Mère acquittée : le parquet fait appel

le 17 avril 2008 à 09h14 , mis à jour le 17 avril 2008 à 11h40

Le procureur général de la cour d'appel de Versailles a annoncé jeudi qu'il interjetait appel de la décision d'acquittement de Lydie Debaine, cette mère qui avait tué sa fille handicapée.

[Expiré] [Expiré] Lydie Debaine © AFP/Bertrand GUAY

Nouveau rebondissement dans l'affaire de cette mère de famille qui avait tué en 2005 sa fille handicapée motrice cérébrale de 26 ans. Le procureur général de la cour d'appel de Versailles a annoncé jeudi à l'AFP qu'il interjetait appel de la décision d'acquittement de Lydie Debaine. "Sans méconnaître la situation dramatique de Mme Debaine, son profond désarroi et sa grande souffrance, il m'est apparu que le ministère public, avait le devoir, dans le souci de l'intérêt général, de requérir l'application de la loi et la condamnation de l'accusée", a expliqué Jean-Amédée Lathoud dans un communiqué.

"Ce verdict d'acquittement pourrait en effet, être compris comme un encouragement à l'atteinte volontaire à la vie des handicapés, qui méritent notre protection et notre soutien", a-t-il encore déclaré. "Il m'apparaît que l'acte de Mme Debaine, s'il justifie une réelle compassion, ne peut être accepté en l'état du droit français, de nos valeurs éthiques et des principes qui fondent la vie en société", a-t-il dit.

"Un acte juste"

"L'épreuve continue dans la douleur pour ma cliente qui se trouve très mal ce matin. L'acquittement ne devait pas être interprété comme un permis de tuer mais comme la reconnaissance d'un acte juste. Je plaiderai à nouveau l'acquittement lors du procès en appel", a déclaré Caty Richard l'avocate de Lydie Debaine. Selon Me Richard, "ce n'était pas seulement une jeune fille handicapée mais une jeune fille qui souffrait, dont l'état se dégradait de jour en jour, et pour qui il n'y avait plus aucun espoir de soulagement thérapeutique", souligne-t-elle en réponse aux arguments du procureur général. "Il ne s'agissait pas de dire que les faits n'avaient pas existé ou qu'il fallait lui pardonner mais que l'acte était juste. Les jurés n'ont pas délivré un aveugle permis de tuer mais affirmé leur refus de condamner l'euthanasie", a-t-elle ajouté.

La Fnath (accidentés du travail et handicapés) a estimé jeudi que l'affaire Lydie Debaine illustrait "la souffrance des aidants familiaux" et le manque de places en établissements. "Il faut réfléchir de manière plus large à la fois sur le statut de ces aidants familiaux, et sur le manque de places dans les établissements pour accueillir : il y un vrai manque de moyens financiers", a déclaré le président de la Fnath, Arnaud de Broca. Il a rappelé que les handicapés, comme les autres, vivaient désormais plus longtemps et que les aidants familiaux qui s'occupaient d'eux étaient parfois âgés, ce qui rendait la charge d'autant plus lourde à porter.

Le 9 avril 2008, la cour d'Assises du Val d'Oise a acquitté Lydie Debaine, 62 ans, accusée d'avoir avec préméditation donné la mort à sa fille gravement handicapée, qui n'avait plus la capacité de s'exprimer depuis longtemps. Le ministère public avait requis trois ans de prison avec sursis, "une condamnation de principe" alors que la sanction encourue était la réclusion criminelle à perpétuité. Le parquet de Pontoise avait dans un premier temps annoncé qu'il ne souhaitait pas faire appel de cet verdict alors qu'en droit français cette décision revient au parquet général.

(D'après agence)

le 17 avril 2008 à 09:14
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