Fourniret insulte son épouse en pleine audience

le 14 mai 2008 à 18h25 , mis à jour le 15 mai 2008 à 08h54

Il l'a notamment traitée de "connasse", alors que les débats s'attardaient mercredi sur leur complicité présumée dans le meurtre de Farida Hamiche en 1988.

TF1/LCI : Michel Fourniret lors d'une reconstitutionMichel Fourniret lors d'une reconstitution © TF1/LCI
Toute l'actu du procès Fourniret 

Scène de ménage en pleine audience. Michel Fourniret a traité son épouse Monique Olivier de "connasse" mercredi lors de leur procès devant les assises des Ardennes, alors que les débats s'attardaient sur leur complicité présumée lors du meurtre de Farida Hamiche en 1988. Le coup de sang du principal accusé s'est produit tandis que son épouse contestait fermement avoir porté des coups de baïonnette à cette jeune femme de 30 ans, qu'il avait tuée en l'étranglant.

"Je vous dis la vérité, je n'ai pas donné de coups de baïonnette à Farida", a répondu Monique Olivier à un avocat qui l'interrogeait. Egalement debout dans le box, Michel Fourniret s'est alors tourné vers elle : "C'est un mensonge flagrant Madame, un de plus !", a-t-il lancé. "Mais arrête tes conneries merde ! C'est pas vrai cette bonne femme !", a-t-il ajouté avant de lâcher à haute voix : "Connasse !". Alors que le président Gilles Latapie l'invitait à se calmer, Michel Fourniret a prié la cour d'"accepter ses excuses".

Fourniret a aussi tué pour un magot

Sur le fond de ce dossier, "Jean-Pierre Hellegouarch est quelqu'un que j'ai trahi, dont j'ai trahi la confiance", a déclaré Michel Fourniret devant la cour. Jean-Pierre Hellegouarch et Michel Fourniret se sont rencontrés en 1984 à la prison de Fleury-Mérogis. Le futur tueur en série était écroué pour des agressions sexuelles, ce qu'il dissimulait à ses co-détenus. Son voisin de cellule était accusé d'être un "braqueur" de banques, trafiquant d'armes et de drogues.
  
Jean-Pierre Hellegouarch, 65 ans, extrait de sa prison pour venir déposer comme témoin, a expliqué à la barre qu'il ne s'était pas méfié. "Fourniret m'apparaissait comme quelqu'un d'inoffensif", a-t-il dit. Fourniret, libéré en premier, multiplie les visites à Farida Hammiche, épouse de Hellegouarch. En 1988, Jean-Pierre Hellegouarch confie à la jeune femme l'existence d'un butin, enterré dans un cimetière du Val-d'Oise. Il pense à Fourniret et "ses mains de jardinier" pour récupérer l'argent. Farida Hamiche et Michel Fourniret déterrent le trésor, des lingots et pièces d'or provenant de "casses" du gang des Postiches, bandits ayant écumé les banques parisiennes de 1981 à 1986. Le couple Fourniret empoche une "commission". Mais Fourniret se ravise bientôt. Quelques semaines plus tard, en avril 1988, il tue Farida Hammiche à coups de baïonnette, l'enterre dans la forêt près de Clairefontaine (Yvelines) et empoche la quasi-totalité du magot.
 
Trésor enterré
  
"Il avait reçu sa part mais m'a dit qu'il en voulait plus et que si Farida refusait, il irait la voir", a déclaré mercredi Monique Olivier, présente au moment de l'assassinat. Avec l'argent, le couple s'achète pour 1,2 millions de francs le manoir du Sautou dans les Ardennes, où seront enterrés les corps de deux autres victimes du tueur. Fourniret acquiert une nouvelle voiture, et joue double jeu, allant jusqu'à aider aux recherches de Farida Hammiche."Ils ont poussé la duplicité jusqu'à venir me chercher à ma sortie de prison !", s'est indigné Jean-Pierre Hellegouarch.
 
Le Breton retrouve 300.000 francs chez son épouse. Le couple Fourniret lui jure que Farida Hammiche est partie avec quelqu'un d'autre. Hellegouarch finit par suspecter les conjoints à qui il rend visite dans les Ardennes. "Ils vivaient comme des pauvres, ils habitaient une cabane de jardin. En y réfléchissant, c'était suspect, c'était trop", a-t-il dit. En 1990, au hasard d'un interrogatoire de police, il apprend des policiers l'existence du manoir du Sautou, s'y rend dans la foulée, croise Michel Fourniret en chemin, lui tire dessus, le rate, le prend en chasse, mais le perd. Il met en joue Monique Olivier "apeurée qui pleurniche", "son enfant accroché à sa jupe", la prend en pitié, l'épargne et lui laisse son numéro de téléphone. "Si elle avait appelé, cela aurait été facile de clore le chapitre Fourniret", a dit le braqueur, laissant entendre qu'il aurait alors tué le criminel.
  
Le couple Fourniret se cachera avec succès en Belgique. Le corps de Farida Hammiche n'a jamais été retrouvé. La justice a inexplicablement négligé de joindre cette affaire aux poursuites. Le dossier, qui semble aujourd'hui prescrit, n'est pas reproché au tueur et n'était examiné que dans le cadre de l'examen de sa personnalité. Même si Fourniret a proposé son aide à l'audience pour retrouver le corps, Hellegouarch s'est dit amer :"j'ai plus que de la rancoeur contre la justice, c'est comme si on dansait sur sa tombe. Plus que du gâchis, c'est une souillure".

D'après agences

le 14 mai 2008 à 18:25
Envoyer cette page à un ami
Les champs marqués par une étoile * sont obligatoires.
Les derniers articles France
  

Commentaires

Afficher : Les plus récents | Les plus appréciés

       Chargement en cours...
      Alertez-nous
        alertez-nous

        Témoin d'un événement ?

        Alertez la rédaction !

        Envoyez une alerte

        A lire aussi
        logAudience