Le chalutier Bugaled Breizh, dont le naufrage a fait 5 morts le 15 janvier 2004 © TF1/LCILe parquet de Quimper estime que le naufrage du Bugaled Breizh, qui avait fait cinq mort en janvier 2004 au large de l'Angleterre, est dû à un "accident de pêche" et non à un sous-marin, contrairement à la conviction des juges d'instruction chargés de l'enquête. "Notre analyse n'est pas la même que celle des juges d'instruction qui évoquent un sous-marin. A notre avis, c'est un naufrage dû à un accident de pêche consécutif à la combinaison de plusieurs facteurs", a précisé Jean-Yves Goueffon, adjoint au procureur de la République, après le dépot lundi des conclusions du parquet. Ce dernier a toutefois reconnu que "personne ne peut avoir une certitude sur ce qui s'est passé lors de l'accident, on ne peut qu'émettre des hypothèses".
Samedi pourtant, les juges Richard Foltzer et Murielle Corre, chargés de l'enquête, avaient déclarés être convaincus que l'implication "d'un sous-marin est l'hypothèse la plus sérieuse en l'état du dossier", dans un rapport rédigé en février et obtenu par la presse.
"Une croche"
Dans ses conclusions, le procureur de la République de Quimper, Anne Kayanakis, retient en revanche l'hypothèse d'"une croche vraisemblablement côté babord du chalut combinée à une houle assez forte d'environ 4 mètres", a indiqué Jean-Yves Goueffon. "Les portes à l'arrière du navire étaient ouvertes ce qui le rendait particulièrement vulnérable à l'intrusion de paquets de mer", a poursuivi le magistrat, soulignant que la croche avait provoqué "un phénomène de déséquilibre faisant perdre sa flottabilité au bateau".
Les conclusions du parquet de Quimper restent proches de celles du BEA Mer, dépendant du ministère des Transports, qui avait conclu en novembre 2006 à une croche sur un fond sableux, puis un "embarquement de la mer sur la plage arrière" et un effet de carène liquide amenant le navire à chavirer. Les réquisitions d'Anne Kayanakis visent à "hâter les investigations en cours pour arriver à la clôture de l'information judiciaire" après plus de quatre ans d'enquête, selon Jean-Yves Goueffon. Les juges doivent désormais répondre aux réquisitions du procureur, un désaccord pouvant être soumis auprès de la chambre de l'instruction de Rennes, a-t-il précisé.
(D'après agence)
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