Michel Fourniret lors d'une reconstitution © TF1/LCIRefus de la famille Laville
"Vous vous moquez du monde Monsieur Fourniret!", a réagi Me Didier Seban, un avocat des parties civiles qui l'interrogeait alors sur l'enlèvement, le viol et le meurtre d'Isabelle Laville en 1987, le premier des sept homicides reprochés. "Telle est mon attitude et je n'en changerai pas", a lancé Michel Fourniret. A la suspension de l'audience, Me Seban a dénoncé "une attitude de protection" de l'accusé. "Il a peur de se tromper, de dire des choses qu'il n'a jamais dites", a ajouté l'avocat devant des journalistes.
Dans l'après-midi, la famille d'Isabelle Laville a fait savoir par son avocat qu'elle refusait la proposition. "Pour nous il n'est pas question d'avoir des petits mots qui ne passeraient pas par le président (de la cour) et qui ne seraient pas connus, c'est-à-dire lus dans ce tribunal" a aussi déclaré Jean-Pierre Laville, le père d'Isabelle, à la sortie de l'audience. Mercredi, M. Laville avait vivement interpellé l'accusé en l'exhortant d'avoir le "courage" de parler. Celui-ci n'avait accepté de répondre que pour réitérer son exigence de huis clos.
Jeudi, il a encore multiplié les déclarations provocatrices pour justifier son mutisme. "Je détiens peut-être une forme de réponse, mais vague, pas assez précise et cohérente pour vous la présenter", a-t-il lancé au président Gilles Latapie qui lui demandait les raisons qui le poussaient à se décrire dans certains de ces courriers comme un "monstre". Désemparé devant son obstination, M. Latapie a finalement rendu les armes : "Eteignez le micro pour ne pas faire de dépenses inutiles".
Dès l'ouverture du procès le 27 mars, Michel Fourniret, jugé au côté de son épouse et complice présumée Monique Olivier, avait brandi un écriteau "Sans huis clos, bouche cousue" au président Gilles Latapie qui l'interrogeait sur son identité. Il n'a ensuite pas varié d'un iota en une semaine de procès, suivant les débats les yeux souvent mi-clos, calé sur son siège les bras croisés, prenant parfois des notes.
Interrogé lundi sur sa position concernant le rapt manqué en juin 2003 de Marie, une adolescente belge de 13 ans, il avait fait la vague promesse de transmettre un document avec un dessin par le biais de ses avocats. Selon lui, seules les familles des victimes doivent pouvoir avoir accès à ses explications. Il l'avait dit dès le 27 mars en transmettant au président un document manuscrit au style très confus où il se décrivait notamment comme "un être dénué de tout sentiment humain". Il souhaitait que sa prose soit lue aux familles.
Photo de Fourniret : Paris-Match privé d'accréditation |
Le parquet général de Reims a annoncé jeudi le retrait de l'accréditation de l'hebdomadaire Paris-Match pour couvrir le procès de Michel Fourniret à la suite de la publication d'une photo montrant le tueur en série présumé, assis les bras croisés dans le box des accusés. "Ce matin un hebdomadaire a publié une photographie de Michel Fourniret. Ce cliché a été réalisé dans une salle d'audience et au cours d'une audience, en violation de la loi et en dépit des instructions très claires faites à l'ouverture du procès par le président de la cour d'assises" des Ardennes, a précisé un communiqué du magistrat chargé des relations avec la presse Christophe Aubertin. "Ces agissements sont également incompatibles avec la confiance qui est accordée à la presse durant ce procès. Il a donc été décidé que l'accréditation délivrée à ce média serait retirée", a-t-il poursuivi. |
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