Fourniret ne fera pas appel

Par Alexandra GUILLET (avec agence), le 27 mai 2008 à 15h15 , mis à jour le 27 mai 2008 à 17h36

Dossier : Fourniret, tueur en série

Le tueur en série présumé a pris une dernière fois la parole, mardi après-midi, qualifiant l'avocat général de "roquet" et son épouse "de pauvre bonne femme".

Michel FourniretMichel Fourniret © TF1/LCI

 

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Bondés pendant deux mois, les bancs de la cour d'assises de Charleville-Mézières sont désormais vides. Plus de prises de parole, plus de pleurs, seul le silence résonne. Le jury s'est retiré vers 15 heures mardi. Dans quelques heures, le verdict tombera pour celui que la presse a surnommé "l'ogre des Ardennes".

Lors de cette dernière audience, Michel Fourniret a utilisé son droit  de s'exprimer en dernier pour lire un texte durant 15 minutes, distribuant bons et mauvais points aux protagonistes du procès. Retournant des feuilles manuscrites, l'accusé a lu d'abord des vers louangeurs pour les parties civiles, puis a déclamé à l'adresse de l'avocat général : "Il n'en fut point de même sur les bancs du parquet, et ce fut sans surprise de la part d'un roquet", suscitant un rappel à l'ordre du président. Le qualifiant de "clown", de "monstre nécrophile", l'avocat général Francis Nachbar avait demandé contre lui jeudi dernier la réclusion à perpétuité sans possibilité d'aménagement de peine.

Un "coeur de grand bonhomme assorti d'une paire de grosses paluches" 

A l'intention de son épouse, qui est jugée comme complice pour quatre meurtres et co-action dans un cinquième, l'accusé a lu ces vers : "Parfois le fond du box sent ce que sent la caque, les puanteurs d'autrui, au fond piètre cloaque". Le tueur est ensuite revenu à la prose pour prendre sa propre défense et se présenter favorablement, revenant sur l'expression 'petit Fourniret' utilisée par l'avocat général : "Aucun texte à ma connaissance n'interdit à un petit Fourniret d'avoir de-ci de-là un coeur de grand bonhomme assorti d'une paire de grosses paluches"".
   
Il a ensuite encore nié implicitement être l'auteur des deux autres crimes pour lesquels il est mis en examen, qualifié encore l'avocat général de "simplet sur pattes", allusion à l'expression "MSP, membrane sur pattes" qu'il employait du temps de ses crimes pour ses victimes vierges. Enfin, il a défendu Monique Olivier : "Je persiste à dire que Monique Olivier est une pauvre bonne femme incapable de nuire individuellement à quinconque dans la société, sans que ça m'empêche d'avoir une terrible dent contre elle".  Monique Olivier a simplement déclaré : "Je regrette tout ce que j'ai fait, c'est tout".

Fourniret ne fera pas appel

Juste avant cela, lors de sa plaidoirie, l'un de ses trois avocats commis d'office, Me Pierre Blocquaux, a annoncé que son client, jugé depuis le 27 mars pour sept crimes aggravés ne ferait pas appel du verdict. "Sa peine il la subira, il l'accepte. Il n'a pas le choix. Mais l'acceptation de ce cette peine est peut-être le seul petit signe envers les  familles", a ajouté l'avocat.

L'avocat a ensuite retourné ses flèches contre le système judiciaire, dont les deux mois de procès ont révélé les multiples défaillances. "Ce procès ne doit pas masquer un ensemble d'occasions ratées, d'incuries, de fautes", a-t-il dit. Il en a fait la liste : refus d'enquêter sur la disparition d'Isabelle Laville en 1987, pas de révocation du sursis accordé à Fourniret lors de ses comparutions pour des délits dans les années 1990, aucune suite donnée à la plainte du truand Jean-Pierre Hellegouarch en 1998, dont Fourniret avait pourtant tué la femme. L'avocat a dit aussi son "effarement et son effroi devant l'épouvantable gâchis qui entoure Fourniret". Lavocat a enfin voulu faire silence en hommage aux victimes, dont les familles étaient présentes. A leur intention, il a conclu sur des vers de Baudelaire : "Sois sage, ô ma douleur, et tiens-toi plus tranquille. Tu réclamais le soir, il descend, le voici"

Exceptionnellement, les 9 jurés et les trois magistrats de la cour ne vont pas se réunir au tribunal mais dans une caserne de CRS à Charleville-Mézières. "Le président de la cour et les organisateurs du procès ont pris cette décision afin que le délibéré puisse se faire dans les meilleures conditions", a expliqué Christophe Aubertin, le magistrat chargé de la presse.  

Par Alexandra GUILLET (avec agence) le 27 mai 2008 à 15:15
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1 Commentaires

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  • Yann, le 27/05/2008 à 17h09

    Pour lui c'etait la derniere fois ou il pouvait vociferer de telles anneries. Adieu Fourniret et qu'il pourrisse en prison.

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