Les pirates en garde à vue, le voilier attendu en France

le 16 avril 2008 à 07h01 , mis à jour le 16 avril 2008 à 19h18

Les six hommes sont arrivés mercredi matin en France pour être présentés à un juge. Quant au "Ponant", il a appareillé pour Marseille.

Le "Ponant", voilier de luxe dont des pirates somaliens avaient pris le contrôle (15 avril 2008)Le "Ponant", voilier de luxe dont des pirates somaliens avaient pris le contrôle (15 avril 2008) © TF1/LCI

L'analyse de Laure Debreuil
 

Les six pirates somaliens interceptés vendredi par les forces spéciales françaises à l'issue de la prise d'otages du Ponant sont arrivés mercredi matin sur le sol français à bord d'un avion militaire. Ils ont été placés en garde à vue dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte lundi soir pour "détournement de navire, enlèvement et séquestration en bande organisée avec remise de rançon", infractions passibles de la réclusion à perpétuité. Au terme de la garde à vue, qui peut durer au maximum quatre jours, une information judiciaire sera ouverte par le parquet de Paris. Les suspects seront alors présentés à un ou plusieurs juges d'instruction spécialisés dans la criminalité organisée.

Après quelques heures d'incertitude, la confirmation de ce transfert des pirates était venue tôt mercredi de l'entourage du ministre de la Défense, alors en visite à Djibouti. Hervé Morin a précisé que l'opération menée par la France pour libérer les otages s'était faite avec "l'accord des autorités somaliennes". Il y avait, selon le ministre, "un accord verbal pour mener la totalité de cette opération" - accord qui n'en était pas moins "plein et entier". Il a aussi assuré que la France avait "respecté l'ensemble des règles de droit liées au transfèrement des pirates vers la France" et que "le statut juridique des pirates est clairement affiché compte tenu de l'accord des autorités somaliennes". La France, a-t-il assuré, entend faire en sorte que les suspects "bénéficient d'un système (judiciaire) lié à un Etat de droit (...) pour pouvoir se défendre, avoir des avocats, bénéficier d'une procédure judiciaire normale".

De nombreux complices en fuite

Mais avant la tenue d'un procès, la justice française doit faire un long travail d'enquête. La section de recherches de Paris en est chargée. Par ailleurs, une équipe de l'IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale) s'est rendue à Djibouti il y a quelques jours afin de procéder à des constatations de police scientifique sur le Ponant dès son arrivée dans le port militaire. Il s'agissait de relever des empreintes digitales ou des traces génétiques et de constater les dégâts. Selon les premiers témoignages, les pirates ne se sont livrés à aucune violence sur leurs otages, mais ont mis à sac le bateau. Il s'agissait aussi de vérifier l'état civil des suspects, a priori d'anciens pêcheurs, et voir à quel stade de l'opération ils ont été impliqués. Sachant que si plusieurs ont été capturés, de nombreux complices sont en fuite. Le capitaine du Ponant, Patrick Marchesseau, a parlé d'un groupe d'assaillants de "vingt à trente personnes".

En ce qui concerne le Ponant lui-même, il a appareillé mercredi matin dans le port de Djibouti en direction de Marseille, qu'il devrait rejoindre après douze jours de mer. Le ministre de la Défense a assisté à bord de l'aviso Commandant Bouan au départ du voilier, qui marquait l'épilogue de son aventure le long des côtes africaines.

D'après agences

le 16 avril 2008 à 07:01
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience