Agresseurs de CRS : peines divisées par deux en appel

le 04 avril 2008 à 15h45 , mis à jour le 04 avril 2008 à 15h49

Les deux auteurs de l'agression de deux CRS dans la cité des Tarterêts, en Essonne, en 2006, ont vu vendredi leurs peines réduites à 4 et 3 ans de prison.

TF1-LCIOnze personnes ont été interpellées aux Tarterêts lundi matin 25 septembre 2006 © TF1-LCI

Les deux jeunes de 24 ans et 19 ans auteurs de l'agression de deux CRS dans la cité des Tarterêts, à Corbeil-Essonnes, en 2006, ont vu vendredi leurs peines divisées par deux par la cour d'appel de Paris à quatre ans et trois ans de prison. Le parquet général avait demandé le maintien de leur condamnation respective à huit et six ans d'emprisonnement, le 1er octobre 2007, par le tribunal correctionnel d'Evry, pour "violences volontaires sur une personne dépositaire de l'autorité publique". "Je suis très satisfaite, le tribunal d'Evry avait été particulièrement sévère", a estimé à l'issue de l'audience l'avocate de l'un des condamnés.
 
Le 19 septembre 2006 au soir, un capitaine et un sous-brigadier supervisaient les effectifs des CRS sur le terrain lorsque leur voiture avait été la cible de jets de projectiles. Le capitaine était descendu pour constater les dégâts et avait demandé au sous-brigadier de faire demi-tour mais leur voiture avait calé. Les deux CRS avaient alors été passés à tabac par une vingtaine de personnes. Le capitaine avait failli perdre un oeil, son collègue souffre d'une perte d'audition.
 
Inédit : l'audition d'un témoin sous X
 
L'avocate générale avait dénoncé dans son réquisitoire "une action de violence gravissime" ainsi que le climat "de peur" entourant ce dossier, en référence aux témoins mettant en cause les deux prévenus avant de se rétracter. La procédure, devant le juge d'instruction puis à l'audience de première instance, avait été marquée par le recours à un élément inédit : l'audition d'un témoin sous X.
 
Ce témoin anonyme, qui a assisté à la scène de violence, a affirmé que les deux prévenus étaient sur les lieux. Ceux-ci ont nié être présents mais la représentante du parquet général avait estimé que leurs déclarations étaient "dénuées de crédibilité" et que leur peine devait "avoir une valeur d'exemple pour cette attaque délibérée de représentants de la force publique". Les avocats de la défense avaient en revanche mis l'accent sur les mises en cause "peu crédibles" et "dépourvues de réalité" du témoignage sous X.

le 04 avril 2008 à 15:45
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