leur destin pour s'en tenir aux faits". Voilà pour le style, chacun appréciera la tentation littéraire.

Il dédouane Monique Olivier mais s'en moque

Mais Michel Fourniret n'oublie pas son épouse. Il va même sans doute bien au delà de ses espérances. Totalement dédouanée Monique Olivier mais la mansuétude du mari a un prix: copieusement moquée, ridiculisée, réduite à moins que rien : "Non seulement MO (Monique Olivier ndlr) ne fut pour moi qu'un objet que mon absence de scrupules manipula constamment par un jeu pervers consistant à dire à une pauvre paumée romanesque ce qu'elle avait soif d'entendre", "c'est forcément dans les filets odieux d'un manipulateur qu'elle est tombée!" Monique Olivier justement qui cristalise tant la colère de certaines familles et que les parents des victimes ont presque oubliée hier. Ecoeurés par l'attitude du bourreau, révulsée par sa mise en scène, un film écrit, réalisé et joué par Michel Fourniret seul acteur digne à ses yeux de ce procès. Des familles tellement bouleversées aussi par la pénible lecture des 111 pages de l'acte d'accusation.

Les médias étrangers venus en masse

Quelques parents voulaient venir nous parler à la faveur d'une supsension d'audience. Ils se sont finalement réfugiés dans les salles réservées à leur prise en charge, effondrés. Et c'était peut-être mieux ainsi. Autant leur épargner le spectacle d'une horde de journalistes incapables de se mettre d'accord pour n'envoyer à leur rencontre qu'une petite poignée de caméras, de micros et de stylos. La presse française n'est pas à blâmer, nous nous étions entendus, deux caméras, une radio, un ou deux confrères de la presse écrite. Les représentants des médias étrangers ont eu semble t-il plus de mal à comprendre que leur avidité confinait à l'impudeur. Et il a fallu parlementer de longues minutes pour enfin établir une liste restreinte de ceux qui réaliseront ces interviews. Charge ensuite de les distribuer à tous les autres. Dommage pour tout le monde, elles auraient pu figurer dans nos journaux dès hier soir.

Fourniret "amené de force" à son procès

L'avocat général Francis Nachbar  a déclaré vendredi que Michel Fourniret serait "amené de force" chaque jour à son procès devant la cour d'assises des Ardennes, alors qu'il a fallu recourir à  la contrainte pour qu'il soit présent vendredi au deuxième jour d'audience.

 

Par Sur place, Hélène LECOMTE le 27 mars 2008 à 22:25
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2 Commentaires

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  • PELTIER, le 28/03/2008 à 00h10

    FOURNIRET, qui va se gausser d'être à la une de tous les médias, télés, radios, journaux, cela me donne la nausée. Et cette ordure qui se permet de faire des caprices .... Il ne mérite qu'une chose, se retrouver dans un trou à rats et y croupir jusqu'à la fin de ses jours. Aucune compassion, aucun sentiment humain, ce n'est qu'un prédateur qui fait encore des victimes, les parents de ces jeunes filles qu'il a abusées, et qui vont devoir garder la tête haute devant ce monstre.

  • Ana, le 27/03/2008 à 23h32

    On en fait une vedette c!est inadmissible!!on devrait le forcer a assister a son proces!!priere de me publier!!

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