L'arrestation des pirates du Ponant lors d'une intervention sur terre des commandos marine © Ministère de la DéfenseAlors que les ex-otages du Ponant sont de retour en France, sains et saufs, et devaient être interrogés ce mardi par la police, les six pirates somaliens arrêtés vendredi par l'armée française au terme d'une prise d'otages d'une semaine sur le voilier de luxe sont attendus mercredi matin en France. Ils devraient arriver à bord d'un avion militaire. La suite de leur parcours prévoit leur présentation à un magistrat. Mais Paris attend toujours l'accord formel de la Somalie pour pouvoir les juger en France, selon le ministère des Affaires étrangères. Ce qu'a confirmé François Fillon lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale : "Ces pirates sont actuellement sur un bateau français et nous attendons la confirmation du président Youssouf pour les acheminer en France où nous voulons que ces pirates soient jugés".
S'ils venaient à être jugés en France, ce serait le premier procès de ce type de faits. Les pirates devraient être placés en garde à vue à leur arrivée dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte lundi soir pour "détournement de navire, enlèvement et séquestration en bande organisée avec remise de rançon", infractions passibles de la réclusion à perpétuité.
De nombreux complices en fuite
La section de l'instruction parisienne spécialisée dans la lutte contre la criminalité organisée devrait être saisie, et non la section antiterroriste, les faits étant de nature crapuleuse mais pas terroriste. La garde à vue peut durer jusqu'à quatre jours et à son issue les suspects devraient être présentés à un juge d'instruction, mis en examen et sans doute placés en détention provisoire. L'issue logique de la procédure est un procès d'assises, mais la justice française a au préalable un long travail d'enquête.
La section de recherches de Paris est chargée de l'enquête. Par ailleurs, une équipe de l'IRCGN (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale) se trouve à Djibouti depuis plusieurs jours afin de procéder à des constatations de police scientifique sur le Ponant dès son arrivée dans le port militaire. Il s'agit de relever éventuellement des empreintes digitales ou des traces génétiques et de constater les dégâts. Selon les premiers témoignages, les pirates ne se sont livrés à aucune violence sur leurs otages, mais ont mis à sac le bateau. Il faudra aussi vérifier l'état civil des suspects, a priori d'anciens pêcheurs, et voir à quel stade de l'opération ils ont été impliqués. Sachant que si plusieurs ont été capturés, de nombreux complices sont en fuite. Le capitaine du Ponant, Patrick Marchesseau, a parlé d'un groupe d'assaillants de "vingt à trente personnes".
D'après agences
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