Abdeslam Ouaddou, le 16 février 2007
"C'est une plaisanterie !" Le défenseur de Valenciennes Abdeslam Ouaddou a estimé que la Commission de discipline de la Ligue de football professionnel n'avait "pas envie de se pencher" sur la lutte contre le racisme après la sanction que cette dernière a infligé au FC Metz. Pourtant, la commission de discipline a frappé fort jeudi en sanctionnant le FC Metz d'un retrait de point et d'un match à huis clos après les insultes racistes proférées par un supporter messin à l'encontre du joueur de Valenciennes Abdeslam Ouaddou.
Le signal envoyé par la commission de discipline est à la hauteur de l'émotion qui avait touché les responsables du sport et du football français et de la vaque d'indignation qui avait suivi l'incident survenu le 16 février au stade Saint-Symphorien. Pris à partie par un spectateur messin, le Marocain Abdeslam Ouaddou s'était rendu dans la tribune pour s'expliquer avec lui avant de regagner les vestiaires à la mi-temps du match. Sur le plan pénal, le parquet de Metz a déjà requis trois mois de prison avec sursis, mise à l'épreuve, et trois ans d'interdiction de stade à l'encontre du supporteur lorrain, le délibéré devant être rendu le 8 avril.
Razurel "surpris par la lourdeur de la sanction"
"Ce n'est pas la première fois" qu'il y a des insultes racistes, a expliqué le défenseur. Lui aurait préféré que la commission de discipline fasse rejouer le match, même si le règlement ne prévoit pas une telle sanction. Ou alors il "aurait fallu trouver d'autres solutions". "Ca sert à quoi un point de moins au FC Metz qui est déjà condamné", s'est interrogé le joueur. Le FC Metz, dernier du championnat de L1, a encore la possibilité de faire appel de cette décision devant la commission supérieure d'appel de la Fédération française de football.
Le directeur général délégué du FC Metz, Patrick Razurel, a de son côté qualifié de "décision inique" la sanction de la commission de discipline. "C'est une déni de justice, une mauvaise justice rendue par la Commission de discipline", a-t-il déclaré, se disant dans un communiqué "surpris par la lourdeur de la sanction" et indiquant qu'il allait consulter ses avocats afin "de trouver la meilleure façon de réagir à cette décision et d'utiliser tous les recours juridiques" à disposition.
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La sanction décidée par la commission de discipline épouse celle qu'elle avait prise lors d'une affaire similaire qui avait touché le joueur burkinabé de Libourne-Saint-Seurin, Kébé, victime d'insultes racistes de supporteurs de Bastia, le 14 septembre en Gironde. Elle avait décidé de retirer un point au club corse.
Sans doute la commission, indépendante de la LFP, a-t-elle également entendu les recommandations à peine voilées du président de la LFP, Frédéric Thiriez, qui n'avait pas hésité à faire appel de la sanction de match à huis clos infligé à Bastia dans la deuxième affaire Kébé, celle de la banderole qui avait accueilli le joueur, le 22 février à Bastia ("Kébé, on n'est pas racistes. La preuve, on t'enc..."). Le directeur général de la LFP, Jean-Pierre Hugues, avait dénoncé le soir même de l'incident le caractère "raciste, homophobe" de ces calicots, alors que la commission de discipline n'avait retenu que leur caractère injurieux. Cette vision divergente allait à l'encontre de la volonté de la Ligue d'"une extrême fermeté dans la répression" demandée par son président Frédéric Thiriez.
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