La cour se penche sur le calvaire d'Elisabeth Brichet

le 14 avril 2008 à 05h45 , mis à jour le 13 avril 2008 à 10h52

La cour d'assises des Ardennes, qui juge Michel Fourniret, examine ce lundi le rapt et le meurtre de cette adolescente belge de 12 ans.

Le père d'Elisabeth Brichet, une des victimes attribuées à Michel Fourniret, derrière une photographie de sa fille (juillet 2004)Le père d'Elisabeth Brichet, une des victimes attribuées à Michel Fourniret, derrière une photographie de sa fille (juillet 2004) © www.abacapress.com

Nouvelle semaine dans le procès Fourniret : ce lundi, la cour d'assises des Ardennes examine l'enlèvement et le meurtre, précédé d'une tentative de viol, de la seconde victime du tueur en série présumé, Elisabeth Brichet. Cette adolescente belge de 12 ans avait disparu près de Namur, en Belgique, alors qu'elle rentrait chez elle. Son corps avait été retrouvé en 2004 au château du Sautou, dans les Ardennes, ancienne propriété du couple Michel Fourniret - Monique Olivier.

Auparavant, pendant quatre jours, la cour a étudié les rôles respectifs de Michel Fourniret et de son épouse dans les meurtres de Fabienne Leroy, une étudiante de 20 ans, violée puis tuée par balle en 1988 dans la Marne, et de Jeanne-Marie Desramault, 21 ans, disparue en 1989 à Charleville-Mézières. Lors de l'examen des faits, l'ancien dessinateur industriel, âgé de 66 ans, a continué de réclamer le huis clos en échange de sa participation aux débats, se contentant d'un laconique "Je reconnais les faits" en début d'audience. Dès l'ouverture du procès le 27 mars, il avait brandi un écriteau : "Sans huis clos, bouche cousue". Il a néanmoins rompu son mutisme à plusieurs reprises, devant les tentatives des avocats des parties civiles qui se sont relayés pour l'interroger, allant jusqu'à s'emporter en pleine salle d'audience, mais sans apporter d'éléments décisifs.

Monique Olivier, une "pauvre paumée" pour Fourniret

L'accusé passe ainsi l'essentiel des audiences yeux clos, immobile, impassible. A l'opposé, Monique Olivier, bredouillante, pleurnichante, s'exprime par bribes de phrases, avoue sa participation mais assure souvent ne pas se souvenir des détails. "Un jour, il va falloir tomber le masque", lui a lancé un avocat. Les familles expriment leur désarroi face à ce couple. "Vous êtes une mère, mais pas une maman", a ainsi lancé la mère d'Isabelle Laville à Monique Olivier. "Vous êtes un homme, petit, petit, petit", a-t-elle dit à l'accusé.

"Comme Michel Fourniret ne parle pas, on charge Monique Olivier", estime un de ses avocats, Me Richard Delgenes, qui conteste l'accusation de meurtre contre sa cliente. Dans le box des accusés, les deux époux ne s'adressent plus un regard et se comportent en étrangers.  "Lorsque Michel Fourniret demande quelque chose, on ne peut pas refuser", se défausse Monique Olivier lorsqu'on l'interroge. Elle dit avoir agi "par peur", "comme un automate". Ce que confirme, méprisant, Michel Fourniret : "Je continue à considérer Monique Olivier comme une pauvre paumée, une souris effarouchée d'un rien mais prête à tout pour se distinguer de la masse. Elle n'a pas un fond de méchanceté en elle".

Après avoir achevé l'examen des sept meurtres en cause, la cour d'assises doit consacrer huit audiences en mai aux personnalités des deux accusés, clef de cette affaire qui aura mis en lumière un parcours criminel sans équivalent dans l'histoire judiciaire française, mené de front pendant 15 ans avec une vie de famille d'apparence normale et l'éducation d'un enfant.

D'après agences

le 14 avril 2008 à 05:45
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