L'heure du verdict

Par Alexandra GUILLET (avec agence), le 28 mai 2008 à 06h00 , mis à jour le 28 mai 2008 à 07h36

La cour d'assises des Ardennes, qui s'est retirée depuis mardi après-midi dans une caserne de CRS pour délibérer, doit rendre son verdict cet après-midi.

Michel FourniretMichel Fourniret © TF1/LCI

Le sort de Michel Fourniret et de Monique Olivier sera scellé cet après-midi, lorsque le jury de la cour d'assises des Ardennes rendra son verdict. Le tueur en série présumé, qui devrait vraisemblablement se voir condamner à la prison à vie, a d'ores et déjà fait savoir qu'il ne ferait pas appel de la sentence. Pour les familles des sept victimes, une page d'une lourdeur incommensurable va enfin se tourner. Pour certains, à l'instar de Jean-Pierre Leroy, le père de Fabienne Leroy, tuée en 1988 dans la Marne, ces deux mois de procès auront servi de "thérapie". "Finalement le verdict n'est pas de très grande importance (...) Certains grands psychiatres avaient dit qu'on allait au casse-pipe en assistant au procès. Je crois que ça nous a fait au contraire du bien et que ça nous a rendus plus forts. (...). Cela aura peut-être servi de thérapie, un peu, dans notre malheur", a-t-il ajouté.
 
Jusqu'au bout, Michel Fourniret aura voulu garder la vedette. Mardi après-midi, après la plaidoirie de son avocat, "l'ogre des Ardennes" a usé de son droit pour prendre la parole. Pendant un quart d'heure, il a lu un texte, pour partie rédigé en alexandrins. Après avoir salué "plusieurs voix" sur les bancs des parties civiles, d'où parfois, selon lui, "a jailli l'étincelle", Michel Fourniret a enchaîné à l'adresse de l'avocat général Francis Nachbar : "il n'en fut pas de même, c'est sans surprise hélas, de la part d'un roquet". Il s'est en pris plusieurs fois au "petit Francis" --qui l'avait traité de "petit Fourniret"--, avant de réserver ses dernières piques à son épouse Monique Olivier, 59 ans, "une pauvre bonne femme incapable de nuire à quiconque  individuellement". Cette dernière, accusée d'être co-auteur d'un des meurtres et complice de  trois autres, a simplement déclaré "Je regrette tout ce que j'ai fait. C'est tout".
  
Francis Nachbar avait requis jeudi les peines les plus lourdes du code pénal contre le couple, à savoir la réclusion criminelle à perpétuité assortie de mesures de sûreté différenciées pour l'un et l'autre en fonction de la date des crimes reprochés. Il les avait qualifiés de "fêlés" et de "criminels inhumains", des termes sur lesquels il a tenu à s'expliquer publiquement mardi après la clôture des débats, dans une démarche peu commune. "C'est le dossier qui est nauséabond  (...), pas les mots utilisés", a-t-il justifié devant des dizaines de journalistes. Pendant ce temps, la cour s'est exceptionnellement retirée pour délibérer, non au tribunal, mais dans une caserne de CRS à Charleville-Mézières, afin de répondre à un total de 75 questions. Mercredi après-midi, elle se rendra une dernière fois, dans la salle d'audience, pour délivrer son verdict.

Par Alexandra GUILLET (avec agence) le 28 mai 2008 à 06:00
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