Elle attaque l'hôpital qui a réanimé sa fille

Par A.Gu. (avec agence), le 15 mai 2008 à 15h26 , mis à jour le 15 mai 2008 à 22h45

Mort-née, Elodie a été réanimée contre la volonté de ses parents. Depuis 26 ans, elle est handicapée à 100%. Sa mère attaque l'hôpital pour qu'il subvienne aux besoins de sa fille.

Annie et sa fille handicapée ElodieAnnie et sa fille handicapée Elodie © TF1/LCI

Ce 12 août 1982, Annie Amouriq, attend un heureux évènement. Mais à l'hôpital, elle accouche d'une petite fille morte-née, Elodie. Malgré l'opposition de ses parents, l'enfant est réanimée. Le verdict du pédiatre tombe dans la foulée : Elodie est vivante, mais elle est handicapée mentale et physique à 100%. Aujourd'hui, Elodie a 26 ans. 26 ans de souffrances pour elle et pour sa mère, qui vient de décider de recourir à la justice. La caisse primaire d'assurance maladie (CPAM) de l'Indre s'est jointe aux poursuites. Au cours d'une audience, ce jeudi, au tribunal administratif de Limoges, son avocat a demandé 6,5 millions d'euros au centre hospitalier de Châteauroux (Indre) pour des fautes commises lors de l'accouchement. Une somme qui vise à compenser les préjudices passés et à venir et couvrir les frais engagés pour assurer la vie quotidienne de la jeune femme.

Annie Amouriq
Annie Amouriq, la mère d'Elodie
Me Philippe Meilhac, qui défend les intérêts de la victime et de sa famille, a plaidé des "fautes en cascades", depuis la fin de la grossesse dont le "terme était atteint" depuis au moins deux semaines, jusqu'à l'accouchement qui s'est déroulé "sans précaution particulière". L'avocat a estimé que l'hôpital n'avait pas mis en oeuvre tous les moyens disponibles à l'époque des faits pour que la naissance soit réussie. Il s'est basé sur un rapport d'experts et a reproché également au centre hospitalier la "perte du dossier médical" qui ne permet pas à la famille d'apporter toutes les preuves.
  
Pour Me Grimaud, avocat de l'hôpital, le délai de conservation du dossier était dépassé au moment de la requête de Mme Amouriq. Il ajoute que, dans l'état des connaissances médicales des années 1980, l'établissement public n'avait pas commis d'erreurs. "Il a fallu que je vive une deuxième souffrance (la mort de son mari) pour  me réveiller", expliquait après l'audience la mère d'Elodie. "Je souffre encore aujourd'hui qu'on puisse dénier ce qui s'est passé", a-t-elle ajouté. Le commissaire du gouvernement a affiché la même lecture des rapports  d'expertise et des faits que l'hôpital. Il a requis le rejet de la requête. Cependant, il a demandé que les frais d'expertise engagés par la famille soient pris en charge par le centre hospitalier en raison de la perte du dossier  médical. Le tribunal administratif a mis son jugement en délibéré et devrait rendre  son avis dans une quinzaine de jours.

Par A.Gu. (avec agence) le 15 mai 2008 à 15:26
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