L'armée française a récupéré 10% de la rançon

Par D.H. (avec agence), le 17 avril 2008 à 14h09 , mis à jour le 17 avril 2008 à 14h35

200.000 dollars ont été trouvés sur les 6 pirates somaliens capturés et dans leur voiture vendredi dernier, juste après la libération des otages.

Le "Ponant", voilier de luxe dont des pirates somaliens avaient pris le contrôle (15 avril 2008)Le "Ponant", voilier de luxe dont des pirates somaliens avaient pris le contrôle (15 avril 2008) © TF1/LCI

L'état-major de l'armée avait raconté, quelques heures après la libération des 30 otages du Ponant et la capture des 6 pirates vendredi dernier, qu'"en récupérant les pirates, nous avons aussi récupéré quelques sacs intéressants (soit) une partie de la rançon". On avait un temps pensé qu'il y avait la moitié des 2 millions de dollars versée par l'armateur du Ponant. Dans ces "petits sacs", il y avait en fait 200.000 dollars, selon une source judiciaire. Soit 10% de la rançon totale. Sur ces 200.000 dollars, 16.000 dollars ont été retrouvés sur les Somaliens, le reste de l'argent se trouvant dans le 4X4 intercepté par des commandos marine.

Le versement de la rançon s'était effectué lors d'une rencontre en mer : un petit bateau avec à son bord trois des pirates était allé à la rencontre d'un autre petit bateau dans lequel avaient pris place deux membres du GIGN et un commando marine. Ensuite, les membres de l'équipage avaient été acheminés vers un navire français, le Jean Bart, le capitaine du voilier restant à bord du Ponant jusqu'au dernier moment. Une fois les otages récupérés, une opération avait été lancée par des commandos marine pour appréhender sur terre les pirates qui avaient alors quitté le voilier. Un tireur d'élite a immobilisé un véhicule des preneurs d'otages en tirant dans le moteur, avant que six d'entre eux puissent être interpellés.
 
Les six pirates avouent
 
Par ailleurs, le parquet de Paris a affirmé jeudi que la "mise à disposition de la justice" française des six pirates, auteurs présumés de la prise d'otages du Ponant, "n'est pas entachée d'irrégularité", précisant que l'armée française avait reçu "verbalement" l'autorisation des autorités somaliennes pour intervenir. Au terme de leur garde à vue qui expire dimanche, les six hommes, interrogés via des interprètes somaliens, seront présentés à un juge d'instruction en vue de leur mise en examen. Cette procédure est une "première" judiciaire en France concernant la piraterie. La question de la récupération à l'étranger de personnes poursuivies par la justice française avait déjà été soulevée à plusieurs reprises dans le passé sans entacher les poursuites d'irrégularités, a souligné le parquet.

D'ailleurs, la procédure se poursuit en France : les six Somaliens arrêtés et transférés à Paris ont reconnu les faits et se disent membres d'une "milice de mer" organisée, avec des règles écrites, a déclaré jeudi une source judiciaire. Selon leurs premières déclarations aux gendarmes, deux de ces personnes ont participé à l'abordage du Ponant en haute mer le 4 avril, trois autres auraient participé à la surveillance armée des otages. Le dernier semble avoir été le chauffeur de la voiture où ont été arrêtés les six hommes. 

Ils racontent
 
Agés de 25 à 40 ans, ils sont amaigris et déroutés, mais sont coopératifs, selon cette source judiciaire. Ils ont pu informer leurs familles de leur sort par téléphone satellitaire et ont l'assistance d'avocats commis d'office. Ils disent appartenir à une "milice de mer" hébergée dans le village somalien de Garaad-Ade. Un document écrit, sorte de "manuel de bonne conduite", a été saisi par la gendarmerie à bord du Ponant. Le texte proscrit notamment les abus sexuels sur les otages et les mauvais traitements. "Cela montre que c'est une activité organisée", dit-on de source judiciaire française. De fait, les 30 otages n'ont pas été maltraités. Cette milice remet aux villageois une partie des rançons pour paiement du gîte et couvert et garde le reste, expliquent les suspects. En l'espèce, ils auraient versé 50 dollars à chaque villageois et gardé 11.000 à 20.000 dollars par pirate.
 
Le 4 avril, ont raconté les hommes, le groupe est parti en "chasse" en mer avec deux canots à moteur rapides, avec trois et six pirates à bord. Ils ont d'abord intercepté un navire de pêche yéménite, et à son bord sont allés plus au large. En vue du Ponant, ils ont réussi l'abordage après avoir tiré quelques coups de feu en l'air. Le voilier a été conduit au mouillage près de Garaad-Ade, où d'autres pirates sont montés à bord pour assurer la surveillance, pendant une semaine. Ils ont embarqué des chèvres et organisé des barbecues. Plusieurs incidents sont survenus, et les pirates ont même abattu à un certain moment un "sage" du village qui prétendait interférer dans la prise d'otages. Des mitrailleuses ont été embarquées pour dissuader les autres milices de venir.
 
La rançon remise, les six suspects arrêtés, c'est un groupe de plusieurs dizaines de personnes qui reste libre avec 90% de la rançon. "La possibilité de les identifier est relativement faible", a-t-on estimé de même source judiciaire française.

Par D.H. (avec agence) le 17 avril 2008 à 14:09
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1 Commentaires

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  • Godfroid, le 17/04/2008 à 17h08

    Pourquoi ne pas réclamer aux pirates le million 8 restant en échange des 6 membres de leur clan !!!

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