Noël Forgeard, ancien vice-président d'EADSNoël Forgeard, entendu depuis mercredi 11h dans l'enquête sur des délits d'initiés présumés au sein du groupe EADS fin 2005 et début 2006, a quitté jeudi vers 22h la brigade financière dans une voiture de police, au terme de 35 heures (bien 35) de garde à vue. L'ancien coprésident du groupe aéronautique et de défense européen EADS a été transféré au pôle financier. Il devait y être présenté "dans la soirée" aux juges en charge de l'affaire, en vue de son éventuelle mise en examen, selon des sources proches du dssier. En cas de mise en examen, M. Forgeard devrait être laissé en liberté et le parquet devrait requérir son placement sous contrôle judiciaire, qui pourrait être assorti du versement d'une caution, selon des sources proches du dossier.
Une information judiciaire avait été ouverte le 20 novembre 2006 contre X pour "délit d'initié, diffusion de fausses informations et recel sur le titre de la société" et confiée aux juges Xavière Simeoni et Cécile Pendaries.
Informations privilégiées
Dans un rapport d'enquête transmis à la justice, l'Autorité des marchés financiers (AMF - les gendarmes de la Bourse) reproche à Noël Forgeard d'avoir vendu des actions EADS alors qu'il bénéficiait d'informations privilégiées sur les perspectives financières du groupe et des retards sur les programmes du gros porteur A380 et du long-courrier A350. Selon ce rapport, transmis à la justice le 9 avril, Noël Forgeard a cédé, le 17 novembre 2005 puis les 9 et 15 mars 2006, un total de 360.000 actions EADS, provenant de l'exercice de ses stocks-options, pour un montant de 4,3 millions d'euros.
Quelques mois plus tard, le 13 juin 2006, Airbus annonçait un retard de six à sept mois du calendrier de livraisons de l'A380. Cette annonce entraînait le lendemain une chute de plus de 28% du cours de l'action EADS.
La révélation de cette affaire avait provoqué la démission de Noël Forgeard de son poste de coprésident exécutif d'EADS trois semaines plus tard. "Ma culpabilité ne fait aucun doute alors que rien n'est prouvé. Et rien ne sera prouvé car il n'y a rien", avait-il soutenu dans un entretien au Figaro fin octobre 2007, se voyant comme "un bouc émissaire commode".
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