Fourniret prêt à donner des réponses "par écrit"

le 03 avril 2008 à 12h00 , mis à jour le 03 avril 2008 à 18h39

Le tueur en série présumé s'est dit prêt, jeudi, à répondre "par écrit" et "directement aux familles", à toutes les questions qu'elles se posent.

TF1/LCI : Michel Fourniret lors d'une reconstitutionMichel Fourniret lors d'une reconstitution © TF1/LCI
Le huis clos lui ayant été refusé, Michel Fourniret, jugé aux assises des Ardennes pour sept meurtres aggravés, tente chaque jour un nouveau stratagème pour tenter d'imposer son rythme. Jeudi matin, il a affirmé être prêt à répondre "par écrit" aux questions qui lui sont posées au cours des débats, afin que ses réponses soient transmises "directement aux familles". "Je me propose de répondre en différé aux questions que vous me posez", a ajouté Michel Fourniret.

Refus de la famille Laville  

"Vous vous moquez du monde Monsieur Fourniret!",
a réagi Me Didier Seban, un avocat des parties civiles qui l'interrogeait alors sur l'enlèvement, le viol et le meurtre d'Isabelle Laville en 1987, le premier des sept homicides reprochés. "Telle est mon attitude et je n'en changerai pas", a lancé Michel Fourniret. A la suspension de l'audience, Me Seban a dénoncé "une attitude de  protection" de l'accusé. "Il a peur de se tromper, de dire des choses qu'il n'a  jamais dites", a ajouté l'avocat devant des journalistes.

Dans l'après-midi, la famille d'Isabelle Laville a fait savoir par son  avocat qu'elle refusait la proposition. "Pour nous il n'est pas question d'avoir des petits mots qui ne passeraient  pas par le président (de la cour) et qui ne seraient pas connus, c'est-à-dire lus dans ce tribunal" a aussi déclaré Jean-Pierre Laville, le père d'Isabelle, à la sortie de l'audience.  Mercredi, M. Laville avait vivement interpellé l'accusé en l'exhortant d'avoir le "courage" de parler. Celui-ci n'avait accepté de répondre que pour réitérer son exigence de huis clos. 
Le micro de Fourniret coupé

Jeudi, il a encore multiplié les déclarations provocatrices pour justifier son mutisme. "Je détiens peut-être une forme de réponse, mais vague, pas assez précise et cohérente pour vous la présenter", a-t-il lancé au président Gilles Latapie qui lui demandait les raisons qui le poussaient à se décrire dans certains de ces courriers comme un "monstre".  Désemparé devant son obstination, M. Latapie a finalement rendu les armes :  "Eteignez le micro pour ne pas faire de dépenses inutiles".

  
Dès l'ouverture du procès le 27 mars, Michel Fourniret, jugé au côté de son  épouse et complice présumée Monique Olivier, avait brandi un écriteau "Sans huis  clos, bouche cousue" au président Gilles Latapie qui l'interrogeait sur son identité. Il n'a ensuite pas varié d'un iota en une semaine de procès, suivant les débats les yeux souvent mi-clos, calé sur son siège les bras croisés, prenant parfois des notes.

Interrogé lundi sur sa position concernant le rapt manqué en juin 2003 de Marie, une adolescente belge de 13 ans, il avait fait la vague promesse de  transmettre un document avec un dessin par le biais de ses avocats. Selon lui, seules les familles des victimes doivent pouvoir avoir accès à  ses explications. Il l'avait dit dès le 27 mars en transmettant au président un document manuscrit au style très confus où il se décrivait notamment comme "un être dénué de tout sentiment humain". Il souhaitait que sa prose soit lue aux  familles.

Photo de Fourniret : Paris-Match privé d'accréditation

Le parquet général de Reims a annoncé jeudi le retrait de l'accréditation de l'hebdomadaire Paris-Match pour couvrir le procès de Michel Fourniret à la suite de la publication d'une photo montrant le tueur en série présumé, assis les bras croisés dans le box des accusés. "Ce matin un hebdomadaire a publié une photographie de Michel Fourniret. Ce cliché a été réalisé dans une salle d'audience et au cours d'une audience, en violation de la loi et en dépit des instructions très claires faites à l'ouverture du procès par le président de la cour d'assises" des Ardennes, a précisé un communiqué du magistrat chargé des relations avec la presse Christophe Aubertin. "Ces agissements sont également incompatibles avec la confiance qui est accordée à la presse durant ce procès. Il a donc été décidé que l'accréditation délivrée à ce média serait retirée", a-t-il poursuivi.

le 03 avril 2008 à 12:00
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4 Commentaires

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  • Eden, le 03/04/2008 à 18h45

    Je suis consternée par le comportement de ce Fourniret, mais qui fait la loi ? lui ou la justice ? on lui demande encore son avis?.mais je rêve, il y a des personnes qui sont bien moins bien traitées pour des faits bien moins graves que cela? la presse ne fait que relater les faits, de toute façon la seule chose qui intéresse cet égocentrique c?est de gagner du temps pour que l?on parle de lui le plus longtemps possible? IL DOIT S?EXPLIQUER et arrêtez SVP de lui donner le choix par pitié, un peu de respect pour les familles. OUI la presse et les photographes doivent être là pour celer à tout jamais le visage de rat de cet odieux personnage.

  • Catherine, le 03/04/2008 à 14h57

    Pourquoi donner autant d'importance à un tel monstre. Son auto suffisance est ainsi satisfaite. Ignorons le, il en sera d'autant plus prolixe.....

  • M@rie, le 03/04/2008 à 14h23

    Et pourquoi par texto aussi?!! michel fourniret fait à sa sauce.. une pensée pour toutes ces familles

  • Eliot, le 03/04/2008 à 14h20

    La Honte, je ne trouve pas les mots pour exprimer mon dégout. Cette "chose" que vous appelez Fourniret peut s'estimer très heureuse d'être encore en vie après ce qu'elle à fait...

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