© TF1-LCILa mésaventure aurait pu se terminer par une simple prune. Elle se solde par deux jours de garde à vue, de grosses émotions et un passage devant le tribunal. Dominique C. comparaît pour outrage et violence sur personne dépositaire de l'autorité publique. Tenue discrète, coupe courte, cette quinquagénaire au look très "madame tout le monde" arrive dans le box des prévenus avec un air de biche se demandant à quelle sauce elle va être mangée. Quand vient son tour, elle a les larmes aux yeux. "Vous allez vous retenir, lui dit avec un ton sévère le président du tribunal. Parce qu'au volant vous n'avez pas le même comportement."
Début février vers 17h50, Dominique C. est arrêtée dans le 10e arrondissement de Paris pour avoir grillé un feu rouge. C'est un PV à la clef. Dominique C. n'apprécie pas et va le signifier aux policiers. "D'après eux et des témoins, vous avez l'air passablement excitée, relate le président, vous traitez l'un d'entre eux de 'connard', vous dites 'je t'emmerde' et 'je plains votre mère de vous avoir enfanté". Le président énumère les insultes, le regard du public se tourne vers Dominique C. Elle ne sait plus où se mettre.
"Maintenant, on dit plutôt 'nique ta mère'"
"J'ai pas eu le sentiment d'être très excitée, dit-elle d'une petite voix. Et puis, j'ai pas employé tous ces termes là..." "Lesquels alors ?", la presse le président. "J'ai dit que je plaignais sa mère d'avoir un enfant comme lui." "Oui, comme vous précisez aux policiers lors de votre garde à vue qu'enfanter est un terme de catéchisme", relate, ironique, le magistrat. Nous retrouvons là votre sémantique... Maintenant, on dit plutôt 'nique ta mère'". La prévenue ne pipe mots.
Le magistrat poursuit sa lecture des faits. Verbalisée, Dominique C. se réinstalle dans sa Golfe, le policier lui demande de boucler sa ceinture et elle repart. "Rapidement ?", interroge d'une fausse question le président. "Non. Enfin, j'ai pas eu cette impression.", répond la femme. Selon les faits retranscrits lors de la garde à vue, elle repart en donnant un coup de volant. Un policier est déséquilibré par la manœuvre. Il s'agrippe à la portière de la voiture de Dominique. Il est traîné ainsi sur une quinzaine de mètres. Elle freine, il se détache. "Alors, elle a redémarré en trombe sans savoir si j'allais bien", témoignait le fonctionnaire.
Retrouvé trois jours après, dans le même bistrot, à la même table
Le président interrompt sa lecture des faits. "Vous dites quoi sur cette version", demande-t-il en levant la tête vers la prévenue. Dominique : "Je n'ai pas eu ce ressenti là". "On est pas sur du 'ressenti-là', s'énerve le magistrat. On est dans une voiture qui part en trombe!" Elle : "Je n'ai pas vu le policier accroché à ma portière. Moi, je l'ai vu dans mon rétroviseur courir derrière moi. J'aurais du m'arrêter mais j'ai eu peur..." "Les policiers ne font que leur travail", tonne le ministère public. On peut contester une contravention mais il n'y a pas lieu de le faire de cette façon, ce n'est pas une raison pour partir avec un policier accroché à sa portière!"
Très en verve, l'avocate de Dominique prend le relais. A propos de l'outrage, elle relève que les versions diffèrent totalement entre les policiers sur les mots employés par sa cliente. Elle constate aussi que parmi les témoins cités, l'un est retrouvé trois jours après les faits à la même table de bar. Enfin, elle relève que trouver une prise sur une portière ne doit pas être des plus évidents... "Ma cliente a eu peur", insiste la défenseure. Et puis, c'est vrai qu'elle n'est pas très bien en ce moment. Son père est dans le coma, son oncle vient de décéder." Ç'en est trop. Dominique craque, sanglote, renifle. Et puis, finalement calmée, elle dit regretter ce qu'il s'est passé. "Je suis quelqu'un qui s'assume, qui travaille, qui a des amis, qui vit quoi". Quelqu'un qui écope de 300 euros d'amende.
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