Les familles des victimes au premier jour du procès Fourniret © TF1/LCIA moins d'un appel (lire plus bas), il restera en prison jusqu'à la fin de ses jours sans aucune possibilité de sortir et elle sera derrière les barreaux pour au moins 28 ans. Les familles de victimes de Michel Fourniret sont sorties mercredi après-midi épuisées par 2 mois de procès, soudées aussi, mais surtout soulagées. Elles se sont déclarées "satisfaites" mercredi de la condamnation par la cour d'assises des Aredennes à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible de Michel Fourniret -la peine maximale du code pénal- et de la perpétuité avec 28 ans de sûreté de Monique Olivier (lire notre article).
Une mère, Marie-Jeanne Laville, a même assuré "respir(er)" enfin. Sa fille, Isabelle, a été tuée en 1987 dans l'Yonne. Marie-Jeanne Laville a souligné avoir "craint" que Monique Olivier "ait beaucoup moins et sorte trop tôt". Les jurés de la cour d'assises des Ardennes "ont choisi une bonne solution. C'est une décision intelligente", a déclaré de son côté le père de Fabienne Leroy, tuée en 1988 dans la Marne. "Le verdict est équilibré. Si Monique Olivier (condamnée à une période de sûreté de 28 ans, ndlr) fait appel, elle risque 30 ans", la peine qu'avait réclamée l'avocat général, a relevé Jean-Pierre Leroy.
Essayer de "se revoir"
Evoquant les deux mois de procès, Marie-Jeanne Laville a expliqué que les familles "n'étaient pas préparées à ce genre de choses". "Il y a eu des moments d'émotion qui ont rendu l'air pesant (...). Que ce soit ma fille ou la fille des autres, ça a été chaque fois notre enfant dont on racontait le calvaire", a-t-elle souligné. Mais, malgré ces "moments très très durs", "nous étions ensemble, la force était avec nous", a-t-elle dit. Elle a souligné que la séparation d'avec les autres familles était "ce qui (les) inquiét(ait) le plus".
"On était ensemble, on va se retrouver chacune dans son coin de France. Il y aura un vide, c'est certain", a-t-elle dit, en ajoutant qu'ils allaient "garder contact" et essayer de "se revoir". "On va essayer de reprendre une vie à peu près normale", a confié Jean-Pierre Leroy. "On est content que ça se termine. Mais de l'autre côté, on a vécu des moments d'une grande émotion et d'une très grande force avec les familles. Ca, on n'oubliera pas", a-t-il conclu.
Ecoutez les témoignages de parents de victime
Autre procès en vue, appels possibles
Les époux Fourniret n'en ont pas fini avec la justice. Ils sont mis en examen depuis mars dernier pour deux autres crimes. Ils concernent Marie-Angèle Domèce, une handicapée de 19 ans disparue le 8 juillet 1988 à Auxerre et Joanna Parrish, une Britannique de 20 ans retrouvée étranglée en mai 1990 dans une rivière, toujours près d'Auxerre. Une confrontation entre les deux époux aura d'ailleurs lieu "entre le 20 et le 30 juin" au tribunal de Charleville-Mézières, dans le cadre de cette dernière enquête, a annoncé mercredi l'avocat de la famille.
Michel Fourniret nie ces faits pour lesquels il a été accusé de manière circonstanciée par son épouse. Mardi, l'avocat général Francis Nachbar a promis que "tout serait mis en oeuvre" pour terminer rapidement cette enquête. Son déroulement pourrait souffrir du prochain transfert de Charleville à Reims du pôle "instruction" du tribunal, du à la réforme Dati.
Dernier point : les époux Fourniret peuvent encore faire appel. Si le tueur en série a affirmé mardi, avant sa condamnation, qu'il ne le ferait pas, il peut toujours changer d'avis. Quant à Monique Olivier, son avocat évoquera jeudi ou vendredi avec sa cliente la question d'un éventuel appel, a-t-il dit.
| Perpétuité incompressible : les précédents |
La réclusion criminelle à perpétuité incompressible, dont Michel Fourniret a écopé mercredi, a été déjà appliquée au moins trois fois en France, en 2006 et en 2007, pour des meurtres ou tentatives de meurtre d'enfants précédés de viols. Cette peine, instaurée par une loi de 1994 et qui est actuellement la plus sévère du code pénal, a été infligée le 11 juillet 2007 à Pierre Bodein, dit "Pierrot le fou", par la cour d'assises du Bas-Rhin. Elle a aussi été appliquée à Christian Beaulieu, reconnu coupable, en décembre 2007 à Nevers, du viol et du meurtre de Mathias, 4 ans. Pour ces crimes perpétrés en mai 2006 dans la Nièvre, il doit être jugé en appel à Bourges à partir du 9 juin. Enfin, en octobre 2006, Patrick Ghiliazza, a été condamné par la cour d'assises d'Indre-et-Loire, notamment pour une tentative de meurtre et plusieurs viols sur des adolescentes de moins de 15 ans, en 2002 à Tours. |
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