Monique Olivier, l'épouse de Michel Fourniret, le premier jour du procès devant les assises des Ardennes © TF1/LCIMonique Olivier a craqué. L'ex-femme de Michel Fourniret, assise dans le box des accusés, a été secouée de sanglots pendant quelques minutes, jeudi après-midi, alors qu'un médecin légiste belge, qui avait procédé à l'autopsie du corps de Céline Saison, 18 ans, témoignait devant la cour d'assises des Ardennes. Auparavant, elle s'était entretenue avec Me Jean-Paul Delgenes, un de ses trois avocats commis d'office. "On a préparé le procès. C'était très difficile. C'est aussi difficile d'être jugé", a déclaré à la cour Me Richard Delgenes, un autre de ses avocats, pour expliquer l'état de sa cliente. "Monique Olivier participe autant que faire se peut. (...) Avec nous, elle craque. Il y a des jours, il faut que cela sorte. Aujourd'hui, elle a craqué", a-t-il ajouté. Monique Olivier a ensuite refusé de répondre à une question de Me Hervé Dupuis, l'avocat de la famille Saison. "Je refuse de répondre. Posez la question à Michel Fourniret", s'est-elle contentée de dire, des tremblements dans la voix.
Depuis mercredi, la cour examine l'enlèvement, le viol et le meurtre de Céline Saison, enlevée le 16 mai 2000 à Charleville-Mézières. Son corps avait été découvert le 22 juillet 2000 dans un bois en Belgique. Monique Olivier n'est pas poursuivie dans ce dossier. Depuis le début de l'examen des faits, les avocats de la partie civile ont néanmoins vivement interpellé l'épouse du tueur en série présumé sur son absence de réaction. Le soir du meurtre, son mari lui avait raconté les faits et montré le visage de sa victime sur des photos retrouvées dans le sac de la lycéenne.
Fourniret reconnaît finalement le viol
Michel Fourniret, qui garde le silence sur les faits depuis le début du procès faute de huis clos, avait simplement reconnu mercredi l'enlèvement et l'assassinat de la jeune fille. Il contestait l'accusation de viol. Mais jeudi, il est revenu sur ses déclarations. "Si je considère la question sous l'angle juridique, à ce moment-là je m'interdis toute nuance, et je dis oui, je reconnais cette inculpation" pour viol, a finalement déclaré l'accusé au président Gilles Latapie, qui s'était employé pendant plus de trente minutes à essayer de le faire parler.
Lors de ses aveux en 2004 en Belgique, rapporté mercredi à la barre par un enquêteur de la police judiciaire de Reims, Michel Fourniret avait admis avoir "pénétré" sa victime, mais ne pas l'avoir "déflorée". Avant cette déclaration jeudi de l'accusé, la cour a visionné un nouvel extrait des aveux filmés de Michel Fourniret devant les enquêteurs belges. Dans cet extrait d'une dizaine de minutes concernant le viol et le meurtre d'Elisabeth Brichet, une adolescente belge de 12 ans, et dans lequel il évoque également le viol de Céline Saison, l'accusé a expliqué la façon dont il arrivait à obtenir le "consentement" de ses victimes.
"Par mes paroles, par la fermeté, j'entends obtenir l'acceptation de la personne. Si elle réagit en se débattant, le processus se trouve enrayé. L'opposition se transforme en combat, et ce combat est hors du schéma initial", explique-t-il. "Je ne pourrais pas prendre quelqu'un de force, sans son assentiment, je ne le pourrais pas", ajoute-t-il. Il explique alors comment il avait exigé de Céline Saison qu'elle lui demande poliment de lui faire l'amour, avant de la menacer de la rendre aveugle avec de l'acide si elle refusait. "Il s'agit d'une contrainte plus efficace et plus efficiente que n'importe qu'elle action brutale (...) Il y a consentement de cette façon-là, sans recourrir à des coups", conclut Fourniret.
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