Monique Olivier, l'épouse de Michel Fourniret le premier jour du procès devant les assises des Ardennes © TF1/LCIMichel Fourniret, jugé devant la cour d'assises des Ardennes pour sept homicides aggravés, a persisté lundi dans son refus de répondre aux questions. "Il m'a semblé que l'exposé de ma position était très clair, je ne vois pas ce que des mots pourraient y apporter", a déclaré l'accusé, invité à s'exprimer sur le troisième des dix dossiers pour lesquels il est jugé, celui de l'enlèvement, du viol et du meurtre de Fabienne Leroy. La jeune fille, âgée de 20 ans, avait disparu à Châlons-en-Champagne le 3 août 1988. Son corps, avec une balle en pleine poitrine, avait été retrouvé le lendemain sur un terrain appartenant au camp militaire de Mourmelon-le-Grand.
En début d'audience, le principal accusé a seulement, et laconiquement, "reconnu les faits". Il a également déclaré : "On ne demande pas pardon pour l'impardonnable". Pour le reste, après un long dialogue avec le président de la cour, il a maintenu son refus de préciser les faits, en justifiant à nouveau sa position par les erreurs de l'ordonnance de mise en accusation qu'il a qualifiée de "torchon". Monique Olivier s'est, quant à elle, davantage livrée.
"Comment avez-vous pu faire ça vec un bébé dans le ventre ?"
"Je regrette ce qui s'est passé, j'ai honte", a-t-elle déclaré, bredouillante et tremblante dans sa veste grise. L'épouse de Fourniret est revenue sur le déroulement de l'enlèvement, admettant avoir tenu en joue avec un pistolet à grenailles Fabienne Leroy pour la faire descendre du véhicule. En revanche, elle nie avoir assisté au viol et au meurtre, ayant été congédiée par son mari en colère. "Michel Fourniret m'a demandé de vérifier la virginité de Mlle Leroy mais je n'ai pas pu le faire", a-t-elle dit au bord des larmes. "Il s'est ensuite mis en colère et m'a demandé de dégager car j'étais une inutile, une bonne à rien". Monique Olivier serait alors remontée dans le véhicule, à distance de la scène du crime.
"Je regrette, c'est impardonnable", a-t-elle poursuivi. "Mais je ne pensais pas qu'il ferait ça. J'ai agi par peur". Un peu plus tôt, elle avait été prise à partie par la famille de Fabienne Leroy, venue témoigner à la barre. Valérie Archer, soeur jumelle de la victime, a qualifié ces actes d'"ignobles". "Comment avez-vous pu faire ça vec un bébé dans le ventre ?", s'est exclamée Valérie Archer en regardant Monique Olivier, qui était enceinte de huit mois au moment des faits.
D'après agence
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