Une rescapée raconte sa "terreur permanente"

le 21 avril 2008 à 16h37 , mis à jour le 21 avril 2008 à 21h16

Dossier : Fourniret, tueur en série

La jeune femme, alors âgée de 25 ans, avait été agressée alors qu'elle s'apprêtait à fermer son salon de toilettage pour chiens installé en Belgique.

TF1/LCI : Michel Fourniret lors d'une reconstitutionMichel Fourniret lors d'une reconstitution © TF1/LCI

Une jeune femme belge de 37 ans, victime en 1995 près de Namur d'une agression et d'une tentative de viol attribuées à Michel Fourniret, a raconté lundi devant la cour d'assises des Ardennes comment elle vivait encore dans un état de "terreur permanente". "Ça reste présent au quotidien, dès qu'il y a un film violent à la télévision, dès que je vois une cagoule dans la rue, il y a plein de choses qui reviennent", a expliqué à la barre Joëlle Parfondry. "Elle vit dans un état de terreur permanente, un état de stress généralisé", a raconté Patrick Biason, son mari, qui a également témoigné des difficultés de son épouse pour "se reconstruire" depuis cette agression pour laquelle est jugé Michel Fourniret, également accusé de deux autres agressions et sept meurtres aggravés.

La jeune femme, alors âgée de 25 ans, avait été agressée le 19 janvier 1995 vers 17 heures, alors qu'elle s'apprêtait à fermer son salon de toilettage pour chiens installé à Jambes, dans la banlieue de Namur. Selon l'accusation, Michel Fourniret, cagoulé et armé d'un pistolet et d'un couteau, avait fait irruption dans le salon et ligoté la jeune femme. Il lui avait caressé la poitrine puis tenté de la violer. C'est en simulant un état de grossesse, qu'elle avait finalement réussi à convaincre l'accusé de ne pas la violer.

"Un sentiment de culpabilité très fort"

"C'est un froid qui vous reprend. Tout revient (...) Il y a son nom partout, son visage partout, c'est très dur", a expliqué la victime au président de la cour, Gilles Latapie, qui l'interrogeait sur sa difficulté accrue à surmonter ses angoisses depuis l'ouverture le 27 mars du procès du tueur en série présumé. "Elle a un sentiment de culpabilité très, très fort. Elle se demande pourquoi elle est toujours en vie", a précisé son mari.

En 2004, Monique Olivier, la femme de Fourniret jugée à ses côtés pour complicité dans plusieurs affaires, avait avoué aux enquêteurs belges que son mari était l'agresseur de la jeune femme. Lors de l'audience, Michel Fourniret a reconnu le vol avec arme. Mais il a contesté l'accusation de tentative de viol, comme lors de l'instruction.

Des avocats demandent la diffusion d'une vidéo d'aveux

Deux avocats des parties civiles ont demandé lundi au président de la cour d'assises des Ardennes de diffuser l'intégralité d'aveux de l'accusé filmés en Belgique en 2004 et dont des extraits ont déja été diffusés au cours du procès. "Si c'est la seule manière d'entendre Michel Fourniret, je propose que cette audition soit diffusée" devant la cour, a déclaré Me Chemla. Les avocats du couple d'accusés se sont opposés à ces demandes. "L'ensemble des parties au procès s'étaient mis d'accord pour visionner ces vidéos dans le cadre de l'affaire Brichet", a rappelé Me Richard Delgenes, un des avocats de Monique Olivier, à l'issue de l'audience. "Un procès équitable est un procès où on analyse des faits. Une fois que les faits sont analysés, on ne les fait pas revenir pour essayer d'influencer des jurés", a-t-il ajouté.

(D'après agence)

le 21 avril 2008 à 16:37
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