Elisabeth Brichet, tuée "pour qu'elle se taise"

Par A.Gu. (avec agences), le 15 avril 2008 à 15h19 , mis à jour le 15 avril 2008 à 15h54

Dossier : Fourniret, tueur en série

Dans une vidéo, filmée en 2004 par la police belge et diffusée mardi matin devant la cour d'assises, Fourniret explique pourquoi il a tué l'adolescente.

Michel FourniretMichel Fourniret (image d'archive) © TF1-LCI

Depuis lundi, la cour d'assises des Ardennes examine le meurtre d'Elisabeth Brichet, une adolescente belge de 12 ans, disparue le 20 décembre 1989 près de Namur. Mardi matin, le jury a pu visionner des extraits d'une vidéo des aveux de l'accusé et de son épouse Monique Olivier, filmés par la police belge en 2004. Dans l'un de ces extraits le tueur en série présumé explique qu'il a tué Elisabeth Brichet "pour la faire taire".  "Ca va très vite (...) à partir du moment où la résistance se manifeste, je dois contrer cette résistance, la faire taire", explique-t-il. "La nécessité (de l'étranglement) apparaît pour faire taire les protestations, pour faire taire le regard", poursuit le suspect d'une voix calme.
 
Le corps d'Elisabeth avait été retrouvé enterré le 3 juillet 2004 lors de fouilles au château du Sautou (Ardennes), l'ancienne propriété du couple Fourniret. Son crâne était recouvert d'un sac plastique. A l'enquêteur qui l'interroge sur la raison de l'enfouissement, Michel Fourniret explique : "Le technicien que je suis tente de savoir où il en est. Là c'est le côté rationnel qui s'exprime".

Monique Olivier, "complice forcée" ?

Dans un autre extrait, l'accusé explique qu'il "n'aurait toléré aucune rébellion" de la part de son épouse. "Je lui ai fait comprendre que si elle prenait une initiative, sa vie et celle de Sélim (le fils du couple né en 1988, NDLR) était en danger" déclare-t-il. Michel Fourniret est également montré en train de pleurer. En des termes confus, s'essuyant les yeux, il fait référence à la Vierge Marie.
  
Auparavant, la cour a visionné trois extraits de cinq minutes, tirés d'une vidéo réalisée lors d'aveux de Monique Olivier recueillis par la police belge le 30 juin 2004. Sur cette vidéo, elle finit par avouer sa présence et celle de Sélim, alors âgé d'un an, dans la voiture lors de l'enlèvement de l'adolescente. D'une voix assurée, l'ancienne garde-malade reconnaît avoir été "complice, mais complice forcée" de son mari. "J'aurais dû avoir le courage d'aller le dénoncer (...) plutôt que de me taire", ajoute-t-elle. Les deux accusés sont restés impassibles pendant la diffusion de la vidéo.
  
En Belgique, la loi du 2 août 2002 permet de filmer les interrogatoires de suspects sur autorisation du juge d'instruction. Les extraits diffusés mardi  sont considérés comme élément du dossier et non pièce à conviction. Depuis l'ouverture du procès le 27 mars, Michel Fourniret, jugé pour sept  meurtres aggravés et Monique Olivier pour complicité, refuse de s'exprimer sur  les faits faute de huis clos.
 

Par A.Gu. (avec agences) le 15 avril 2008 à 15:19
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