Fourniret présente ses excuses... aux magistrats

Par afp, le 13 mai 2008 à 16h02 , mis à jour le 14 mai 2008 à 09h01

Dossier : Fourniret, tueur en série

Pour sa première véritable prise de parole, le tueur en série présumé a tenu à présenter des excuses, non à ses victimes, mais aux deux juges d'instruction.

Michel FourniretMichel Fourniret (image d'archive) © TF1-LCI
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Des dizaines de journalistes et des centaines de personnes se sont pressés mardi à la cour d'assises des Ardennes pour entendre Michel Fourniret. Après un silence de deux mois sur les faits qu'il justifiait par l'absence de huis clos, le tueur en série présumé avait annoncé mercredi dernier qu'il consentait à parler, sous la pression de son ex-femme et de plusieurs de ses proches. Fait exceptionnel, le président de la cour, Gilles Latapie, a annoncé au début de cette 24e audience que les débats seraient enregistrés, afin de consigner d'éventuelles révélations.
   
Il a demandé à l'accusé ce qu'il souhaitait dire. "Merci de me poser cette question, en effet les choses sont en train de changer. (...) Je suis amené à venir aujourd'hui présenter un petit paquet d'excuses aux deux juges d'instruction de Charleville-Mézières", a dit Michel Fourniret. Lisant ensuite un document rédigé de sa main, il s'est lancé dans une analyse confuse des conclusions de l'instruction, revenant sur certains griefs techniques qu'il avait relevé auparavant, sans évoquer les sept meurtres qu'il a déjà avoués à l'audience comme durant l'enquête. Le président insistant pour savoir s'il souhaitait faire d'autres déclarations, il a dit : "rien ne me saute aux yeux qui fasse ressortir une urgence telle qu'il faille que je me torture les méninges".
        
Pas d'autres crimes ?

Lors d'audiences précédentes, il a déjà assuré qu'il n'avait pas commis d'autres crimes que les sept dont il répond. La police le soupçonne d'être impliqué dans la disparition d'une fillette, Estelle Mouzin, à Guermantes (Seine-et-Marne) en 2003, mais il nie. Il nie aussi les meurtres de Joanna Parrish et Angèle Domèce près d'Auxerre à la fin des années 90, pour lesquels il est mis en examen dans un dossier distinct, après des accusations de son épouse. Confronté ensuite à l'audience à une de ses anciennes victimes d'agressions sexuelles dans les années 80, l'accusé s'est ensuite livré à une dissertation technique sur la différence entre un viol et une atteinte sexuelle sans véritable pénétration, et sur la notion de consentement.
   
La cour d'assises ne désespère pas de faire parler l'accusé plus avant sur les faits qui font l'objet du procès. Le président a annoncé que le procès serait élargi à deux nouvelles demi-journées d'audience, les matins de jeudi et vendredi prochain. D'ici là, la cour devait entendre une série de témoins, victimes d'agressions sexuelles de Fourniret avant les années 80, ainsi qu'un homme qu'il avait blessé d'un coup de fusil le 20 juillet 1988 sur une aire d'autoroute, après avoir tenté de lui voler son portefeuille et sa voiture.
   
L'accusation entend montrer que Fourniret, en plus d'être un tueur en série, était un délinquant "polymorphe". La cour doit d'ailleurs entendre mardi Jean-Pierre Hellegouarch, un ancien co-détenu. Après avoir passé un accord avec lui avant de sortir de prison en 1987, Fourniret, selon ses propres aveux, a tué sa compagne Farida Hammiche et s'est approprié son argent, fruit des attaques de banque du célèbre "gang des postiches"

Par afp le 13 mai 2008 à 16:02
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