Fourniret parlera-t-il ?

le 07 avril 2008 à 05h45 , mis à jour le 06 avril 2008 à 10h46

Le procès reprend ce lundi avec l'examen du meurtre de Fabienne Leroy, tuée en août 1988. Son père veut croire "qu'un jour (Fourniret) va être fatigué et qu'il parlera".

Michel FourniretMichel Fourniret (image d'archive) © TF1-LCI

"Sans huis clos, bouche cousue". Le 27 mars, à l'ouverture de son procès devant la cour d'assises des Ardennes, Michel Fourniret brandissait en plein tribunal cet écriteau en forme de défi. Depuis, il n'est sorti du silence que pour multiplier les déclarations provocatrices. Et les familles de ses victimes n'ont obtenu aucune des explications qu'elles attendent. "Je détiens peut-être une forme de réponse, mais vague, pas assez précise et cohérente pour vous la présenter", lançait-il ainsi jeudi dernier au président Gilles Latapie qui lui demandait les raisons qui le poussaient à se décrire dans certains de ces courriers comme un "monstre". Le procès doit reprendre ce lundi à 10 heures avec l'examen pour deux jours du meurtre de Fabienne Leroy, tuée d'une balle en pleine poitrine en août 1988 dans la Marne.

Jean-Pierre Leroy, père de Fabienne, veut croire "qu'un jour (Fourniret) va être fatigué et qu'il parlera". "Fatigué de ne plus être la vedette", ajoute la mère de la jeune fille. Mais pour l'heure, les époux Fourniret n'ont rien livré de leurs secrets. Si Michel Fourniret lui-même, accusé de sept meurtres aggravés de jeunes filles, tente toujours de monnayer sa participation aux débats contre un procès sans public ni journalistes, son épouse et présumée complice, Monique Olivier, répond effectivement aux questions, mais par bribes et de manière plus que vague. D'une voix plaintive, sans un regard pour les familles, l'ancienne garde-malade a tenté la semaine dernière de justifier sa complicité par sa soumission à son mari, avant d'esquisser des regrets. Invoquant des trous de mémoire, elle a systématiquement éludé les questions sur son implication. "J'ai agi comme un automate" a-t-elle lâché jeudi, sans convaincre, avant de menacer de faire "comme Michel Fourniret", si les avocats continuaient de mettre sa parole en doute.

"Deux murs avec des façades différentes"

Intervenant à l'audience, un policier belge les ayant interrogés en 2003 a comparé les époux à "deux murs avec des façades différentes". Seul l'avocat général, Francis Nachbar, est parvenu par deux fois à faire sortir Fourniret de son mutisme. Ainsi quand il lui a demandé s'il avait eu une "érection" alors qu'il avait évoqué à l'instruction une "sensation physique" au moment de transporter dans ses bras une de ses victimes. "Non, Monsieur, c'est grotesque de supposer une telle chose", a fini par lâcher l'accusé.

Pour le reste, il ne s'est pas davantage expliqué sur l'enlèvement, le viol et le meurtre d'Isabelle Laville, 17 ans, en 1987 près d'Auxerre, qu'il ne l'avait fait après l'audition publique de Marie, 17 ans aussi, qui avait réussi en 2003 près de Namur à s'échapper de la camionnette où elle était séquestrée, permettant son arrestation. Seule variante à sa position, il a proposé jeudi que ses réponses "par écrit" soient transmises aux familles. Les parties civiles lui ont opposé une fin de non-recevoir.

D'après agence 

le 07 avril 2008 à 05:45
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience