Les caméras font leur entrée chez les juges

le 01 juin 2008 à 06h44 , mis à jour le 31 mai 2008 à 17h35

A partir de ce 1er juin, gardes à vue et auditions pratiquées par les juges d'instruction en matière criminelle devront être filmées.

Garde à vue juge d'instruction audition magistrat © TF1/LCI

L'une des mesures phares de la réforme de la justice, provoquée par le fiasco judiciaire du procès d'Outreau, entre officiellement en vigueur ce 1er juin : les gardes à vue seront désormais filmées, de même que les interrogatoires menés par les juges d'instruction. C'est la conséquence de l'entrée en vigueur de la loi du 5 mars 2007. La mesure concernerait plus de 30.000 dossiers en matière criminelle par an, les affaires de terrorisme et de criminalité organisée en étant exclues. Elle s'ajoute aux précédentes dispositions en vigueur en la matière, puisque la loi prévoyait déjà depuis 1998 l'enregistrement des auditions des mineurs victimes et depuis 2001 de l'ensemble des mineurs gardés à vue. L'objectif est d'éviter toute contestation sur le recueil des aveux ou des témoignages.

En vertu de ce nouveau texte, les enregistrements seront conservés sous scellés et consultés en cas de contestation du contenu des procès-verbaux d'interrogatoire. La loi permet par ailleurs de déroger à l'enregistrement de certaines auditions, comme par exemple lorsque le gardé à vue est à l'hôpital ou quand de nombreuses personnes sont entendues en même temps. Si, par ailleurs, une défaillance technique empêche un enregistrement, le fait doit être consigné sur PV. Mais au moment même où elle entre en application, cette loi sur les gardes à vue et auditions filmées suscite toujours la polémique. Avec, notamment, en ligne de mire, l'épineuse question des moyens mis en oeuvre, notamment en ce qui concerne les juges d'instruction.

"Rien n'est prêt"

Selon le porte-parole de la Chancellerie, Guillaume Didier, "cette évolution extrêmement importante de la procédure pénale française" a nécessité "un gros travail pour que le dispositif soit opérationnel" à la date prévue. Deux millions d'euros ont été investis cette année afin d'équiper les juridictions en matériel d'enregistrement et former les personnels concernés. Il y a une semaine, le ministère de la Justice annonçait ainsi que 75% des juges d'instruction disposaient d'ores et déjà du matériel nécessaire pour l'enregistrement des interrogatoires. Le quart restant des juges d'instruction non encore équipés devant se partager les outils d'enregistrement dont est dotée chaque juridiction.

Le secrétaire national de l'Union syndicale des magistrats (USM, majoritaire), Laurent Bédouet, estime au contraire que "rien n'est prêt". Pour lui, "il est évident qu'on est très loin du compte en termes de matériel, d'information et de formation des fonctionnaires. Les collègues n'ont pas encore eu le temps de tirer la sonnette d'alarme auprès de leur chef de juridiction,  mais cela ne va pas tarder".

D'après agence

le 01 juin 2008 à 06:44
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9 Commentaires

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  • Un passant, le 01/06/2008 à 15h49

    Cela n'arrive pas qu'aux autres, ne l'oubliez pas ! Le seisme d'Outreau s'est abattu sur d'honnêtes citoyens, et demain cela se sera peut-être vous malheureusement qui vivrez une histoire de fous comme celle qu'ils ont subie ! Cette mesure est une petite protection contre les erreurs judiciaires, et à la fois une grande avancée ! Demandons que des moyens importants soient mis à la disposition de notre Justice pour qu'elle puisse fonctionner correctemebnt: les auditions des mineurs dans l'affaire d'Outreau n'ont pas été filmées, faute de l'unique caméra dont disposait le commissariat de police de Boulogne et qui ne fonctionnait pas , et faute de personnel qualifié pour la faire fonctionner ! ... Et ce texte d'obligation de filmer les auditions des mineurs a déjà quelques années (mis en application en 2001 il me semble!) Aujourd'hui il y a différents sons de cloches bizarrement entre le ministère et le personnel concerné ! Qui faut-il croire ?

  • Un passant, le 01/06/2008 à 15h44

    Très bonne mesure, comme tant d'autres, qui ne sont pas appliquées,faute de moyens mais aussi parce que les représentants de l'institution judiciaire ne sont sans doute pas encore psychologiquement prêts à perdre cette part de pouvoir sur les citoyens face à eux, dont souvent ils abusent.Restons tous vigilants pour qu'un nouveau texte ne vienne pas annuler cette modification des textes. C important pour chacun d'entre nous d'avoir l'assurance que personne ne puisse ns soutirer des aveux sous la violenc physque et psysochologique, et que chacun puisse rester respectueux de l'autre (le citoyen face aux policiers et juges, et vice versa!) Tout le monde a y gagner avec cette mesure !

  • Ecila, le 01/06/2008 à 13h29

    Nous voila arriver a la manière américaine, a quand les cameras dans les voitures ?

  • Alain, le 01/06/2008 à 12h03

    Economisons des sous: Rendons les magistrats civilement et pénalement responsables de leiurs erreurs ! Ca les incitera à la prudence ! Et pour ceux que ça choque, c'est le lot de nous tous hormis quelques privilégiés !

  • Xx, le 01/06/2008 à 10h40

    Il faut aussi que les voitures de police soient équipées, comme aux usa.

  • Daniel, le 01/06/2008 à 09h31

    C'est une bonne nouvelle.Il y a aura sans moins d'erreurs judiciaires et moins de faux aveux extorquer sous la menace

  • Jean paul, le 01/06/2008 à 08h51

    C'est bien comme celà il n'y aura plus de doute sur un dossier d'instruction, si il y a erreur sur le déroulement, celle ci sera connue, sans qu'il y ait de malentendus.

  • Frite, le 01/06/2008 à 07h47

    Malgré les caméras, notre justice restera une justice datant de Napoléon!!!!

  • Jeanot, le 01/06/2008 à 07h36

    Celà est très nouveau et garant de la bonne volonté des juges,mais il peut y avoir une interprétation malencontrueuse des faits enregistrés( son vidéo)due à une succeptibilité en soi du mal-dit et du mal-vu car les réactions peuvent dans ces cas être différentes des véritables discours comme avant le 1er juin dans l'aisance des discours avortés.

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